Tibi menacé d’action en justice pour avoir insulté le porte-parole de la police
Le député Hadash-Taal, qui estime qu'Aryeh Doron devrait faire l'objet d'une enquête pour l'avoir insulté, dépose plainte
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Lundi, la police israélienne a menacé d’engager des poursuites judiciaires contre le député Hadash-Taal Ahmad Tibi si celui-ci ne présentait pas ses excuses pour avoir insulté son porte-parole en chef.
Lors d’une interview télévisée sur la Treizième chaîne, le député a en effet parlé en termes désobligeants au porte-parole de la police Aryeh Doron. Les deux hommes se querellaient au sujet du meurtre d’un Bédouin par un policier lors d’une descente, dans la soirée de samedi, dans sa maison du village de Tarabin al-Sana, dans le Néguev.
Tibi a cité les affirmations du frère aîné de la victime, présent sur les lieux de la fusillade, selon lesquelles les forces de l’ordre auraient altéré les preuves en nettoyant le sang sur le sol. Le policier impliqué dans la fusillade a été assigné à résidence le temps que le département des enquêtes internes de la police mène ses investigations.
« Ces façons de faire sont celles de la mafia, pas de la police », a déclaré Tibi au sujet de la présumée altération de la scène du crime, lors d’une interview accordée lundi à la chaîne de télévision depuis la Knesset.
Doron, qui se trouvait dans le studio de la Treizième chaîne, lui a répondu, s’exclamant : « Honte à vous ! Un député de la Knesset israélienne qui traite la police de mafia ! »
« Taisez-vous », lui a rétorqué Tibi, se mettant à crier, traitant également le porte-parole de « loser » et de « méprisable militant du Likud ».
Dans un communiqué, la police a indiqué qu’elle « condamnait fermement » les propos de Tibi, les qualifiant « non seulement de diffamatoires, mais également constitutifs d’infraction pénale pour outrage à un fonctionnaire ».
Ce communiqué — vraisemblablement approuvé par Doron, le porte-parole en chef de la police israélienne — ajoute que le crime présumé du député « sera traité en conséquence ». Les forces de l’ordre ont également appelé Tibi à présenter des excuses publiques, exigeant en outre que la presse « ne fournisse pas de tribune à un tel comportement ».
Tibi, en tant que membre en exercice de la Knesset, bénéficie de l’immunité parlementaire. Cette immunité s’applique automatiquement à toute action directement liée à ses fonctions officielles, notamment l’expression d’une opinion. L’approbation de la procureure générale est requise pour toute poursuite judiciaire à son encontre, une condition qui a très peu de chances d’être satisfaite.
Tibi, qui siège à la Knesset depuis plus de 25 ans, est l’un des députés arabes les plus connus et les plus virulents d’Israël. Il a souvent été critiqué pour ses propos et ses actions controversés. En 2022, la police a cherché à obtenir la levée de son immunité afin de pouvoir mener une enquête après qu’il a été accusé d’avoir entravé l’action des forces de l’ordre lors d’une tentative d’arrestation à Jérusalem. Aucune accusation n’a jamais été retenue contre lui.
Doron, militant politique de longue date du Likud, a rejoint la police israélienne en 2021, avant d’être nommé porte-parole en 2024. Il est connu pour son style agressif, notamment pour ses propos homophobes dans ses conversations quotidiennes.
En novembre, le panel en charge de l’éthique des porte-parole publics — une commission au sein du bureau de presse du gouvernement — a réprimandé Doron pour avoir publiquement ridiculisé le journaliste Josh Breiner, du quotidien Haaretz.
Tibi a déposé une plainte contre Doron mardi, demandant aux enquêteurs du bureau de la procureure générale de l’État d’enquêter sur lui à la suite de leur altercation.
Dans une lettre envoyée par son bureau au Département des enquêtes internes de la police (DIPI), le député arabe de longue date a déclaré que Doron était « tenu à la neutralité, à la transparence et à la diplomatie » et qu’il n’était pas autorisé à « insulter un élu ou à tenir des propos politiques et moraux en utilisant le pouvoir de la police ».
Tibi a également qualifié les déclarations de Doron « d’intervention flagrante et illégitime d’un policier dans le discours politique et public ».
Il a aussi accusé la police d’essayer de l’intimider en le menaçant de poursuites judiciaires « alors qu’il est clair qu’aucune infraction pénale n’a été commise ».
Tibi a souligné que la vive dispute concernait un « incident mortel, sensible et chargé, impliquant un policier ».
Ce tir mortel a suscité l’indignation alors que la police poursuit son opération anti-criminalité dans la société bédouine.
Les circonstances de ce tir sont encore floues et le policier fait l’objet d’une enquête pour avoir ouvert le feu de manière illégale, selon le DIPI.
la Communauté du Times of Israël !







