Le Hamas a caché du lait infantile pour promouvoir son discours sur la famine – militant
En cachant l'aide humanitaire, le Hamas a cherché "à provoquer une catastrophe dans le cadre de sa stratégie de famine", a dit Ahmed Fouad Alkhatib, originaire de Gaza, qui vit aux États-Unis
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Ahmed Fouad Alkhatib, un militant pacifiste originaire de Gaza qui vit dorénavant aux États-Unis, a diffusé une vidéo tournée à Gaza qui semble montrer des activistes découvrant des tonnes de lait maternisé et autres boissons nutritionnelles stockées dans des entrepôts du Hamas, cachées à la population.
« Au plus fort de la crise alimentaire qui a frappé Gaza au cours des six derniers mois, le Hamas a délibérément caché des tonnes de lait maternisé et de boissons nutritionnelles pour enfants en les stockant dans des entrepôts clandestins qui appartiennent au ministère de la Santé de Gaza », a écrit Alkhatib dans son post.
Il a lui-même pris part aux initiatives prises par les Émirats arabes unis en matière d’acheminement de l’assistance humanitaire dans la bande.
La vidéo – non vérifiée – portait en filigrane le nom du militant anti-Hamas basé en Turquie, Hamza al-Masri.
Le Hamas a empêché la population d’accéder aux aides humanitaires avec pour objectif « d’aggraver la crise alimentaire et de provoquer une catastrophe dans le cadre de la stratégie de famine qui avait été mise en place par le groupe terroriste », a écrit Alkhatib dans une publication parue sur le réseau social X.
Cela fait longtemps qu’Israël dément catégoriquement toute « famine » à Gaza, attribuant le manque de nourriture, dans certains endroits, aux pillages de l’aide alimentaire avant qu’elle ne soit distribuée menés par le Hamas – une accusation rejetée par le groupe.
During the worst of the days of the hunger crisis in Gaza in the past six months, Hamas deliberately hid literal tons of infant formula and nutritional shakes for children by storing them in clandestine warehouses belonging to the Gaza Ministry of Health.
The goal, as I said… pic.twitter.com/pANo9uHfAb
— Ahmed Fouad Alkhatib (@afalkhatib) December 9, 2025
Des milliers d’enfants ont été pris en charge pour malnutrition aiguë à Gaza depuis le cessez-le-feu d’octobre, qui devait pourtant permettre une augmentation importante de l’aide humanitaire, a indiqué mardi l’agence des Nations Unies pour l’enfance.
Selon l’UNICEF, qui est le plus grand fournisseur de traitements contre la malnutrition à Gaza, 9 300 enfants ont été traités pour malnutrition aiguë sévère en octobre, quand la première phase d’un accord visant à mettre un terme à la guerre qui oppose depuis deux ans Israël et le Hamas est entrée en vigueur.
Ce chiffre, s’il représente une baisse par rapport au pic de plus de 14 000 atteint en août, reste toutefois nettement supérieur à celui enregistré pendant le bref cessez-le-feu de février-mars. Il indique par ailleurs que les flux d’aide restent insuffisants, a fait savoir la porte-parole de l’UNICEF, Tess Ingram, au cours d’une conférence de presse à Genève par liaison vidéo depuis Gaza.
« C’est un chiffre qui reste extrêmement élevé », a-t-elle souligné.
Israël affirme respecter ses obligations aux termes de l’accord de cessez-le-feu, qui prévoit l’entrée, en moyenne, de 600 camions de fournitures par jour à Gaza.
« Le nombre d’enfants pris en charge est cinq fois plus élevé qu’en février. Ces chiffres doivent désormais baisser davantage », a affirmé Ingram, qui a raconté avoir vu des bébés de moins d’un kilo nés dans des hôpitaux, « leur minuscule poitrine se soulevant avec effort pour rester en vie ».
Si l’UNICEF est en mesure d’importer dans l’enclave des quantités d’aide bien plus importantes qu’avant l’accord du 10 octobre, des obstacles subsistent toutefois, a-t-elle fait remarquer, citant les retards et les refus de cargaisons aux postes-frontières, les fermetures d’itinéraires et les problèmes de sécurité persistants.
« Nous avons, certes, constaté une certaine amélioration, mais nous continuons à demander l’ouverture de tous les points de passage vers la bande de Gaza », a-t-elle ajouté. Les approvisionnements commerciaux qui entrent à Gaza sont insuffisants, a déploré Ingram, qui précise que les prix de la viande restent prohibitifs, à environ 20 dollars le kilogramme.
« C’est inaccessible pour la plus grande partie des familles. Et c’est une des raisons pour lesquelles nous observons toujours des taux élevés de malnutrition », a-t-elle déclaré.
En novembre, Israël a rouvert le poste-frontière de Zikim, deux mois après sa fermeture lors d’une opération de l’armée israélienne visant à prendre le contrôle de Gaza-City, permettant ainsi à l’aide humanitaire d’entrer dans le nord de l’enclave palestinienne. La majeure partie de l’aide livrée pendant la guerre transitait par le poste-frontière de Kerem Shalom, qui dessert le sud de Gaza.
Selon les chiffres publiés dimanche par l’agence du Coordinateur des activités gouvernementales dans les territoires (COGAT) du ministère de la Défense, entre 600 et 800 camions d’aide humanitaire entrent chaque jour à Gaza. Depuis le début du cessez-le-feu, 18 000 camions transportant plus de 400 000 tonnes de nourriture ont pénétré dans la bande de Gaza, a fait savoir le COGAT.
Aid is flowing into Gaza.
Here is the latest data???? pic.twitter.com/FMFsEUWtue
— COGAT (@cogatonline) December 9, 2025
Le Hamas a déclenché la guerre le 7 octobre 2023, lorsqu’il a lancé une invasion dévastatrice sur le sud d’Israël. La trêve avait notamment pour but de permettre l’acheminement d’une aide massive vers la petite enclave surpeuplée en proie à une crise humanitaire provoquée par les combats. Cependant, seule la moitié de la quantité de nourriture nécessaire entre dans l’enclave, a indiqué le Programme alimentaire mondial le mois dernier. Un groupe de coordination des agences palestiniennes a pour sa part estimé que le volume total de l’aide représentait entre un quart et un tiers de la quantité prévue.
En août, un organisme des Nations unies a déclaré l’état de « famine » dans le nord de Gaza, une évaluation qu’Israël a rejetée, la qualifiant d’inexacte. La déclaration de famine dans le territoire a suscité de vives critiques à l’encontre d’Israël, et joué un rôle clé dans l’isolement du pays sur la scène internationale.
Le mois dernier, les données publiées par un organisme mondial faisant autorité dans le domaine du suivi de la malnutrition ont révélé que le seuil critique de famine n’avait jamais été franchi à Gaza, soulevant des questions sur les méthodes utilisées par l’organisme de surveillance soutenu par l’ONU.
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