Ofakim : Sans Tsahal, la bravoure des habitants a empêché un massacre encore plus sanglant
L'enquête a conclu qu'une résistance indépendante a mis fin la vague d’attaques qui a coûté la vie à 25 civils, lors d'une bataille urbaine chaotique qui a couté la vie à 8 agents de sécurité
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L’armée israélienne a échoué dans sa mission de protection de la ville d’Ofakim, dans le sud du pays, lors de l’assaut sanglant et barbare mené par le groupe terroriste palestinien du Hamas le 7 octobre 2023, a conclu l’enquête militaire publiée dimanche. Elle a déterminé que l’arrêt rapide du massacre n’était pas dû à une intervention militaire, mais au courage et à l’initiative de policiers locaux, de civils armés et d’une poignée de soldats.
Le matin du 7 octobre, quinze terroristes du Hamas appartenant à l’unité dite « Nukhba » (« élite » en arabe) se sont infiltrés à Ofakim et ont lancé une attaque brutale, qui a coûté la vie à vingt-cinq civils et fait plusieurs blessés.
Alors que Tsahal a réagi lentement et s’est retrouvé pris au dépourvu, l’enquête a salué les habitants d’Ofakim pour leur résistance qui a finalement repoussé les terroristes et évité un bilan beaucoup plus lourd.
« Tsahal a échoué dans sa mission de défense de la ville d’Ofakim », conclut l’enquête de six mois menée par le brigadier général Oren Simcha et approuvée par l’ancien chef du Commandement du Sud, le major général Yaron Finkelman.
« L’arrêt rapide du massacre a été rendu possible grâce à la détermination et au courage de la police, des civils et des soldats », qui ont agi de manière indépendante sur le terrain.
Huit membres des forces de sécurité, dont des policiers et des soldats, ont perdu la vie au cours des affrontements. Tous les terroristes qui avaient pénétré dans cette ville ont été tués pendant les combats ou peu après.
L’enquête s’est appuyée sur des entretiens avec des témoins, des enregistrements vidéo et audio, des reconstitutions policières, des documents fournis par des citoyens et des renseignements recueillis a posteriori.
Les responsables militaires estiment que l’attaque contre Ofakim aurait pu être encore plus dévastatrice. Selon des documents du Hamas récupérés par les soldats israéliens, le groupe terroriste avait prévu une attaque à plus grande échelle contre la ville.
L’enquête a conclu qu’au moins une partie des terroristes initialement affectés à l’attaque d’Ofakim avaient été détournés, soit spontanément, soit de manière stratégique, vers le festival de musique Nova, situé à proximité. Ils y ont tué 364 festivaliers et en ont enlevé et emporté de force 40 autres dans la bande de Gaza.
Selon Tsahal, ces changements ont probablement été effectués en cours d’opération, les terroristes du Hamas ayant profité en temps réel du faible niveau de défense d’un rassemblement civil de grande ampleur. Selon les enquêteurs, ce changement a probablement évité à Ofakim un bilan encore plus sanglant.
Chronologie de l’attaque
L’assaut du Hamas contre Ofakim a commencé peu après 6 h 30, lorsque des roquettes se sont abattues sur la ville et ses environs dans le cadre d’une attaque surprise sans précédent menée par le groupe terroriste palestinien contre le sud d’Israël. Quelques minutes plus tard, deux camionnettes transportant quinze terroristes ont traversé la frontière israélienne et se sont dirigées vers Ofakim par la Route 241.
À 7 h 06, ils ont assassiné leur première victime, un civil qui se promenait sur une promenade à l’ouest de la ville. Peu après, ils sont entrés dans la ville par l’ouest, ouvrant le feu sur des habitations du quartier de Mishor HaGefen, puis descendant dans la rue Bayit Vegan, où ils ont commencé une série de meurtres de porte à porte.
À ce moment-là, les troupes locales de Tsahal étaient dispersées, en infériorité numérique et mal préparées. La présence militaire dans la ville était minime. Aucune unité militaire n’était en place pour bloquer l’infiltration ou intercepter les terroristes à l’intérieur de la ville.
