Manifestation en Iran : La justice affiche sa fermeté après les menaces de Trump
Le président américain a menacé de "frapper" l'Iran si ses autorités "commencent à tuer des gens comme ils l'ont fait dans le passé"
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Lundi, au neuvième jour d’un mouvement de contestation, la justice iranienne a affirmé qu’elle ne ferait preuve « d’aucune indulgence » envers « les émeutiers », après une menace d’intervention de Donald Trump en cas de répression meurtrière.
Le président américain a menacé dimanche de « frapper » l’Iran si ses autorités de la République islamique « commencent à tuer des gens comme ils l’ont fait dans le passé ».
Lundi, la plupart des commerces étaient ouverts à Téhéran et ses habitants vaquaient à leurs occupations après un week-end prolongé.
Des policiers et des membres de la police antiémeute étaient toutefois déployés aux principaux carrefours, a constaté l’AFP. Des policiers étaient également présents devant certains établissements scolaires, tandis que plusieurs universités ne dispensent plus leurs cours qu’en ligne.
Selon l’agence de presse Fars, « la tendance observée dimanche soir est à une baisse notable du nombre de rassemblements et de leur étendue géographique ».
La contestation, initialement liée au coût de la vie, a débuté le 28 décembre à Téhéran avant de se propager à au moins 25 des 31 provinces iraniennes, avec des revendications politiques.
Au moins douze personnes ont été tuées depuis le 30 décembre lors d’affrontements localisés, dont des membres des forces de sécurité, selon un bilan de l’AFP établi à partir d’annonces officielles et de médias.
« J’ordonne au procureur général et aux procureurs de tout le pays d’agir conformément à la loi et avec détermination contre les émeutiers et ceux qui les soutiennent » sans « aucune indulgence ni aucune complaisance », a déclaré le chef du pouvoir judiciaire, Gholamhossein Mohseni Ejeï.
À l’instar de la position affichée par le pouvoir depuis le début du mouvement, il a reconnu le droit légitime de manifester pour des revendications économiques.
« La République islamique écoute les manifestants […], mais fait la distinction entre eux et les émeutiers », a-t-il ajouté.
Téhéran a par ailleurs accusé lundi Israël de chercher à « saper l’unité nationale » après que le Premier ministre Benjamin Netanyahu s’est dit « solidaire du combat » des Iraniens.
Geste des autorités
Le mouvement a touché ou touche, à des degrés divers, au moins 45 villes, la plupart de taille moyenne, surtout dans l’ouest du pays, selon un décompte de l’AFP basé sur les annonces officielles et les médias.
Les autorités et les médias iraniens ne communiquent pas nécessairement en détail sur tous les incidents. Des vidéos de la mobilisation inondent les réseaux sociaux, mais toutes ne peuvent pas être authentifiées.
Des manifestations ont rassemblé quelques centaines d’opposants au pouvoir iranien à Londres et à Paris ce week-end.
« Mort au dictateur en Iran » proclamaient dimanche certaines pancartes à Paris.
« A chaque nouvelle contestation, les Iraniens et Iraniennes arrachent des choses. Mouvement après mouvement, on se rapproche de la fin du régime », estimait Sahar Aghakhani, une traductrice franco-iranienne de 29 ans.
« Le gouvernement a entendu la voix des manifestants », jugeait lundi le quotidien réformateur iranien Arman Melli.
Dimanche, les autorités ont annoncé une aide mensuelle de 10 millions de rials (environ 6 euros) par personne pendant quatre mois, afin de « réduire la pression économique sur la population ».
Les 86 millions d’Iraniens subissent depuis des années une hyperinflation à deux chiffres dans un pays plombé par des sanctions internationales liées à son programme nucléaire.
Le salaire moyen est d’environ 170 euros par mois et le salaire minimum d’environ 85 euros.
La monnaie nationale, le rial, qui a perdu plus d’un tiers de sa valeur face au dollar depuis un an, se dépréciait de nouveau lundi face au billet vert, selon le taux informel du marché noir.
À ce stade, le mouvement n’est pas aussi important que celui déclenché fin 2022 par la mort en détention de Mahsa Amini, arrêtée pour un voile prétendument mal ajusté.
En 2019, des manifestations avaient également fait des dizaines de morts en Iran, à la suite de l’annonce d’une flambée du prix de l’essence.
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