Smotrich met en garde les banques contre une suppression des avantages-clients
Le ministre des Finances entend présenter un projet de loi visant à taxer les banques à hauteur de 15 % sur leurs bénéfices excédentaires, les accusant de profiter des taux d'intérêt élevés pendant la guerre
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Sharon Wrobel est journaliste spécialisée dans les technologies pour le Times of Israel.

Le ministre des Finances, Bezalel Smotrich, a averti jeudi les banques du pays qu’il doublerait la taxe proposée sur les bénéfices excédentaires des prêteurs, pour la porter à 30 %, si elles annulaient les avantages ou les programmes d’aide financière accordés à leurs clients.
« J’ai perçu une menace de la part des banques qui ont déclaré qu’elles annuleraient les avantages accordés aux consommateurs si cette taxe leur était imposée », a déclaré Smotrich.
« Si les avantages accordés aux consommateurs sont annulés, je doublerai la taxe, qui passera de 15 % à 30 %. »
Cette semaine, Smotrich avait annoncé son intention de présenter un projet de loi visant à taxer les banques à hauteur de 15 % sur leurs bénéfices excédentaires, les accusant de profiter des taux d’intérêt élevés pour augmenter leurs profits pendant la guerre, et s’engageant à mettre fin à leur emprise.
Les banques commerciales israéliennes, notamment Hapoalim, Leumi et Discount, ont engrangé des bénéfices astronomiques au cours des deux dernières années, continuant de tirer profit de taux d’intérêt élevés, de frais de crédit et d’autres commissions acquittées par des milliers de ménages et d’entreprises enlisés dans la guerre et les difficultés économiques liées au conflit avec le groupe terroriste palestinien du Hamas.
Les actions de Hapoalim ont reculé de 4 % à la clôture de la Bourse de Tel Aviv jeudi, mais affichent une hausse de 76 % depuis le début de l’année, tandis que celles de Leumi ont cédé 3,5 % après avoir progressé de 71 % depuis janvier 2025.
Dans le but de freiner la hausse de l’inflation, la Banque d’Israël, à l’instar d’autres banques centrales dans le monde, a relevé progressivement ses taux directeurs, passés d’un niveau historiquement bas de 0,1 % en avril 2022 à un pic de 4,75 %. Elle a ensuite abaissé son taux de référence de 25 points de base en janvier 2024, puis à 4,25 % le mois dernier, à mesure que l’inflation ralentissait.
Après avoir été soumises à un examen accru de l’opinion publique et à la demande de la Banque d’Israël, les banques du pays ont accepté en début d’année de mettre de côté 3 milliards de shekels sur les deux prochaines années afin de financer un nouveau programme comprenant des avantages et des assouplissements en matière de crédit et de frais, afin d’aider les ménages à faire face aux conséquences économiques de la guerre à Gaza.
« Il est inconcevable que des banques qui ont profité des hausses des taux d’intérêt au détriment des citoyens israéliens, et qui n’ont pas apporté leur aide pendant la guerre, continuent de bénéficier de taux élevés sans aucune efficacité de leur part », a déclaré Smotrich. « Au lieu d’assumer leurs responsabilités pendant la guerre, elles se sont rempli les poches. »
Selon le projet de loi proposé, une taxe spéciale de 15 % serait appliquée aux bénéfices bancaires dépassant de plus de 50 % la moyenne annuelle de leurs résultats sur la période 2018–2022.
« Une grande partie des bénéfices des banques provient des taux d’intérêt élevés », a déclaré Smotrich. « De manière injuste, ces intérêts sont répercutés rapidement et intégralement sur la population sous forme de prêts et de découverts, mais lentement et partiellement lorsqu’il s’agit de rémunérer les dépôts. »
« Il est légitime qu’une partie de ces bénéfices revienne à la population israélienne », a-t-il ajouté.
Cette surtaxe spéciale, qui s’appliquerait pendant cinq ans, devrait accroître les recettes de l’État de 1,13 milliard de shekels en 2026, puis de 1,5 milliard de shekels par an entre 2027 et 2029.
L’Association des banques israéliennes s’est fermement opposée à la surtaxe proposée, affirmant que Smotrich « prend des décisions arbitraires, sans aucune logique économique et contraires à l’intérêt public ».
« Le public doit comprendre qu’il détient environ 90 % des actions des banques et que, par conséquent, taxer les banques revient à taxer la population », a déclaré l’association, ajoutant que les plans d’épargne-retraite à long terme sont largement investis en actions bancaires.
La Banque d’Israël a également exprimé son opposition à une surtaxe sectorielle, estimant que d’autres secteurs ont eux aussi bénéficié de la hausse des taux d’intérêt.
« Il n’existe pas de différence fondamentale entre la rentabilité issue d’un investissement réussi dans un actif et celle générée par le choix d’une stratégie financière », a déclaré la banque centrale.
Smotrich a par ailleurs signé mardi un décret augmentant le plafond d’exonération de la TVA sur les importations personnelles, qui passe ainsi de 75 à 150 dollars. Il a justifié cette mesure par la nécessité d’autoriser des importations moins chères afin d’encourager la concurrence et de faire baisser les prix.
Cette mesure entrera en vigueur mercredi. La TVA, une taxe sur la consommation, est fixée à 18 % en Israël.
Smotrich a expliqué que cette mesure s’inscrit dans le cadre d’une « série de mesures importantes et de grande envergure » visant à réduire le coût de la vie, parallèlement aux efforts déployés pour réformer les secteurs bancaire et laitier.
Selon lui, toutes ces mesures reposent sur l’hypothèse que « les prix peuvent être bas ici », car « l’économie israélienne est souvent dominée par un petit nombre de monopoles puissants », ne laissant aux consommateurs qu’une illusion de choix.
Le ministre des Finances a affirmé que ce changement « obligera les monopoles à se livrer à une concurrence réelle et loyale pour gagner votre cœur et votre portefeuille ».
« Pour être meilleurs, moins chers, plus orientés vers le service et plus compétitifs. »
Cette mesure, qui a divisé les instances gouvernementales selon le journal économique The Globes, a suscité l’indignation de certains hommes d’affaires israéliens, qui l’ont considérée comme une trahison de l’industrie nationale.
Les banques de services israéliennes ont enregistré des bénéfices records au cours des deux dernières années, continuant à tirer profit des taux d’intérêt élevés et des frais payés par les détenteurs de prêts immobiliers et de prêts pendant la guerre contre le groupe terroriste palestinien du Hamas.
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