Les émissions israéliennes ont diminué en 2025, mais coûtent encore 34 Mds de NIS à l’économie
Les données du ministère de l’Environnement montrent des tendances positives dans plusieurs domaines, grâce au recul continu du charbon et à la baisse des feux de forêt après la fin des tirs de roquettes depuis le Liban
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Sue Surkes est la journaliste spécialisée dans l'environnement du Times of Israel.

Les gaz à effet de serre présents dans l’atmosphère ont coûté 34 milliards de shekels à l’économie israélienne en 2025 et seraient encore à l’origine de 5 500 décès prématurés par an dans le pays, selon les conclusions d’un rapport qui a été publié mardi par le ministère de l’Environnement.
Ce montant est toutefois en baisse de 4,2 milliards de shekels par rapport à l’année précédente, selon ce rapport annuel, qui a également été publié en anglais.
Ces coûts incluent les jours de travail perdus en raison de maladies liées à la pollution causée par les gaz d’échappement des transports, la production d’électricité, les déchets, l’industrie et l’élevage à grande échelle.
Ces données proviennent de deux rapports annuels.
L’un d’eux contient des informations sur les émissions de 16 polluants dans l’air, le sol et l’eau – informations qui ont été fournies par les 570 plus grandes usines de secteurs tels que l’énergie, la chimie, la gestion des déchets et des eaux usées, ainsi que l’élevage. L’autre, l’Inventaire national des émissions atmosphériques, se concentre sur la pollution atmosphérique. Il combine les informations fournies par les usines avec des données provenant de multiples autres sources afin de créer des modèles.
Une grande partie des bonnes nouvelles de 2025 s’explique par la baisse de la consommation de charbon, tendance à la baisse depuis des années. Le charbon a été remplacé par le gaz fossile, un combustible moins polluant que le charbon ou le diesel, mais qui rejette tout de même du méthane, un puissant gaz à effet de serre. Un autre point positif est la baisse des feux de forêt en 2025, suite à l’arrêt des tirs de roquettes depuis le Liban.
Pour ces raisons, les émissions d’oxydes d’azote ont baissé de 28 % entre 2024 et 2025, et celles d’oxydes de soufre ont connu une baisse spectaculaire de 49 %. Les particules fines, un polluant invisible composé de minuscules particules de suie, de poussière, de carbone et de minéraux, ont également diminué de plus de 20 %.
Les substances cancérigènes pour l’homme, connues ou soupçonnées, ont diminué de 7 % grâce à la réduction de l’incinération des déchets municipaux. Toutefois, cette baisse a fait suite à une hausse de 16 % entre 2023 et 2024, puis à une hausse de 3 % entre 2022 et 2023.
Pour une vision à plus long terme, le ministère a également comparé les évolutions entre 2012 et 2025. Là encore, grâce à la réduction de l’utilisation du charbon, les émissions d’oxydes d’azote ont diminué de 82 %, celles d’oxydes de soufre de 94 %, celles de particules fines de 78 % et celles de substances soupçonnées ou reconnues comme cancérigènes de 36 %.
La seule hausse des émissions signalée l’an dernier concernait les composés organiques volatils non méthaniques (COVNM), dont le volume a augmenté de 2 %. Cette hausse fait suite à une augmentation de 16 % enregistrée en 2024. Le ministère a expliqué que cela était dû à la croissance démographique, à l’expansion du secteur avicole et à l’augmentation des émissions provenant des stations d’épuration des eaux usées.
Un tiers de ces émissions de COVNM provenait de l’utilisation par les ménages de produits tels que des produits d’entretien, des peintures, des adhésifs, des cosmétiques et des articles de toilette, tandis qu’un autre quart provenait d’élevages de volailles, d’étables et d’élevages porcins. Une exposition de courte durée à ces composés est susceptible de provoquer des démangeaisons au niveau des yeux, du nez et de la gorge, ainsi que des maux de tête, des vertiges et des difficultés respiratoires. À long terme, une exposition chronique à certains composés, tels que le benzène et le formaldéhyde, peut entraîner des effets plus graves.
Le déclin du charbon
Avec 83 %, la part de la production d’électricité israélienne issue de combustibles fossiles, y compris le gaz fossile, reste la plus élevée de l’OCDE. L’an dernier, les énergies renouvelables représentaient 16,7 % de cette production.
La consommation de charbon pour la production d’électricité a chuté d’un tiers l’an dernier, après la fermeture de quatre unités à charbon de la centrale d’Orot Rabin, située au centre de Hadera.
