Selon le nouvel économiste favori de Trump, « difficile de ne pas aimer » le Bismarck
E.J. Antoni, candidat du président pour gérer le Bureau of Labor Statistics, a par ailleurs échangé avec l'antisémite notoire, Candace Owens, sur le victimisme allemand
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JTA — Suite à une apparition sur la chaîne de droite Newsmax en 2023, l’économiste E.J. Antoni a révélé le nom du navire de guerre qu’il utilise souvent comme décor lors de ses interviews télévisées.
« Bismarck », a répondu Antoni sur le réseau social X, en référence au gigantesque cuirassé nazi dont la mise à l’eau avait été célébrée par Adolf Hitler en personne.
À une autre occasion, il a écrit à un abonné qu’il était « difficile à ne pas aimer » le Bismarck.
Ce n’était pas la première fois qu’Antoni, le candidat du président américain Donald Trump pour diriger le Bureau of Labor Statistics (BLS), exprimait son affinité pour l’imagerie et l’histoire nazies. Il a également eu plusieurs conversations amicales avec la commentatrice Candace Owens sur X l’an dernier, alors que de nombreux membres de la droite commençaient à la désavouer en raison de son antisémitisme croissant et virulent.
Aujourd’hui, Antoni, économiste en chef du think-thank conservateur The Heritage Fondation, est sur le point de rejoindre l’administration Trump à un poste clé. Sa nomination intervient après que le président a limogé l’ancienne directrice du BLS, l’accusant sans preuve d’avoir « truqué » le rapport mensuel sur l’emploi, un baromètre très suivi des politiques économiques du président.
« Notre économie est en plein essor, et EJ veillera à ce que les chiffres publiés soient HONNÊTES et EXACTS », a écrit Trump lundi sur son réseau social Truth Social.
Si ce poste requiert toutefois la confirmation du Sénat, la nomination d’Antoni a déjà été contestée. Certains économistes conservateurs l’ont qualifié de « totalement incompétent », l’un d’entre eux affirmant qu’il était « incapable de comprendre les principes fondamentaux de l’économie ».
D’autres craignent qu’Antoni, qui a souvent critiqué le BLS et qui a ouvertement plébiscité Trump par le passé, n’apporte ce parti pris dans une agence traditionnellement indépendante et non partisane.
Cette semaine, la Maison Blanche a également indiqué que l’économiste avait été « spectateur » lors des émeutes du 6 janvier 2021 perpétrées par des partisans de Trump, précisant qu’il se trouvait sur place sans toutefois avoir pénétré physiquement dans le Capitole.
Une fascination pour les cuirassés de la Seconde Guerre mondiale
Il ressort également de ses publications sur les réseaux sociaux qu’il est féru d’histoire militaire et qu’il a des centres d’intérêt singuliers.
Sur X, il a évoqué son amour pour les navires de la Seconde Guerre mondiale des deux camps, notamment le Bismarck, l’un des plus grands navires de guerre allemands. Le navire a coulé en 1941, entraînant la mort de plus de 2 100 membres d’équipage, après avoir subi d’importants dommages infligés par les flottes britanniques au cours de plusieurs batailles. Le navire aura été en service huit mois au total.
En avril 2024, il a indiqué à l’un de ses abonnés qu’il était « difficile de ne pas aimer » le Bismarck, ajoutant qu’il ressentait la même chose pour deux navires américains : l’USS Texas, qui a combattu les nazis, et le New Jersey, qui a été stationné dans le théâtre du Pacifique pendant la Seconde Guerre mondiale, puis a participé aux opérations américaines pendant la guerre civile au Liban.
La Heritage Foundation a répondu à une demande de commentaires d’Antoni en publiant une déclaration qui, selon elle, provenait de la Maison Blanche.
« EJ est passionné d’histoire, comme beaucoup d’Américains, et il apprécie l’importance de l’histoire maritime », indiquait la déclaration.
« Son bureau est rempli d’une multitude d’objets et d’œuvres d’art représentant des cuirassés américains et d’autres navires célèbres, comme l’USS New Jersey et l’USS Missouri, qui ont participé à de grandes guerres. »
Les historiens de la marine décrivent le Bismarck comme un navire remarquable en raison de sa grande taille, de sa technologie avancée, de sa courte durée de vie et de sa destruction spectaculaire et sanglante par les Britanniques.
