Le porte-parole de la police traite Yaïr Golan de « menace pour Israël »
Aryeh Doron est revenu sur ses propos visant le chef des Démocrates, qui avait dit vouloir surveiller la police pour éviter toute ingérence politique
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Le porte-parole de la police israélienne, Aryeh Doron, a qualifié lundi Yaïr Golan, le chef du parti de gauche Les Démocrates, de « l’une des plus grandes menaces pour Israël », suscitant des appels à l’ouverture d’une enquête et à son limogeage.
Doron a tenu ces propos lors d’une interview à la radio, en réaction aux déclarations de Golan qui avait affirmé, la veille, qu’il comptait bien surveiller de près la police pendant les prochaines élections afin de s’assurer qu’elle n’agisse pas illégalement au service du gouvernement.
Sur la station Galey Israel, Doron a déclaré que Golan semblait « avoir pris goût aux attaques contre ceux qui portent l’uniforme ».
Le porte-parole faisait une allusion aux propos tenus par Golan en 2025, lorsqu’il avait accusé Israël de tuer des bébés à Gaza « comme passe-temps » pendant la guerre déclenchée par le pogrom perpétré dans le sud d’Israël par le groupe terroriste palestinien du Hamas, le 7 octobre 2023.
« Aujourd’hui, il a choisi de s’en prendre aux policiers en uniforme alors qu’au fond, il cherche seulement à provoquer. Il a tenu des propos virulents contre ceux qui portent l’uniforme et contre les chefs des agences de sécurité, qui travaillent jour et nuit pour protéger les citoyens israéliens. Il devrait avoir honte. »
Doron a ensuite publié un communiqué dans lequel il est revenu sur ses propos.
En réponse, le parti Les Démocrates a déclaré dans un communiqué que la police « appartenait aux citoyens israéliens, et non au gouvernement ni à un parti ».
« Quiconque choisit de mener une attaque politique contre les dirigeants de l’opposition au lieu d’observer la neutralité requise suscite de sérieuses interrogations sur son jugement et sa compréhension de son rôle », a déclaré le parti.
Dimanche, le parti a annoncé dans un communiqué que, « face à une menace claire et immédiate pour l’intégrité des élections », il avait mis en place une cellule juridique chargée de « superviser le processus électoral afin de garantir un scrutin libre et équitable ».
Dans ce communiqué, Golan avait averti le chef de la police israélienne et le directeur du Shin Bet, l’agence de sécurité intérieure, que « pendant la période électorale, nous surveillerons de près les gardiens du système, et nous agirons si nous constatons que vous agissez au nom du gouvernement et non pour le bien du pays et de ses citoyens, conformément à la loi. »
Le parti a indiqué s’attendre à ce que les prochaines élections soient « entachées de mensonges et d’incitations à la haine ».
Israël doit organiser des élections au plus tard en octobre.
La députée Efrat Rayten (Les Démocrates) a demandé lundi au commissaire de la police israélienne Daniel Levy d’envisager l’ouverture d’une enquête disciplinaire contre Doron.
Les détracteurs de Ben Gvir avertissent que l’implication sans précédent du ministre de la Sécurité nationale dans les nominations au sein de la police israélienne, ainsi que son apparente exigence de loyauté personnelle, ont rendu les hauts responsables des forces de l’ordre de plus en plus dépendants de lui et de la coalition, suscitant des inquiétudes quant à leur comportement lors des prochaines élections.
Doron s’est déjà opposé à plusieurs figures de l’opposition par le passé.
En janvier, la police a semblé menacer de poursuites judiciaires le député Hadash-Taal Ahmad Tibi s’il ne présentait pas d’excuses pour avoir insulté son porte-parole lors d’une interview sur la Treizième chaîne, au cours de laquelle l’élu avait qualifié Doron de « perdant » et de « militant méprisable du Likud ».
Dans un communiqué, la police a déclaré « condamner fermement » les propos de Tibi, estimant qu’ils étaient « non seulement diffamatoires, mais constituaient également l’infraction pénale d’outrage à un fonctionnaire ».
Le communiqué, vraisemblablement approuvé par Doron, ajoutait que l’infraction présumée commise par le député « ferait l’objet des suites appropriées ».
Doron, militant politique de longue date du Likud, a rejoint la police israélienne en 2021 et a été nommé porte-parole en 2024. Il est connu pour son style agressif, notamment pour l’utilisation d’insultes homophobes dans des conversations ordinaires.
En novembre, la commission d’éthique des porte-parole publics, relevant du Bureau de presse du gouvernement (GPO), a réprimandé Doron pour s’être publiquement moqué du journaliste de Haaretz Josh Breiner.
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