Les ministres d’extrême-droite mettent en garde contre un accord partiel
Suite à la nouvelle position du Hamas, des proches d'otages affirment que "le peuple ne permettra pas au Premier ministre de torpiller un nouvel accord"
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Les informations faisant état de l’accord du Hamas sur une nouvelle proposition de cessez-le-feu et de libération d’otages à Gaza lundi ont suscité des réactions rapides en Israël : les partisans d’un accord ont exhorté le gouvernement à le signer, tandis que les opposants, notamment des membres clés de la coalition, ont mis en garde le Premier ministre, Benjamin Netanyahu, contre une telle décision.
Le groupe terroriste palestinien a fait savoir aux médiateurs qu’il acceptait la proposition qui lui avait été soumise la veille et qui prévoit, selon certaines sources, une trêve de 60 jours ainsi que la libération de dix otages encore en vie, alors que les médiateurs s’efforçaient de trouver un accord avant le lancement de l’offensive d’Israël pour prendre le contrôle de Gaza-City.
« Vous n’avez pas le mandat de conclure un accord partiel », a déclaré dans un communiqué le ministre ultranationaliste de la Sécurité nationale, Itamar Ben Gvir, à l’adresse de Netanyahu. « Le sang de nos soldats n’est pas sans valeur. Nous devons aller jusqu’au bout. Détruire le Hamas. »
Le ministre des Finances, Bezalel Smotrich, a fait valoir que le Hamas avait assoupli ses exigences uniquement parce qu’il craignait que l’offensive israélienne prévue à Gaza-City ne détruise le groupe terroriste.
« Le Hamas est sous forte pression en raison de la conquête [prévue] de Gaza, car il comprend que cela le détruira et mettra fin à son histoire. Il tente donc de l’empêcher en revenant sur l’accord partiel. C’est exactement pour cette raison que nous ne pouvons pas capituler et offrir une bouée de sauvetage à l’ennemi », a-t-il écrit sur le réseau social X.
« Allez jusqu’au bout, gagnez et ramenez tous les otages en une seule fois », a-t-il ajouté, partageant une photo du message publié plus tôt dans la journée par le président américain Donald Trump sur Truth Social. Ce dernier y écrivait que la seule façon pour le Hamas de relâcher les otages était d’être « confronté et détruit ».
Le député Zvi Sokot, du parti HaTzionout HaDatit de Smotrich, a déclaré : « Un accord partiel reviendrait à abandonner la moitié des otages, ferait courir un risque énorme aux soldats de Tsahal dans la poursuite des combats, donnerait une bouée de sauvetage au Hamas et nous coûterait le peu de légitimité internationale qui nous reste. »
Par ailleurs, le député Benny Gantz, du parti d’opposition Kakhol Lavan-HaMahane HaMamlahti, a déclaré que le gouvernement « dispose d’une majorité claire [au sein de l’opinion publique] et d’un large filet de sécurité [à la Knesset] pour ramener les otages ».
« Netanyahu, ce n’est pas le moment d’hésiter, c’est le moment de prendre les bonnes décisions pour le peuple d’Israël et la sécurité d’Israël. »
Les partis ultra-orthodoxes de la coalition ont largement soutenu la conclusion d’un accord. Le député Moshe Gafni (Yahadout HaTorah) a déclaré : « Notre position n’a pas changé : nous soutenons la libération de nos otages afin de remplir notre obligation sacrée de récupérer les captifs et d’alléger les souffrances des familles qui endurent le pire depuis près de deux ans. »
Le ministre de la Défense, Israel Katz, a déclaré : « Pour la première fois, nous voyons que le Hamas, après des semaines, est prêt à discuter d’un accord pour la libération des otages, uniquement parce qu’il craint que nous ayons réellement l’intention de prendre Gaza-City. La chute de Gaza-City entraînera la défaite du Hamas. »
Il n’a toutefois pas précisé s’il soutenait ou non un tel accord.
