L’opération commune de la DGSE et du Mossad contre les armes chimiques d’Assad
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L’opération commune de la DGSE et du Mossad contre les armes chimiques d’Assad

Selon Le Monde, dans le cadre de la lutte contre la prolifération des armes chimiques, les espions auraient manipulé une source syrienne pour appronfondir leurs connaissances de l'arsenal syrien

Des rebelles syriens portent des masques à gaz contre une attaque chimique, en 2013 (Crédit : capture d'écran Youtube/MrMrAsi)
Des rebelles syriens portent des masques à gaz contre une attaque chimique, en 2013 (Crédit : capture d'écran Youtube/MrMrAsi)

C’est aux détails d’une « opération hautement confidentielle » que le journal Le Monde dit avoir eu accès : l’opération Ratafia, qui en amont et durant la guerre syrienne s’est évertuée à découvrir  la composition de l’arsenal chimique syrien.

Comme dans une opération d’espionnage standard, l’objectif était de parvenir à manipuler une personne détenant ces informations cruciales. Dans l’opération Ratafia, cet homme était un Syrien « travaillant pour le programme de développement, de production et de stockage des armes chimiques et des missiles vecteurs, » explique le Monde.

Ce programme qui implique le travail de 10 000 salariés en Syrie, rapporte le quotidien du soir, est une priorité pour le Mossad qui voit la sécurité d’Israël directement menacée par ces armes chimiques détenues par un pays voisin, allié de deux de ses ennemis : l’Iran et le Hezbollah.

Signe de cet intérêt : déjà en 2007, « un accident » sur un site d’assemblage de missiles vecteur de VX « le gaz le plus toxique des agents de guerre chimique connus », dont on soupçonne le Mossad d’être à l’origine, avait conduit la Syrie à se montrer beaucoup plus prudente.

Décrit comme « rêveur et romantique » l’homme ciblé, détenteur d’informations de première main, se laisse convaincre de l’utilité d’un voyage à Paris, qui lui permettra de se lancer dans une activité à son compte. Ici les services français entrent en jeu en facilitant ses obtentions de visa pour sortir du pays. Ils travailleront ensuite main dans la main avec le Mossad sur place.

Traité en prince par un homme d’affaires pseudo-italien devenu « son confident et mentor » explique le journaliste Jacques Follourou, les faits, gestes et paroles du Syrien sont scrupuleusement étudiés par des psychologues issus du Mossad. Ils concluent que l’homme, qui pense « être à un tournant crucial de sa vie personnelle et professionnelle » pourra bientôt se vider de tous ses secrets, sans avoir même l’impression de trahir.

En effet, avec son idée de créer son propre business indépendant en rapport avec la création d’armes chimiques, il passe des commandes qui permettent au Mossad, « d’enrichir sa connaissance des programmes chimiques syriens » mais aussi à des entreprises françaises et européennes prêtes à collaborer à l’élaboration d’armes chimiques syriennes dont le Monde ne donnera pas les noms.

Les services prennent ainsi connaissance de l’arsenal chimique syrien, « des tonnes d’ypérite et de VX », ainsi que d’autres projets en lien avec l’armement chimique.

Les renseignements acquis permettront alors au gouvernement israélien de plaider auprès des Etats-Unis une intervention contre le régime de Bachar Al Assad. Une intervention sur le point d’aboutir mais que Barack Obama empêchera au dernier moment fin août 2013.

Et ce, malgré les preuves apportées de l’utilisation d’armes chimiques contre les civils, ligne rouge à ne pas franchir, selon Barack Obama, avant intervention militaire.

Allocution de Barack Obama suite à l'attentat d'Omar Mateen, qui a prêté allégeance à l'EI et a fait 49 morts et 53 blessés dans un club gay d'Orlando en Floride, le 12 juin 2016. (Crédit : AFP/Yuri Gripas)
Allocution de Barack Obama suite à l’attentat d’Omar Mateen, qui a prêté allégeance à l’EI et a fait 49 morts et 53 blessés dans un club gay d’Orlando en Floride, le 12 juin 2016. (Crédit : AFP/Yuri Gripas)
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