Orot Rabin est en train de passer du charbon au gaz fossile, dans le cadre d’un processus qui devrait s’achever d’ici 2027 ou 2028. Cela dit, et malgré de vives objections, les unités mises hors service seront autorisées à brûler du charbon jusqu’à 500 heures par an à des fins d’essais et de maintenance jusqu’en 2028. L’objectif est de garantir la sécurité énergétique.
La seule autre centrale utilisant encore du charbon, celle de Rutenberg à Ashkelon sur la côte sud, fait l’objet d’un projet similaire de conversion s’étalant sur plusieurs années, qui vise à abandonner progressivement le charbon au profit du gaz fossile. Elle ne conservera aucune réserve de charbon.
En 2025, c’est toutefois la centrale d’Orot Rabin qui occupait encore la première place en termes d’émissions responsables du réchauffement climatique, suivie par la cimenterie de Nesher, dans le centre de Ramla, la centrale de Rutenberg, la centrale de Gezer, dans le centre d’Israël, et l’immense décharge d’Efeh, située dans la zone industrielle et minière de Mishor Rotem, dans le Néguev, au sud.
Deux récidivistes notoires, les raffineries de pétrole Bazan, au nord de Haïfa, et Rotem Amfert Negev, ont respectivement occupé les 12ᵉ et 13ᵉ places, Bazan ayant réduit son activité l’année dernière après avoir été prise pour cible à deux reprises par des missiles iraniens. Elle a également été visée à deux reprises cette année.
Une hausse des émissions de méthane
Les déchets organiques enfouis génèrent de grandes quantités de méthane.
Elad Amichaï, responsable des déchets au ministère de l’Environnement, a déclaré lors d’une conférence de presse qu’il espérait que la mise en place de nouvelles stations destinées à séparer les déchets organiques des autres déchets avant leur mise en décharge permettrait de réduire les émissions de méthane.
Il a précisé que la première usine de valorisation énergétique des déchets, située à Neot Hovav dans le Néguev, serait opérationnelle d’ici 2030, et que d’ici 2027, les deux premières usines industrielles de recyclage des déchets organiques ouvriraient leurs portes à la station d’épuration de Shafdan, juste au sud de Tel Aviv, et à Daya, dans le Néguev. La construction d’une troisième usine, à Ein HaShlosha, également dans le Néguev, débutera cette année, a-t-il ajouté.
Grâce à l’ouverture d’un nouveau centre de tri en amont de la mise en décharge à Evron, dans le nord d’Israël, l’année dernière, et à l’intensification de l’activité sur d’autres sites de tri, la quantité de déchets solides municipaux envoyés au recyclage a augmenté de 5 % en 2025.
À mesure que le secteur de la construction a commencé à se redresser après la guerre, le transfert des déchets de construction et de démolition destinés au recyclage s’est également amélioré.
Juste avant sa dissolution le mois dernier, en prévision des élections d’octobre, la Knesset a adopté un projet de loi visant à réglementer les déchets de construction.
Incendies de déchets
En Israël, les équipes de pompiers et de secours ont été appelées l’année dernière pour intervenir sur près de 11 000 incidents liés à des incinérations illégales de déchets, ce qui représente une baisse de 13 % par rapport à 2024 et de 31 % par rapport à l’année record de 2021, d’après les chiffres du ministère. Le ministère ne dispose d’aucun chiffre concernant les feux de déchets illégaux en Cisjordanie, dont la fumée polluante traverse la Ligne verte pour atteindre Israël. C’est le Coordinateur des activités gouvernementales dans les Territoires palestiniens (COGAT) qui exerce son autorité dans cette région.
Iris Shalit, directrice générale adjointe chargée de la supervision et de l’application de la loi au sein du ministère, a déclaré lors de la conférence de presse que des équipes de contrôle renforcées s’étaient rendues en Cisjordanie à la fin de l’année dernière afin d’appréhender les contrevenants, de leur infliger des amendes et de les dissuader de brûler des déchets. Elle a ajouté que, selon des rapports des services de renseignement, ces équipes continuaient de se rendre sur place une à deux fois par mois cette année, des témoignages isolés suggérant que ces interventions avaient porté leurs fruits.
La ministre de l’Environnement, Idit Silman, est intervenue pour indiquer que le ministère avait transféré des fonds au COGAT afin de l’aider à lutter contre ce phénomène. Elle a également précisé qu’elle avait rencontré ces derniers jours des habitants du district de Lakish, dans le sud d’Israël, où le brûlage de déchets électroniques avait de nouveau fortement augmenté.
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