« La percée du Bismarck dans l’Atlantique pendant la Seconde Guerre mondiale, puis sa poursuite et sa destruction par la Royal Navy constituent l’un des épisodes les plus épiques de l’histoire navale, une histoire qui continue de fasciner », écrit l’historien Iain Ballantyne dans son livre Killing the Bismarck: Destroying the Pride of Hitler’s Fleet (« La destruction du Bismarck : la fin de la fierté de la flotte hitlérienne »), publié en 2014.
Dans son ouvrage, l’auteur décrit l’intérêt d’Hitler pour « saluer le puissant coup de pouce au prestige allemand que représentait ce nouveau navire de guerre ».
Ballantyne a également souligné l’existence d’une communauté moderne de « passionnés du Bismarck », dont certains sont fiers de dire que le navire est resté « intact au fond de la mer » une fois coulé.
Interrogé à ce sujet, Ballantyne a déclaré à la JTA que de nombreux anciens combattants et passionnés de navires éprouvent une certaine admiration pour le Bismarck.
« Les vétérans britanniques de la Seconde Guerre mondiale admiraient souvent l’architecture navale et les lignes du navire, tout en détestant la cause pour laquelle la Kriegsmarine et ses hommes se battaient », a-t-il expliqué.
« En tant que Britannique, mon admiration va aux incroyables navires de guerre et aux hommes qui ont mis fin au Bismarck », a-t-il ajouté.
Staline aurait été le véritable méchant, et non Hitler ?
Sur X, Antoni a également donné son avis sur la Seconde Guerre mondiale à une internaute précise : Owens, qui n’a cessé de tenir des propos antisémites et de se livrer à des théories du complot au cours de l’année dernière, tout en conservant ses millions d’abonnés.
Cette semaine, Owens a insinué que l’histoire populaire de l’Inquisition espagnole était une « propagande anticatholique » après avoir lu un livre d’histoire sur cette période écrit par Benzion Netanyahu, le défunt père de l’actuel Premier ministre israélien.
L’an dernier, Antoni a répondu à au moins deux publications d’Owens sur X, dans lesquelles il exprimait sa sympathie pour les Allemands pendant la Seconde Guerre mondiale.
Le premier remonte à avril 2024, peu après que le commentateur juif orthodoxe Ben Shapiro et Owens ont rompu leur collaboration en raison des critiques de plus en plus virulentes de cette dernière à l’égard d’Israël. En réponse à un message d’Owens affirmant que le traitement réservé aux Allemands après la guerre était « le plus grand nettoyage ethnique de l’histoire », Antoni lui a recommandé un livre : Stalin’s War (« La guerre de Staline »), un ouvrage révisionniste très bien accueilli qui présente Joseph Staline, et non Hitler, comme le véritable instigateur de la Seconde Guerre mondiale.
En juillet, il a répondu à nouveau à Owens, en réaction à la publication par cette dernière d’un extrait de son podcast et d’une vidéo YouTube intitulée « Littéralement Hitler : pourquoi ne peut-on pas parler de lui ? ».
À ce moment-là, la commentatrice avait été écartée d’une collecte de fonds organisée par Trump, à la suite d’une levée de boucliers conservatrice contre son adhésion à des théories du complot, son négationnisme et sa défense du suprémaciste blanc Nick Fuentes ainsi que du rappeur devenu sympathisant nazi, Kanye West.
Owens a de nouveau défendu son point de vue selon lequel les civils allemands, après la Seconde Guerre mondiale, avaient été victimes d’un « nettoyage ethnique » qui, selon elle, éclipse tout ce que les nazis avaient fait. Pour étayer son argument, elle fait référence à un « documentaire de la BBC ».
Antoni semblait d’accord, mais a avancé un autre fait historique.
« Je me demande s’il existe également un documentaire de la BBC sur les centaines de milliers de civils allemands morts de faim après la Première Guerre mondiale, parce que les Britanniques ont maintenu le blocus naval et refusé d’autoriser l’entrée de vivres, même après l’armistice », avait répondu Antoni.
Sur les réseaux sociaux, les opinions de l’économiste sur les Juifs ont continué de fluctuer.
En novembre, lorsqu’un utilisateur de X a qualifié le commentateur conservateur Richard A. Stern de « juif », Antoni l’a défendu avec une litanie pour le moins surprenante : « 2 + 2 = 4, peu importe qui le dit – un mathématicien, un Juif, Jésus-Christ, un républicain, un démocrate, Staline, Mao, Mère Teresa – les faits sont les faits, peu importe qui les proclame. »
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