Près de Buenos Aires, une bibliothèque juive et un centre Habad attaqués ; aucun blessé
L'unité antiterroriste locale mène l'enquête après que des cocktails Molotov ont été lancés sur le Centre littéraire israélien et la bibliothèque Max Nordau à La Plata
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JTA — La semaine dernière, une bibliothèque juive et un centre Habad situés dans une banlieue de la capitale argentine ont été pris pour cible. Les responsables de la lutte antiterroriste à Buenos Aires mènent actuellement une enquête.
Jeudi soir, des cocktails Molotov ont été lancés contre le Centre littéraire israélien et la bibliothèque Max Nordau, à La Plata, comme l’indique un communiqué publié vendredi par le conseil d’administration du centre.
Selon le conseil d’administration, plusieurs individus « ont lancé un objet contondant rempli de carburant sur la façade de la bibliothèque, brisant les vitres et causant des dégâts matériels ».
L’engin n’a pas pris feu et personne n’a été blessé.
Cette bibliothèque, un centre éducatif laïc fondé en 1912 et qui promeut la culture juive argentine, a déclaré qu’elle renforçait ses mesures de sécurité à la suite de cette attaque.
Dimanche, le centre Habad de La Plata a également été attaqué, selon la DAIA (Delegación de Asociaciones Israelitas Argentinas), qui a condamné ces deux attaques.
La DAIA, qui a été la première à signaler l’attaque contre le Habad, n’a pas décrit la nature de celle-ci, se contentant d’indiquer qu’il n’y avait pas eu de blessés.
« Nous sommes profondément préoccupés par la récurrence et le court laps de temps entre ces incidents », a déclaré la DAIA dans un communiqué.
Le ministère de la Sécurité de la province de Buenos Aires et l’unité des crimes complexes et de la lutte contre le terrorisme de la police provinciale enquêtent sur ces deux attaques.
La population juive de La Plata compte environ 2 000 personnes, et son centre Habad existe depuis plus de 25 ans. L’Argentine dans son ensemble abrite la sixième plus grande communauté juive au monde et la plus grande d’Amérique latine, principalement concentrée à Buenos Aires.
« Ces actes de violence menacent la coexistence démocratique et les valeurs de respect et de pluralisme que nous défendons auprès de nos voisins », a déclaré Julio Alak, maire de La Plata.
« Nous ne laisserons pas la haine et l’intolérance trouver leur place dans notre ville. »
L’Argentine a été le théâtre de certains des attentats les plus meurtriers contre des institutions juives de l’histoire moderne. Un attentat à la bombe contre l’ambassade d’Israël à Buenos Aires, en 1992, a fait 29 morts, et un attentat contre le centre communautaire juif de l’AMIA, en 1994, a fait plus de 80 morts.
Le président argentin, Javier Milei, un économiste pro-Israël, a intensifié les efforts pour tenir le groupe terroriste chiite libanais du Hezbollah et l’Iran pour responsables de leur rôle présumé dans ces attentats, après des années de tergiversations de la part des dirigeants précédents.
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Les attaques de La Plata surviennent alors que les institutions juives du monde entier sont en état d’alerte maximale en raison d’une série d’attaques depuis le début de la guerre américano-israélienne contre l’Iran en février. Plusieurs synagogues et centres communautaires israéliens en Europe ont été la cible d’incendies criminels revendiqués par un groupuscule terroriste lié à la République islamique d’Iran.
Personne n’a été blessé lors de ces attaques.
L’Argentine a également été confrontée à des scandales antisémites d’origine locale. En septembre, une vidéo dans laquelle on voit un groupe d’élèves d’un lycée de Buenos Aires en voyage de fin d’études scander « Aujourd’hui, on brûle les Juifs » est devenue virale, suscitant la condamnation des défenseurs de la communauté juive, mais aussi celle de Milei.
Les lycéens, issus de l’école privée Escuela Humanos, voyageaient avec l’école juive ORT.
À la suite des attaques de La Plata, les commentaires sur la publication Instagram d’un média local concernant l’attaque contre le centre Habad local, dimanche, étaient truffés de tropes antisémites, notamment d’accusation de meurtre rituel et d’opérations sous « fausse bannière ».
Les observateurs de l’antisémitisme affirment que les allégations d’opérations sous « fausse bannière », selon lesquelles les attaques contre des Juifs ou des cibles israéliennes seraient en réalité des opérations mises en scène visant à susciter la sympathie pour les cibles ou à rejeter la responsabilité sur une autre partie, se sont multipliées ces dernières années.
L’équipe du Times of Israel a contribué à cet article.
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