Alors que l’attaque s’intensifiait, la défense a été confiée au commissariat d’Ofakim, dont le commandant, de retour du festival Nova, a commencé à donner des ordres d’urgence par radio, ainsi qu’aux civils qui ont pris les armes pour défendre leur quartier. Certains ont été rejoints par des soldats et des cadets de la base d’entraînement des officiers Bahad 1 de Tsahal, située à proximité.
À partir de 7 h 15, de petits groupes de policiers, de civils et de soldats ont commencé à engager le combat avec les terroristes dans toute la ville. Lors d’une première fusillade, un policier, un cadet de Bahad 1 et un civil ont formé une unité de fortune ; deux d’entre eux ont été tués et le troisième a été blessé.
Les terroristes se sont dispersés en petites cellules. Certains ont pris le contrôle de maisons, d’autres ont ouvert le feu sur des civils et des véhicules, tuant des gens au hasard. Une cellule a pris d’assaut une maison de la rue Tamar et a pris en otage le couple, David et Rachel Ederi.
À 7 h 25, les forces de défense ont commencé à repousser les terroristes. Des policiers et des civils ont tué trois terroristes du Hamas, mais deux policiers ont été tués lors des échanges de tirs. Dix minutes plus tard, une autre unité ad hoc a éliminé une deuxième cellule.
Malgré le chaos, le commandant de la police d’Ofakim est arrivé sur les lieux de la prise d’otages, rue Tamar, où il a été blessé par une grenade lancée depuis l’intérieur.
Après une première tentative d’assaut, les forces de sécurité ont compris que les Ederi étaient retenus en otage à l’intérieur. Consciente du danger qui pesait sur leur vie, la police a pris la décision cruciale d’isoler le bâtiment et de ne pas ouvrir le feu avant l’arrivée des forces spéciales.
À 9 h 10, la première compagnie de Bahad 1 a atteint la zone industrielle située à l’extérieur d’Ofakim. Bien que les cadets de Tsahal aient joué un rôle limité dans les combats, leur arrivée a contribué à stabiliser certaines parties de la ville. Peu après, la police a secouru une famille dont la maison avait été infiltrée par des terroristes, ce qui a déclenché une nouvelle fusillade au cours de laquelle les derniers terroristes armés encore actifs à découvert ont été tués vers 10 h 45.
Selon l’enquête, les défis liés à la guerre urbaine étaient considérables. Les rues étroites, la présence de civils armés et l’absence de lignes de front clairement définies rendaient les combats confus et dangereux. Les civils devaient prendre des décisions en une fraction de seconde dans des conditions chaotiques, sans pouvoir distinguer les forces amies des terroristes.
De plus, une grande partie du quartier de Mishor HaGefen ne disposait pas d’abris antiatomiques privés, contraignant de nombreux habitants à se réfugier dans des espaces publics ou à se blottir près d’abris communaux exposés, alors que les coups de feu résonnaient dans les rues, accentuant la vulnérabilité des civils.
À midi, la prise d’otages rue Tamar n’était toujours pas terminée. À 12 h 45, la responsabilité de l’opération a officiellement été transférée à l’unité antiterroriste d’élite de la police, le Yamam. Après des heures de surveillance, de coordination et de planification, les forces ont pris position.
À 2 h 25 du matin, le 8 octobre, les forces spéciales du Yamam ont pris d’assaut la maison des Ederi, tué les quatre terroristes qui s’y trouvaient et libéré les deux otages sains et saufs. Rachel Ederi a ensuite fait la Une des journaux pour avoir distrait la cellule de terroristes pendant quinze heures en leur servant du café et des biscuits.
Un dernier terroriste, découvert lors d’un ratissage du quartier, a été éliminé peu après.
Les opérations de sécurité se sont poursuivies pendant plusieurs jours, les forces israéliennes procédant à des fouilles maison par maison pour éliminer toute menace restante. La ville n’a été déclarée entièrement sécurisée que trois jours après l’assaut initial.
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