Responsables et habitants du nord d’Israël fustigent le cessez-le-feu au Liban
"Cessez de prendre nos enfants pour des cibles faciles", dit une habitante d'Ein Yaakov ; Miri Regev reconnaît que la situation s’apparente davantage à un "cessez-le-feu perméable"
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Le maire de Kiryat Shmona, Avichaï Stern, a accusé mardi le gouvernement de mettre en péril la sécurité du nord du pays, après que lui-même et les autorités des villes voisines ont fait part de leur opposition aux mesures prises concernant le cessez-le-feu qui a été négocié par les États-Unis au Liban.
« Ce qui détermine notre sécurité en ce moment, c’est un accord entre les États-Unis, le Liban et l’Iran », a déclaré Stern à la chaîne publique Kan, alors que le groupe terroriste chiite libanais du Hezbollah poursuivait ses attaques contre le nord d’Israël et l’armée israélienne dans le sud du Liban, malgré le cessez-le-feu annoncé le 16 avril.
Et malgré son appartenance au Likud, le parti du Premier ministre Benjamin Netanyahu, Stern a déclaré que le gouvernement n’avait pas tenu sa parole envers les habitants du nord, évacués en masse lors de la précédente guerre contre le Hezbollah, et à qui on avait dit qu’ils pouvaient rentrer en toute sécurité à la suite de l’accord de cessez-le-feu du mois de novembre 2024.
« Nous avons élu notre gouvernement… une droite pure et dure pour une sécurité totale », a-t-il poursuivi.
« Or, dans la pratique, nous constatons que notre sécurité fait l’objet d’une négociation qui ne nous appartient même pas. »
« Notre sécurité n’est pas négociable. Cette menace [du Hezbollah au Liban] pèse sur nos têtes depuis des décennies », a souligné Stern.
Les responsables municipaux du nord avaient déclaré lors d’une conférence de presse lundi qu’ils imposeraient de leur propre chef des restrictions de sécurité et qu’ils suspendraient les activités scolaires, malgré une mise à jour des ordres du Commandement du Front intérieur qui avait reclassé la zone comme sûre.
Beni Ben-Muvhar, président du Conseil régional de Mevoot HaHermon, a déclaré mardi à la radio de l’armée, Galei Tsahal, que les municipalités ne pouvaient pas « envoyer les enfants à l’école dans des bus dont nous savons qu’ils sont la cible du Hezbollah ».
Il a suggéré aux décideurs israéliens de « venir vivre ici deux ou trois jours » avec leurs familles pour voir à quoi ressemble la vie sous les attaques quotidiennes du Hezbollah.
Danielle Eliyahu, une habitante du moshav Ein Yaakov, dans le nord du pays, a également critiqué la décision du Commandement du Front intérieur de rouvrir les écoles.
דניאל אליהו, תושבת עין יעקב, על ההחלטה להחזיר את הלימודים בקו העימות: "אין באמת הפסקת אש, אנחנו לא באמת בשגרה – תפסיקו להשתמש בילדים שלנו כברווזים במטווח"#רינוצרור | @RinoZror pic.twitter.com/dCAWVTIsw8
— גלצ (@GLZRadio) April 28, 2026
« Il n’y a pas vraiment de cessez-le-feu », a-t-elle déclaré au micro de Galei Tsahal.
« Cessez de prendre nos enfants pour des cibles faciles. »
Selon les termes du cessez-le-feu, Israël est autorisé à frapper le Liban en légitime défense.
Dimanche, le Premier ministre Benjamin Netanyahu a déclaré au cabinet que le Hezbollah était en train de « se disloquer » et qu’Israël cible « vigoureusement » le groupe terroriste chiite libanais, malgré les pressions rapportées du président américain Donald Trump pour mettre fin aux combats au Liban, afin de ne pas compromettre les négociations avec le régime iranien.
Face aux critiques des habitants du nord concernant l’accord sur le Liban, la ministre des Transports Miri Regev (Likud) a affirmé que le cessez-le-feu au Liban n’en était pas vraiment un.
« On ne peut pas dire que c’est un cessez-le-feu », a déclaré Regev, qui est membre du cabinet de sécurité, lors d’une interview accordée à la station de radio 103FM.
« Nous appelons cela un cessez-le-feu perméable. »
Même s’ils sont techniquement en guerre depuis la création d’Israël en 1948, les pourparlers de cessez-le-feu au Liban ont vu Israël et son voisin du nord engager des discussions directes au plus haut niveau depuis une décennie.
Depuis que le Hezbollah a lancé sa première attaque à la roquette contre Israël le 2 mars, depuis l’accord de cessez-le-feu de novembre 2024, en vertu duquel l’État libanais était tenu de désarmer le groupe terroriste, Israël a mené des frappes aériennes massives et a fait avancer ses troupes plus loin à l’intérieur du Liban.
L’accord finalisé en 2024 a mis fin à plus d’un an de conflit déclenché par le Hezbollah, un jour après le pogrom perpétré par le groupe terroriste palestinien du Hamas, un autre proxy du régime iranien, le 7 octobre 2023, qui a déclenché la guerre à Gaza.
Au cours des combats, le Hezbollah a tiré quelque 5 500 roquettes sur les soldats de l’armée israélienne opérant dans le sud du Liban, et environ 2 500 sur Israël, selon Tsahal. Au moins 75 sites d’impact de roquettes ont été identifiés en Israël.
Le Hezbollah a également lancé environ 300 drones, dont 25 ont frappé Israël, selon l’armée.
Treize soldats de Tsahal ont été tués dans le sud du Liban lors des combats contre le Hezbollah, et trois autres depuis l’entrée en vigueur du cessez-le-feu. Deux civils ont également été tués par des roquettes du Hezbollah, et un civil israélien a été tué par erreur dans le nord, lors d’un bombardement d’artillerie israélien.
Les autorités libanaises, qui ne font pas la distinction entre civils et terroristes, font état d’au moins 2 000 morts sous les frappes israéliennes et d’un million de déplacés depuis le 2 mars.
Tsahal a déclaré avoir éliminé quelque 1 900 terroristes du Hezbollah, dont des centaines de membres de la force d’élite Radwan du groupe terroriste, au cours des combats.
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