Les plans militaires américains concernant l’Iran ont atteint un stade avancé, avec plusieurs options – notamment celle de prendre pour cible des individus dans le cadre d’une attaque et même de chercher à renverser le régime à Téhéran, si le président Donald Trump en donnait l’ordre, ont déclaré deux responsables américains à Reuters.
Ces options militaires sont les derniers signaux en date indiquant que les États-Unis se préparent à un conflit sérieux avec l’Iran si les efforts diplomatiques devaient échouer. Reuters avait été le premier à rapporter, la semaine dernière, que l’armée américaine se préparait à une opération soutenue de plusieurs semaines contre l’Iran, qui pouvait inclure des frappes contre des installations sécuritaires iraniennes ainsi que des infrastructures nucléaires.
Ces dernières révélations suggèrent qu’il y a eu une planification plus détaillée et ambitieuse avant la prise de décision de Trump, qui a récemment évoqué publiquement l’idée d’un changement de régime en république islamique.
Les responsables américains, qui se sont exprimés sous couvert d’anonymat en raison du caractère sensible de la planification, n’ont pas donné plus de détails sur les personnes susceptibles d’être visées, ni sur la manière dont l’armée américaine pourrait tenter de mener à bien un changement de régime sans disposer d’une importante force terrestre.
La poursuite d’un changement de régime marquerait un nouveau revirement par rapport aux promesses faites par Trump pendant la campagne présidentielle – il avait ainsi suggéré d’abandonner les « politiques ratées », avait-il dit, des administrations précédentes, notamment les efforts militaires qui avaient visé à renverser les gouvernements en Afghanistan et en Irak.
L’un des responsables américains a souligné le succès remporté par Israël dans le ciblage des dirigeants iraniens lors de la guerre de 12 jours qui avait opposé l’État juif à l’Iran, l’année dernière. À l’époque, des sources régionales avaient indiqué à Reuters qu’au moins 20 hauts commandants avaient été tués, dont le chef d’état-major des forces armées, le général de division Mohammad Bagheri.
« La guerre de 12 jours et les frappes israéliennes contre des cibles individuelles ont vraiment montré l’utilité de cette approche », a dit le responsable américain, ajoutant que l’accent avait été mis sur les personnes impliquées dans le commandement et dans le contrôle des forces du CGRI.
Toutefois, le responsable a prévenu que le ciblage d’individus nécessitait des ressources supplémentaires en matière de renseignement. Tuer un commandant militaire particulier impliquerait de connaître son emplacement exact et de comprendre qui d’autre pourrait être blessé lors de l’opération.
Les responsables qui se sont entretenus avec Reuters ne savaient pas exactement de quelles informations disposent les États-Unis sur les leaders iraniens qui pourraient être potentiellement visés par les États-Unis.
La Maison Blanche et le Pentagone n’ont pas immédiatement répondu à nos demandes de commentaires.