Rechercher

Merz et Meloni disent ne pas pouvoir rejoindre le « Conseil de Paix » dans sa forme actuelle

Les dirigeants allemands et italiens invoquent des objections constitutionnelles ; le bras politique extérieur de l'UE met en garde contre le pouvoir excessif qu'elle conférerait à Donald Trump

La Première ministre italienne Giorgia Meloni et le chancelier allemand Friedrich Merz se serrant la main après avoir passé en revue la garde d'honneur avant un sommet intergouvernemental entre l'Italie et l'Allemagne, à la Villa Doria Pamphilj, à Rome, le 23 janvier 2026. (Crédit : Andreas Solaro/AFP)
La Première ministre italienne Giorgia Meloni et le chancelier allemand Friedrich Merz se serrant la main après avoir passé en revue la garde d'honneur avant un sommet intergouvernemental entre l'Italie et l'Allemagne, à la Villa Doria Pamphilj, à Rome, le 23 janvier 2026. (Crédit : Andreas Solaro/AFP)

Le chancelier allemand Friedrich Merz a déclaré vendredi qu’il serait prêt à rejoindre le « Conseil de Paix » du président américain Donald Trump pour le bien de la bande de Gaza, mais qu’il ne pouvait accepter le plan dans sa forme actuelle.

« Dans la forme actuelle du Conseil de Paix, nous ne pouvons accepter ses structures de gouvernance en Allemagne pour des raisons constitutionnelles », a déclaré Merz lors d’une conférence de presse conjointe avec la Première ministre italienne Giorgia Meloni à Rome.

« Cependant, nous sommes bien sûr prêts à explorer d’autres formes – de nouvelles formes – de coopération avec les États-Unis d’Amérique si l’objectif est de trouver de nouveaux formats qui nous rapprochent de la paix dans différentes régions du monde. »

Merz a ajouté que ces formats ne devraient pas se limiter à Gaza et au Moyen-Orient, mais pourraient également s’appliquer, par exemple, à l’Ukraine.

Meloni a exprimé une opposition similaire au Conseil de Paix dans sa forme actuelle, affirmant avoir demandé à Trump de modifier ses termes afin de résoudre les problèmes constitutionnels qui ont empêché l’Italie d’y adhérer.

En vertu de la constitution italienne, le pays ne peut adhérer à des organisations internationales qu’à des conditions égales avec les autres États. Or, selon Meloni, cette condition n’est pas remplie par les statuts actuels du Conseil de Paix, qui confèrent à Trump des pouvoirs exécutifs étendus.

Le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif (3ᵉ à gauche), la présidente du Kosovo Vjosa Osmani (au centre à droite) et le président argentin Javier Milei (à droite) applaudissant tandis que le président américain Donald Trump (au centre) signe la Charte fondatrice du Conseil de Paix pendant la réunion annuelle du Forum économique mondial (WEF), à Davos, le 22 janvier 2026. (Crédit : Fabrice Coffrini/AFP)

Le bras politique extérieur de l’Union européenne (UE) a également soulevé des questions concernant les pouvoirs étendus de Trump sur le Conseil de Paix, selon un document interne consulté par Reuters.

Dans une analyse confidentielle datée du 19 janvier et partagée avec les pays membres de l’UE, le Service européen pour l’action extérieure a exprimé ses inquiétudes concernant la concentration des pouvoirs entre les mains de Trump.

La Charte du Conseil de Paix « soulève des inquiétudes au regard des principes constitutionnels de l’UE » et « l’autonomie de l’ordre juridique de l’UE milite également contre une concentration des pouvoirs entre les mains du président », a écrit le service diplomatique du bloc.

Le document indique également que le nouveau « Conseil de Paix » s’écarte considérablement du mandat autorisé par le Conseil de sécurité des Nations unies en novembre, et qu’il se concentre uniquement sur le conflit entre Israël et le groupe terroriste palestinien du Hamas à Gaza.

Élargissement du mandat

Le nouveau conseil, lancé jeudi par le président américain, est présidé à vie par Trump et devrait commencer par traiter le conflit à Gaza, puis s’étendre à d’autres conflits. Les États membres sont limités à un mandat de trois ans, à moins qu’ils ne versent chacun un milliard de dollars pour financer les activités du conseil et obtenir le statut de membre permanent.

« Une fois que ce conseil sera complètement formé, nous pourrons faire à peu près tout ce que nous voulons. Et nous le ferons en collaboration avec les Nations unies », a déclaré Trump, ajoutant que l’ONU avait un grand potentiel qui n’avait pas été pleinement exploité.

Jeudi soir, après la réunion des dirigeants européens pour discuter des relations transatlantiques, le président du Conseil européen, Antonio Costa, a déclaré aux journalistes : « Nous avons de sérieux doutes sur un certain nombre d’éléments de la Charte du Conseil de Paix, notamment en ce qui concerne son champ d’application, sa gouvernance et sa compatibilité avec la Charte des Nations unies. »

Des Gazaouis marchant dans un marché de rue à Khan Younès, dans le sud de la bande de Gaza, le 23 janvier 2026. (Crédit : Abdel Kareem Hana/AP Photo)

Costa a déclaré que l’UE était « prête à travailler avec les États-Unis à la mise en œuvre du plan de paix global pour Gaza, avec un ‘Conseil de Paix’ remplissant sa mission en tant qu’administration transitoire, conformément à la résolution 2803 du Conseil de sécurité des Nations unies ».

Plusieurs pays de l’UE, dont la France et l’Espagne, ont déjà déclaré qu’ils ne rejoindraient pas le Conseil de Paix, tandis que Trump a annoncé qu’il désinvitait le Canada après que son Premier ministre Mark Carney a refusé de payer pour un siège permanent pour Ottawa.

Dans son analyse, le service diplomatique de l’UE a déclaré que « la disposition selon laquelle le choix d’un État membre concernant le niveau de sa participation doit être approuvé par le président constitue une ingérence indue dans l’autonomie organisationnelle de chaque membre ».

L’équipe du Times of Israel a contribué à cet article.

En savoir plus sur :
Pour commenter, rejoignez
la Communauté du Times of Israël !
Rejoidre la Communauté du Times of Israël
Seuls les membres qui payent un abonnement peuvent commenter les articles. Alors rejoignez nous et profitez d'autres avantages !
Veuillez utiliser un email au format suivant : example@domain.com
Confirm Mail
Merci ! Consultez votre mail maintenant
Vous faites désormais partie de la Communauté du Times of Israël ! Un e-mail contenant votre lien de connexion a été envoyé à . Une fois configuré, vous pourrez profiter de vos avantages et commenter.

Merci pour votre fidélité !

Si vous voyez ce message, ça veut dire que vous faites partie de nos lecteurs les plus assidus. Pour continuer votre lecture, veuillez rejoindre notre Communauté. Rejoignez-nous maintenant !
image
Inscrivez-vous gratuitement
et continuez votre lecture
L'inscription vous permet également de commenter les articles et nous aide à améliorer votre expérience. Cela ne prend que quelques secondes.
Déjà inscrit ? Entrez votre email pour vous connecter.
Veuillez utiliser le format suivant : example@domain.com
SE CONNECTER AVEC
En vous inscrivant, vous acceptez les conditions d'utilisation. Une fois inscrit, vous recevrez gratuitement notre Une du Jour.
Register to continue
SE CONNECTER AVEC
Log in to continue
Connectez-vous ou inscrivez-vous
SE CONNECTER AVEC
check your email
Consultez vos mails
Nous vous avons envoyé un e-mail à .
Il contient un lien qui vous permettra de vous connecter.