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Netanyahu assure avoir mis en garde contre la menace des drones il y a six ans

S'il n'a pas expliqué pourquoi aucune solution n'a été trouvée pour contrer les aéronefs, le Premier ministre a reconnu qu’Israël avait gagné du terrain à Gaza

Lazar Berman est le correspondant diplomatique du Times of Israël

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu présidant la réunion hebdomadaire du Conseil des ministres, le 17 mai 2026. (Crédit : Capture d'écran/Bureau de la presse gouvernementale)
Le Premier ministre Benjamin Netanyahu présidant la réunion hebdomadaire du Conseil des ministres, le 17 mai 2026. (Crédit : Capture d'écran/Bureau de la presse gouvernementale)

Lors de la réunion hebdomadaire du Conseil des ministres dimanche, le Premier ministre Benjamin Netanyahu a souhaité devancer les critiques de plus en plus vives selon lesquelles Israël n’aurait pas su se préparer à la menace que représentent les drones du groupe terroriste chiite libanais du Hezbollah.

« Il y a six ans, lors d’une réunion du Conseil des ministres, j’avais déjà mis en garde contre la menace que représentent les drones », a-t-il déclaré.

« À l’époque, je la considérais avant tout comme une menace sérieuse en tant qu’outil d’assassinat, mais depuis, bien sûr, elle a évolué. »

Il n’a pas expliqué pourquoi, au cours de ses années au pouvoir depuis cette réunion, Israël n’avait toujours pas trouvé de solution à la menace que représentent ces drones pour les soldats de Tsahal et les habitants du nord du pays.

Vendredi, le capitaine Maoz Israel Recanati, 24 ans, a été tué dans le sud du Liban, dernière victime israélienne en date des drones du Hezbollah.

« Dès le début de la guerre, et bien sûr après avoir vu la guerre en Ukraine, je me suis dit que cela pourrait également servir d’outil sur notre champ de bataille », a affirmé Netanyahu, qui entretient des relations plutôt tendues avec Kiev, leader mondial en matière de défense contre les drones tactiques.

Des filets maillés déployés sur une position militaire et un véhicule pour lutter contre les drones FPV du Hezbollah, sur une photo publiée le 14 mai 2026. (Crédit : Armée israélienne)

« À ma demande, Tsahal a installé des protections anti-drones sur les chars. »

« L’armée et le ministère de la Défense ont accompli beaucoup de choses au fil des ans – il est important de le comprendre – et ils ont déjoué plusieurs centaines, voire plusieurs milliers, de tentatives visant à frapper nos troupes à l’aide de drones », a insisté Netanyahu.

« Et ils y parviennent. Chaque fois qu’une nouvelle menace apparaît, ils réussissent à la contrer. »

À LIRE – Drones : Kiev regrette le manque « d’intérêt » des Israéliens pour son expertise

Netanyahu a indiqué avoir convoqué une équipe spéciale pour faire face à la menace des drones en vue à la première personne (FPV), pilotés par câble à fibre optique, du Hezbollah. Cette équipe s’est réunie à trois reprises au cours des deux dernières semaines.

« Ce sont les meilleurs cerveaux du pays, et à mon avis, les meilleurs du monde », a-t-il souligné.

« Lors d’une réunion que nous avons tenue il y a quelques jours, je leur ai dit quelque chose qui les a un peu surpris : ‘Vous n’avez aucune limite budgétaire’ », a-t-il ajouté.

« Peu importe le coût, il en sera ainsi. Et vous n’avez pas non plus de limites, je le sais, en matière de créativité et d’imagination – car vous êtes les meilleurs au monde. C’est pourquoi j’ai donné pour instruction à l’équipe de trouver une solution à ce problème ainsi qu’à la prochaine menace qui se présentera. »

Il a promis qu’Israël trouverait « une solution complète à ce problème ».

« Cela demande de la patience et parfois de serrer les dents », a déclaré Netanyahu.

« Mais nous avons ces deux qualités en abondance : la patience, la détermination et la capacité à relever le défi. Nous y parviendrons également. »

Bien qu’ils soient généralement moins destructeurs et plus lents que les roquettes ou les missiles, les drones peuvent poser problème, car ils sont difficiles à détecter et à suivre, et requièrent des dispositifs spécifiques pour intercepter les armes dont ils sont porteurs. En effet, leur trajectoire est très différente de celle des projectiles non guidés, qui suivent une courbe parabolique prévisible.

Les drones du Hezbollah, tirés depuis le Liban, sont particulièrement dangereux car ils laissent peu de temps pour les détecter et les intercepter.

Un drone FPV guidé par fibre optique sur une photo publiée le 7 mai 2026. (Crédit : Service des médias du Hezbollah)

Selon des responsables militaires, Tsahal parvient de mieux en mieux à les intercepter, mais la multiplication des attaques sur plusieurs fronts soumet l’armée à une pression constante, ce qui entraîne une activation 24 heures sur 24 des défenses aériennes.

Cela donne lieu à une course aux armements entre drones et dispositifs anti-drones, qui va des défenses aériennes actives au piratage des machines, en passant par leur prise de contrôle.

Selon Dominika Kunertova, chercheuse au Belfer Center for Science and International Affairs de la Harvard Kennedy School, l’utilisation de drones militaires ces dernières années a donné lieu à des « évolutions rapides », notamment le passage de drones servant de plateformes de lancement de munitions à la transformation de ces dernières avec l’essor des drones à sens unique, ou « drones suicides ».

Contrairement aux drones traditionnels qui reviennent une fois leur mission accomplie, ces aéronefs, conçus pour s’écraser sur leur cible, sont équipés d’explosifs qui se déclenchent au moment de l’impact. Ils sont donc à la fois un système d’emport et une arme.

De plus, Netanyahu a admis qu’Israël avait étendu le territoire sous son contrôle dans la bande de Gaza.

« À Gaza, nous contrôlons désormais non pas 50 %, mais 60 % de l’enclave », a-t-il déclaré.

Les cartes publiées par Israël en mars montrent une nouvelle zone d’accès restreint, au-delà des 53 % de Gaza contrôlés par Israël après le cessez-le-feu négocié par le président américain Donald Trump.

Cette zone, marquée sur les cartes par une ligne orange, représente environ 11 % de l’enclave, au-delà de la « Ligne jaune » qui délimite la partie de Gaza tenue par les troupes israéliennes depuis le cessez-le-feu d’octobre. Ces zones isolent au total près des deux tiers de la bande de Gaza.

Carte du retrait proposé des troupes de l’armée israélienne dans le cadre d’un accord visant à mettre fin à la guerre à Gaza, publiée le 29 septembre 2025. (Crédit : Maison Blanche)

« Nous resserrons notre emprise sur le Hamas », a poursuivi Netanyahu.

« Nous savons exactement quelle est notre mission, et il n’y a qu’une seule chose à faire : veiller à ce que la bande de Gaza ne constitue plus une menace pour Israël. »

Lors de la réunion hebdomadaire du Conseil des ministres, le Premier ministre n’a pas promis d’éliminer le Hamas en tant qu’organisation armée et gouvernementale, comme il l’a fait à maintes reprises depuis le 7 octobre 2023.

Évoquant l’élimination du chef de la branche armée du Hamas, Izz al-Din al-Haddad, vendredi, Netanyahu a déclaré qu’il avait promis « que tous les instigateurs du massacre et tous les instigateurs des enlèvements seraient éliminés, jusqu’au dernier ».

« Et nous sommes sur le point d’achever cette mission aussi », a-t-il ajouté.

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