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Tibi accusé d’avoir abusé de son immunité pour aider un suspect à s’échapper

Des officiers affirment que le député de la Liste arabe unie avait bloqué la police des frontières qui tentait d'arrêter un homme près de l'église de Jérusalem-Est

Ahmad Tibi dans le quartier de Beit Hanina à Jérusalem-Est, le 12 mai 2022. (Crédit: Ahmad Gharabli / AFP)
Ahmad Tibi dans le quartier de Beit Hanina à Jérusalem-Est, le 12 mai 2022. (Crédit: Ahmad Gharabli / AFP)

Le député et chef de la Liste arabe unie a été accusé d’avoir fait obstruction à la police et d’avoir aidé un suspect à s’échapper lors d’une tentative d’arrestation à Jérusalem.

Des responsables de la police en colère ont déclaré que le député Ahmed Tibi avait abusé de son immunité parlementaire et aurait dû être lui-même arrêté lorsqu’il s’est interposé entre les policiers et un résident palestinien de Jérusalem-Est qu’ils tentaient d’arrêter.

La police a déclaré qu’elle tentait d’arrêter un « jeune homme » soupçonné d’avoir jeté un objet non spécifié dans le quartier de Beit Hanina à Jérusalem-Est lorsque le député Tibi s’est interposé.

« Pendant la détention [du jeune homme], un représentant public s’est présenté, a fait obstruction à la détention, a poussé, harcelé et permis au suspect de s’échapper », a déclaré un porte-parole de la police dans un communiqué.

La police a déclaré que le suspect, qui n’a pas été nommé, avait été capturé plus tard après avoir été poursuivi à pied.

L’incident s’est produit à l’extérieur d’une église où les proches de la journaliste d’Al Jazeera Shireen Abu Akleh s’étaient rassemblés jeudi en vue de ses funérailles, vendredi matin. La police était présente dans la zone pour interroger le frère d’Abu Akleh, Anton, dans le cadre de l’enquête sur la mort de la journaliste, survenue alors qu’elle couvrait des affrontements entre les troupes israéliennes et des hommes armés palestiniens lors d’un raid de Tsahal à Jénine, en Cisjordanie.

Sur les images prises lors de l’incident, on peut voir Tibi hurler sur la police et éloigner le suspect des agents, lui permettant ainsi de s’enfuir.

« La police a dit qu’il avait jeté un objet. Quel objet ? Ce sont des menteurs », a déclaré Tibi à Ynet news.

« Le député Tibi a éloigné le suspect des agents de la police des frontières parce qu’il craignait qu’ils ne le frappent », a déclaré le bureau de Tibi. Le député a également souligné que le suspect avait réussi à échapper à la police par ses propres moyens avant d’être capturé une troisième fois, a rapporté Haaretz.

La police a néanmoins exprimé son indignation face au comportement du député, bien qu’une déclaration officielle se soit abstenue de le nommer. « Obstruer l’activité de la police pour maintenir la loi et l’ordre est inacceptable, surtout lorsqu’il est commis par un représentant élu qui est censé être un modèle et ne pas torpiller le travail de la police. »

Les forces de sécurité israéliennes arrêtent un Palestinien à Beit Hanina, à Jérusalem-Est, après qu’il a tenté de s’échapper alors qu’un membre de la Knesset se disputait avec la police. (Crédit : Ahmad Gharabli / AFP)

Le ministre de la Sécurité publique, Omer Bar-Lev, a écrit sur les réseaux  sociaux que les actions de Tibi étaient « intolérables, surtout venant d’un membre de la Knesset qui abuse de son immunité ».

Des sources policières citées par la Douzième chaîne ont déclaré que les actions de Tibi ne pouvaient être passées sous silence. « N’importe quel citoyen, autre qu’un membre de la Knesset, aurait été arrêté et amené pour être interrogé avec des menottes s’il avait fait ce que le député Tibi a fait », a déclaré une source policière citée par la chaîne.

Tibi, médecin et membre chevronné de la Knesset, est l’un des législateurs arabes les plus connus du pays, grâce à son humour sarcastique sur les réseaux sociaux et à ses fréquentes apparitions dans les journaux télévisés. Sa réputation a également fait de lui une cible de l’ire de la droite.

Le député du parti Sionisme religieux Itamar Ben Gvir, un opposant d’extrême droite à Tibi, a demandé au procureur général Gali Baharav-Miara d’ouvrir une enquête sur le député de la Liste arabe unie, et d’autres députés de droite ont également demandé des mesures punitives.

La police monte la garde devant un bâtiment à Beit Hanina, à Jérusalem-Est, le 12 mai 2022, où sont reçues les condoléances pour la journaliste d’Al Jazeera Shireen Abu Akleh. (Crédit : Ahmad Gharabli / AFP)

Les règles d’immunité parlementaire d’Israël protègent les députés de la plupart des formes de poursuites, mais la protection doit être conférée par un vote de la Knesset. Le comité d’éthique de la Knesset peut également infliger des sanctions procédurales aux législateurs.

Le parti Liste arabe unie, composé de factions arabes, a soutenu Tibi et a déclaré que c’était la police qui était en tort.

« La présence de la police à côté de l’église était une provocation, et ils ont essayé de battre et d’arrêter des jeunes à l’église juste parce qu’ils présentaient leurs condoléances », a déclaré le parti dans un communiqué. « C’est ainsi que l’on crée la colère et l’agitation. »

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