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L’ONU entame les débats sur la prolongation de la mission de la FINUL au Liban

La France propose de renouveler le mandat de la force de maintien de la paix qui expire le 31 août, pour un an afin de donner au Liban une chance de désarmer le Hezbollah

Des Casques bleus de la Force intérimaire des Nations unies au Liban (FINUL) inspectant les dégâts dans le village de Kfar Shuba, dans le sud du Liban, le 17 février 2025. (Crédit : Rabih Daher/AFP)
Des Casques bleus de la Force intérimaire des Nations unies au Liban (FINUL) inspectant les dégâts dans le village de Kfar Shuba, dans le sud du Liban, le 17 février 2025. (Crédit : Rabih Daher/AFP)

Le Conseil de sécurité de l’ONU a commencé à débattre lundi d’un projet de résolution présenté par la France pour prolonger d’un an le mandat de la force de maintien de la paix des Nations unies dans le sud du Liban, en vue de son retrait progressif.

La Force intérimaire des Nations unies au Liban (FINUL) est déployée à la frontière entre le Liban et Israël depuis 1978. Son mandat est renouvelé chaque année et les quinze membres du Conseil de sécurité doivent voter le 25 août sur le projet de résolution, avant l’expiration du mandat de la FINUL le 31 août.

Interrogé sur la position américaine concernant l’avenir de la FINUL, Washington, qui dispose d’un droit de veto au Conseil de sécurité, n’a pas répondu.

Le projet de texte français, consulté par Reuters, prévoit que le Conseil indique « son intention d’œuvrer au retrait de la FINUL afin que le gouvernement libanais soit seul responsable de la sécurité dans le sud du Liban, à condition que le gouvernement libanais contrôle pleinement l’ensemble du territoire libanais […] et que les parties s’accordent sur un arrangement politique global ».

Israël et les États-Unis se seraient opposés au renouvellement du mandat de la FINUL. Ces derniers, qui disposent d’un droit de veto au sein de l’organe, ont déclaré, lors d’une réunion à huis clos lundi, que la mission ne devrait être prolongée que d’un an, ont indiqué des diplomates sous couvert d’anonymat.

Interrogé sur la volonté des États-Unis de mettre fin à la FINUL, un porte-parole du département d’État a répondu : « Nous ne commentons pas les négociations en cours au Conseil de sécurité des Nations unies. »

Le Conseil de sécurité des Nations unies tenant une réunion d’urgence sur la situation à Gaza, au siège des Nations unies, à New York, le 10 août 2025. (Crédit : John Lamparski/AFP)

En 2006, à la suite d’une guerre d’un mois entre Israël et le groupe terroriste chiite libanais Hezbollah, le mandat de la FINUL a été élargi afin de permettre aux soldats de la paix d’aider l’armée libanaise à maintenir certaines parties du sud du Liban exemptes d’armes ou de forces armées autres que celles de l’État libanais.

La force de maintien de la paix a échoué dans cette mission, le Hezbollah ayant établi un contrôle effectif sur le sud du pays, malgré la présence de l’armée libanaise. La branche politique du groupe terroriste chiite était également la force politique la plus puissante du Liban.

Le projet de texte du Conseil de sécurité « exhorte la communauté internationale à intensifier son soutien, notamment en matière d’équipement, de matériel et de financement » à l’armée libanaise.

En vertu d’un cessez-le-feu conclu en novembre 2024 qui a mis fin à un an de guerre entre Israël et le Hezbollah, soutenu par la République islamique d’Iran, l’armée de Beyrouth s’est déployée dans le sud du Liban et tente de démanteler les infrastructures du groupe terroriste dans cette région.

Le Liban est toutefois confronté à la question épineuse du désarmement du Hezbollah. Le gouvernement a chargé l’armée, ce mois-ci, d’élaborer un plan à cet effet d’ici la fin de l’année.

Le groupe terroriste a réagi avec force, affirmant qu’il se battrait pour conserver ses armes et menaçant qu’il n’y aurait « plus de vie au Liban » si des tentatives étaient faites pour les désarmer.

Le projet de résolution de l’ONU actuellement en discussion « appelle également à un renforcement des efforts diplomatiques visant à résoudre tout différend ou toute réserve concernant la frontière internationale entre le Liban et Israël ».

En vertu de l’accord de cessez-le-feu conclu l’an dernier, Israël était censé se retirer complètement du Liban, mais il a maintenu ses forces dans plusieurs zones qu’il considère comme stratégiques et continue de frapper le Hezbollah à travers le pays, affirmant qu’il vise des violations du cessez-le-feu. Il a également indiqué qu’il n’hésiterait pas à mener des opérations militaires de grande ampleur si Beyrouth ne désarmait pas le groupe terroriste.

Des personnes posant pour une photo sur une rampe de lancement de missiles brûlée du Hezbollah, dans le village de Kafr Tibnit, au sud du Liban, le 27 novembre 2024. (Crédit : Mahmoud Zayat/AFP)

Les troupes israéliennes ont également eu des échanges tendus avec les Casques bleus de l’ONU, la force de maintien de la paix accusant les soldats de Tsahal d’avoir tiré à plusieurs reprises sur des postes et des membres de la FINUL lors de l’opération militaire menée l’année dernière au Liban. Israël a toujours affirmé que les forces de l’ONU n’étaient pas une cible, mais qu’il tirait en revanche sur des « menaces immédiates pour ses troupes », ainsi que sur des terroristes et des biens appartenant au Hezbollah.

Le Hezbollah, soutenu par la République islamique, a commencé à mener des attaques transfrontalières quasi-quotidiennes contre le nord d’Israël le lendemain du pogrom perpétré par son allié, le groupe terroriste palestinien du Hamas, le 7 octobre 2023, au cours duquel plus de 1 200 personnes ont été tuées et 251 autres enlevées et emmenées de force à Gaza.

Ces tirs de roquettes ont provoqué le déplacement de quelque 60 000 habitants du nord d’Israël. Pour assurer leur retour en toute sécurité, Israël a intensifié ses opérations au Liban en septembre, ce qui a donné lieu à deux mois de guerre ouverte contre le Hezbollah, au cours desquels les dirigeants et l’arsenal du groupe terroriste ont été décimés.

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