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La police demande à Baharav-Miara d’autoriser l’enquête sur les élus Tibi et Cassif

La police accuse les députés d’avoir agressé des policiers, d’en avoir entravé un dans l’exercice de ses fonctions et d’avoir proféré des menaces, ce que nient les deux hommes

Ahmad Tibi, à gauche, et Ofer Cassif, membres du Parti de la Liste arabe unie, lors d’une audience devant la Cour Suprême, à Jérusalem, le 22 août 2019. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)
Ahmad Tibi, à gauche, et Ofer Cassif, membres du Parti de la Liste arabe unie, lors d’une audience devant la Cour Suprême, à Jérusalem, le 22 août 2019. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

La police a demandé, lundi, à la procureure générale Gali Baharav-Miara d’autoriser une enquête criminelle sur les députés de la Liste arabe unie Ahmad Tibi et Ofer Cassif pour deux incidents survenus ce mois-ci. Ils sont accusés d’avoir agressé des policiers, d’en avoir entravé un dans l’exercice de ses fonctions et d’avoir proféré des menaces.

Les preuves des incidents ont été rassemblées sur ordre du chef de la police, Kobi Shabtai, et adressées au procureur général, a déclaré la police dans un communiqué. Lorsqu’il s’agit d’enquêter sur un membre de la Knesset, le procureur général doit au préalable autoriser l’enquête.

En vertu d’une modification apportée en 2005 à la loi sur l’immunité parlementaire, les membres de la législature ne bénéficient plus d’une immunité automatique, mais doivent la demander au plénum, en cas de besoin.

Si des accusations sont portées contre Tibi et Cassif, les deux députés pourront demander à la commission de la Chambre de la Knesset de leur accorder l’immunité de poursuites, qui devra ensuite être ratifiée par la Knesset.

Cassif a été filmé, ce week-end, en train de frapper un policier qui refusait de le laisser se rendre à une manifestation en Cisjordanie. Tibi est quant-à-lui accusé d’avoir entravé un agent dans l’exercice de ses fonctions et aidé un suspect à s’échapper lors d’une tentative d’arrestation à Jérusalem, la semaine passée.

Dans un communiqué, Cassif a déclaré :  » Je n’ai pas attaqué ce policier. C’est un mensonge éhonté. L’officier m’a mis la main dans le visage et je l’ai giflé », a rapporté le quotidien Haaretz.

Cassif a en outre accusé le policier d’avoir entravé la liberté de mouvement dont il jouit, en sa qualité de député, en l’empêchant de bouger pendant l’altercation.

Tibi a affirmé, pour sa part, que le suspect en question n’avait pas réussi à s’échapper mais avait été immédiatement appréhendé par les policiers. Il était ensuite parvenu à prendre la fuite, puis avait de nouveau été interpellé. Il avait publié plus tard une vidéo le montrant aux côtés du suspect, qui a été libéré le lendemain.

Dans la vidéo, le suspect a les poignets bandés, preuves selon Tibi, qu’il a été blessé par les policiers. Soulignant que l’homme avait déjà été libéré de sa garde à vue, Tibi a indiqué qu’il ne faisait que son devoir d’agent public en essayant de prévenir qu’un homme soit blessé.

Sur les images prises pendant l’incident, on peut voir et entendre Tibi invectiver les policiers et mettre le suspect à distance des policiers, lui permettant de s’enfuir. La police a déclaré que le suspect, dont l’identité n’a pas été révélée, avait finalement été interpelé après une poursuite à pied.

Le ministre de la Sécurité publique, Omer Barlev, a écrit sur les réseaux sociaux au moment des faits que les actes de Tibi étaient  » intolérables, particulièrement de la part d’un membre de la Knesset abusant de son immunité.  »

Le même jour, Cassif a légèrement frappé un agent à la tête lors d’un échange verbal houleux après que la police et la police des frontières ont arrêté sa voiture, dans les collines du sud d’Hébron, pour l’empêcher de rejoindre une manifestation en Cisjordanie.

Dans une vidéo, un policier tente d’arrêter le véhicule de Cassif. La voiture heurte l’agent, qui s’approche de Cassif et lui crie de déplacer son véhicule.

Après un bref échange verbal, Cassif frappe alors l’officier et l’accuse de l’avoir agressé.

L’immunité parlementaire permet aux députés de se déplacer presque partout dans le pays. On ignore pour quelle raison on a interdit à Cassif d’entrer dans la zone en question, ou même si les policiers savaient à qui ils avaient à faire.

Cassif est le seul député juif du parti à majorité arabe Liste unie. Il est connu pour sa virulence et ses échanges houleux avec d’autres membres juifs de la Knesset.

Tibi, habitué de la Knesset et médecin, est l’un des députés arabes les plus connus du pays, grâce à son esprit sarcastique taillé pour les réseaux sociaux et à ses fréquentes apparitions dans des programmes d’information télévisés. Sa grande notoriété a également fait de lui une cible de la colère de la droite.

En 2017, le député de la Liste arabe unie de l’époque, Basel Ghattas, avait vu son immunité levée et il avait été reconnu coupable d’avoir abusé de sa position pour faire passer en contrebande des téléphones portables et des courriers destinés aux condamnés palestiniens pour terrorisme incarcérés en Israël.

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