Le Forum des familles des otages et disparus a réagi à ces informations : « Nous exigeons que Netanyahu mène immédiatement des négociations continues pour la libération de tous les otages de Gaza… Le peuple ne permettra pas au Premier ministre de torpiller un nouvel accord. »
Après la révélation de la décision du Hamas, un responsable israélien a confirmé au Times of Israel que Jérusalem avait reçu la dernière proposition du groupe terroriste palestinien. Cependant, Netanyahu a semblé rejeter cette réponse, indiquant que le Hamas subissait une pression énorme en raison du plan d’Israël de prendre le contrôle de la plus grande ville de l’enclave et de transférer sa population vers le sud de la bande de Gaza. Il n’a toutefois pas exclu publiquement la possibilité d’un accord partiel.
« Nous voyons clairement que le Hamas subit une pression énorme », a déclaré Netanyahu.
Un responsable israélien a ensuite souligné que Jérusalem espérait toujours parvenir à un accord global. « La position d’Israël n’a pas changé [concernant à la fois] la libération de tous les otages et le respect des autres conditions définies pour mettre fin à la guerre », a déclaré sous couvert d’anonymat ce responsable dans un communiqué.
Un diplomate arabe a révélé au Times of Israel des détails de la proposition que le Hamas a dit avoir approuvée. Selon lui, le négociateur en chef du groupe terroriste, Khalil al-Hayya, a présenté dimanche soir au Premier ministre qatari Mohammed ben Abdulrahman al-Thani une proposition actualisée de cessez-le-feu et de libération des otages. Cette proposition revient sur la grande majorité des exigences formulées par le groupe terroriste, qui avaient conduit à l’échec des pourparlers le mois dernier.
Les négociations, qui se sont tenues au Caire avec la médiation de l’Égypte, du Qatar et des États-Unis, ont également inclus la Turquie, qui a contribué à la reprise des pourparlers la semaine dernière.
La proposition acceptée lundi par le Hamas prévoit la libération de dix otages vivants en échange de 150 prisonniers palestiniens incarcérés pour atteinte à la sécurité en Israël, pendant une trêve de 60 jours, a déclaré le diplomate, ajoutant que l’accord prévoit également la restitution de corps d’otages morts.
Une source au sein du Jihad islamique palestinien, un groupe terroriste combattant aux côtés du Hamas à Gaza, a révélé des détails similaires sur la proposition et a ajouté qu’après la libération des dix premiers otages, « les autres captifs seraient libérés dans un deuxième temps, et des négociations immédiates suivraient pour parvenir à un accord plus large » visant à mettre fin définitivement à « la guerre et l’agression » avec des garanties internationales.
La source a ajouté que « toutes les factions soutiennent ce qui a été présenté » par les médiateurs égyptiens et qataris, faisant référence à la myriade de groupes terroristes palestiniens qui opèrent dans la bande de Gaza, en grande partie sous le contrôle du Hamas.
La proposition a été reçue par Israël lundi soir. Mais Jérusalem a insisté sur le fait qu’elle n’était plus intéressée par des accords partiels et a affirmé qu’elle n’accepterait de mettre fin à la guerre que si le Hamas libérait tous les otages en une seule fois, entre autres conditions.
Les médiateurs arabes estiment que les exigences israéliennes ne leur laissent aucune marge de manœuvre et cherchent plutôt à obtenir d’abord un accord partiel, qu’ils présentent toutefois comme une « voie vers un accord global ».
Dans le prolongement de la proposition élaborée plus tôt cette année par l’émissaire américain Steve Witkoff, la dernière offre prévoit d’entamer des négociations sur les modalités d’un cessez-le-feu permanent dès le début d’une trêve de 60 jours. Les médiateurs espèrent parvenir à un accord sur ces détails avant la fin de la trêve temporaire de deux mois, a déclaré le diplomate arabe.
Jacob Magid, Nurit Yohanan et Emanuel Fabian ont contribué à cet article.
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