Le Front National, l’antisémitisme et la Shoah : des polémiques à répétition
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Le Front National, l’antisémitisme et la Shoah : des polémiques à répétition

Macron a choisi de faire étape dans le village martyr d'Oradour tandis que le président par intérim du FN, accusé de propos négationnistes, a dû quitter son poste

Jean Marie Le Pen et sa fille Marine (Crédit : Miguel Medina/AFP)
Jean Marie Le Pen et sa fille Marine (Crédit : Miguel Medina/AFP)

Les polémiques autour de la Seconde Guerre mondiale ponctuent l’histoire du Front national (FN), du « détail » de Jean-Marie Le Pen à la récente déclaration de sa fille Marine sur la rafle du Vel d’Hiv.

La Seconde Guerre mondiale s’est immiscée vendredi dans le duel présidentiel : Emmanuel Macron a choisi de faire étape dans le village martyr d’Oradour tandis que le président par intérim du FN, Jean-François Jalkh, accusé de propos négationnistes, a dû quitter son poste.

Le « point de détail »

Le 13 septembre 1987, Jean Marie Le Pen déclare sur RTL que les chambres à gaz sont « un point de détail de l’histoire de la Seconde Guerre mondiale ». La justice le condamne en 1991 à 1,2 million de francs d’amende (183 200 euros) pour avoir banalisé les persécutions nazies.

Le 5 décembre 1997, il réitère ses propos à Munich et le tribunal de Nanterre le condamne à verser jusqu’à 750 euros à 11 associations. Il intervient dans les mêmes termes en avril 2008 dans un entretien au magazine Bretons.

Le 2 avril 2015, il répète ses propos sur BFMTV-RMC et est condamné à 30 000 euros d’amende par le tribunal de Paris le 6 avril 2016. Il doit aussi verser 10 000 euros à trois associations.

« Durafour crématoire »

Le 2 septembre 1988, dans un discours, M. Le Pen évoque le ministre de la Fonction publique Michel Durafour, et fait un calembour : « Durafour crématoire ». Ces propos lui valent d’être condamné en 1993 par la Cour d’appel de Paris à 10 000 francs d’amende (1 524 euros) pour « injure publique envers un ministre ».

L’Occupation

Le 12 janvier 2005, Jean-Marie Le Pen estime dans un entretien à l’hebdomadaire Rivarol que l’occupation allemande en France « n’a pas été particulièrement inhumaine ». En février 2008, il est condamné à 3 mois de prison avec sursis et 10 000 euros d’amende.

Fin décembre 2010, Marine Le Pen assimile les prières de rues musulmanes à « une occupation ». Poursuivie par des associations anti-racistes pour incitation à la haine, elle voit son immunité au Parlement européen levée mais est définitivement relaxée cinq ans plus tard au nom de la liberté d’expression.

Marine Le Pen (Crédit : AFP)
Marine Le Pen (Crédit : AFP)

Pétain

Le 7 avril 2015, Jean-Marie Le Pen affirme dans Rivarol qu’il n’a « jamais considéré le maréchal Pétain comme un traître ». Cette déclaration, cinq jours après celle du « point de détail » réitérée à la radio, provoque la colère de Marine Le Pen qui annonce qu’elle « s’opposera » à la candidature de son père aux élections régionales en Provence-Alpes-Côte d’Azur.

Les relations du père et sa fille se tendent au point d’aboutir en mai à la suspension de M. Le Pen par les instances du parti et à une bataille judiciaire qui aboutira en août à son exclusion du FN, dont il garde toutefois le titre de président d’honneur.

« Fournée »

Le 7 juin 2014, Jean-Marie Le Pen s’en prend dans une vidéo à des artistes qui ont pris position contre le FN. A son interlocutrice qui évoque le nom de Patrick Bruel, il répond : « Ecoutez, on fera une fournée la prochaine fois ».

Vel d’Hiv

Le 9 avril 2017, en pleine campagne pour l’élection présidentielle, Marine Le Pen déclare : « Je pense que la France n’est pas responsable du Vel d’Hiv » en référence à la rafle, en 1942 à Paris, au cours de laquelle plus de 13 000 juifs avaient été arrêtés par la France.

L'entrevue de Montoire, le 3 octobre 1940, entre le maréchal Pétain et Adolf Hitler (Crédit : wikimedia commons)
L’entrevue de Montoire, le 3 octobre 1940, entre le maréchal Pétain et Adolf Hitler (Crédit : wikimedia commons)
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