Drones : Kiev regrette le manque « d’intérêt » des Israéliens pour son expertise
Selon Yevgen Korniychuk, Israël ne comprend pas que l'on n'y ait pas recours pour sauver des soldats au Liban, alors que Tsahal cherche urgemment des solutions
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Lundi, l’ambassadeur d’Ukraine en Israël s’est demandé pour quelle raison Israël semblait peu intéressé par l’aide de Kiev pour faire face à la menace des drones d’attaque du Hezbollah.
Dans une interview accordée au site d’information Ynet, Yevgen Korniychuk a déclaré qu’Israël se privait ainsi de l’occasion d’apprendre des choses de l’expertise ukrainienne, acquise au fil des années de guerre contre les drones fabriqués en Iran et déployés par la Russie.
« Nous luttons depuis un autre angle contre le même axe du mal », a déclaré Korniychuk.
« Malheureusement, il y a peu d’intérêt ou d’appétit de la part des autorités israéliennes en ce domaine. Je refuse de spéculer sur les tenants ou aboutissants de cette question », a-t-il ajouté.
Ces dernières années, du fait de la guerre ouverte par l’invasion russe, l’Ukraine a acquis une certaine expertise dans la guerre par drones et a proposé son aide à Israël pour l’aider à lutter contre cette menace, ce que Jérusalem a décliné, tentant de ménager ses intérêts entre Moscou et Kiev.
« Je parle avec des gens de tous horizons, au sein de la société israélienne, et ils ne comprennent pas qu’Israël se prive de la possibilité de sauver la vie de ses soldats », a déclaré Korniychuk au média. « La plupart des Israéliens sont aux côtés de l’Ukraine et ne comprennent pas pourquoi les Ukrainiens arrivent à gérer les drones et Israël, non. »
Ces dernières semaines, les soldats israéliens déployés près de la frontière libanaise ont été attaqués presque chaque jour par des drones explosifs du Hezbollah, lesquels ont tué et blessé des soldats. Dimanche, le réserviste israélien, l’adjudant Alexander Glovanyov, 47 ans, a été tué lors d’une attaque de drone du Hezbollah dans le nord d’Israël.
Selon le président ukrainien Volodymyr Zelensky, Kiev a offert son expertise, au motif que la lutte de son pays contre la Russie et celle d’Israël contre l’Iran et ses alliés étaient liées, du fait des liens militaires et politiques forts qui existent entre Moscou et Téhéran.
« Je crois que la Russie soutient directement l’Iran, à 100 % », a-t-il déclaré lors d’une interview en mars dernier. Et pourtant, a-t-il ajouté, « personne ne me demande d’aide. »
C’est pourtant au quotidien que les forces armées ukrainiennes neutralisent des centaines de drones conçus par l’Iran et tirés par la Russie. Lorsque l’Iran a commencé à tirer des drones au Moyen-Orient, lors de sa récente guerre contre les États-Unis et Israël, Zelensky a rapidement déployé plus de 200 experts anti-drones dans pas moins de quatre pays.
Zelensky lui-même s’est rendu officiellement en Arabie saoudite, aux Émirats arabes unis, au Qatar, en Jordanie et en Syrie, ce qui a fait de lui l’un des premiers dirigeants étrangers à se rendre dans la région en pleine guerre.
Israël, quant à lui, semble naviguer à vue en matière de lutte contre la menace toujours plus élevée des drones à vue à la première personne (FPV) du Hezbollah, qui s’en prennent obstinément aux soldats, jusqu’à plusieurs fois par jour.
Le chef d’Etat-major de l’armée israélienne, le lieutenant-général Eyal Zamir, s’est entretenu dimanche dernier avec de hauts responsables de la Défense et du renseignement sur cette question, sans qu’aucune solution opérationnelle d’ensemble n’ait été trouvée, a rapporté lundi la chaîne N12.
Selon les informations de la chaine, Zamir aurait déclaré aux représentants du ministère de la Défense, de la Direction de la recherche et du développement de la défense (MAFAT), de la Direction du renseignement militaire, du Commandement des forces terrestres de Tsahal et des unités technologiques qu’ils avaient carte blanche, budgétairement parlant, pour trouver une solution.
Le Hezbollah utilise régulièrement de petits drones à vue première personne (FPV) pour attaquer les soldats israéliens. Certains de ces drones sont guidés par une bobine de fibre optique, ce qui les rend invulnérables aux tentatives de brouillage électronique de leur signal.
La semaine passée, le chef des forces terrestres de Tsahal, le général de division Nadav Lotan, a chargé un officier supérieur de trouver des solutions contre les drones auxquels font face les soldats dans le sud-Liban.
Pour contrer les drones FPV à fibre optique, Tsahal a déployé des défenses physiques passives dans le sud-Liban, telles que des filets au-dessus des soldats, des véhicules et des avant-postes. Selon l’armée, ces mesures sont efficaces lorsque les soldats « respectent scrupuleusement la discipline opérationnelle ».
L’armée israélienne israélienne a par ailleurs déployé des radars mobiles dans le sud-Liban, qui lui servent à identifier les drones volant à différentes altitudes et en avertir les soldats, qui tentent ensuite de les abattre.
L’armée étudie et met en œuvre plusieurs méthodes pour faire abattre les drones par les soldats au sol, à l’aide de fusils à pompe à courte portée, de munitions spéciales qui se dispersent dans les airs mais aussi de tourelles automatisées.
Emanuel Fabian a contribué à cet article.
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