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Trump : « Rien » ne compromettra la trêve à Gaza, Israël « doit riposter » si ses soldats sont tués

Le CICR dénonce la mise en scène de "découverte" des restes d’un otage par le Hamas, qui déclare avoir réussi à "récupérer" 2 autres corps, sans préciser s'il les restituera

Le président américain Donald Trump montant à bord de l'Air Force One avant de se rendre en Corée du Sud, à l'aéroport Haneda de Tokyo, le 29 octobre 2025. (Crédit : Andrew Caballero-Reynolds/AFP)
Le président américain Donald Trump montant à bord de l'Air Force One avant de se rendre en Corée du Sud, à l'aéroport Haneda de Tokyo, le 29 octobre 2025. (Crédit : Andrew Caballero-Reynolds/AFP)

Le président américain Donald Trump a déclaré mercredi que « rien ne viendrait compromettre » le cessez-le-feu à Gaza, mais a ajouté qu’Israël « devrait riposter » si ses soldats étaient tués.

Cette déclaration intervient au lendemain d’un échange de tirs entre Israël et le Hamas, alors que Jérusalem et le groupe terroriste du Hamas s’accusent mutuellement d’avoir violé l’accord de cessez-le-feu.

« Ils ont tué un soldat israélien. Les Israéliens ont donc riposté. Et ils devaient riposter », a déclaré Trump aux journalistes à bord de l’Air Force One.

« Le Hamas ne représente qu’une infime partie de la paix au Moyen-Orient, et ses membres doivent se comporter correctement. Ils ont dit qu’ils se comporteraient correctement, et s’ils se comportent correctement, ils seront heureux, mais s’ils ne se comportent pas correctement, ils seront éliminés », a-t-il poursuivi, faisant référence à l’accord conclu lorsque ses principaux collaborateurs ont rencontré les négociateurs en chef du Hamas en Égypte, juste avant la conclusion d’un accord de cessez-le-feu.

Au début du mois, un haut responsable de l’administration Trump avait indiqué aux journalistes que l’envoyé spécial américain Steve Witkoff et Jared Kushner, conseiller de Trump, avaient donné l’assurance verbale au Hamas que Washington veillerait à ce qu’Israël respecte les termes de l’accord et ne reprenne pas les hostilités tant que le groupe terroriste palestinien respecterait ses engagements.

« Nous avons effectivement rencontré des personnes [qui] dirigeaient [le Hamas], et… je pense qu’elles sont mécontentes quand elles voient des gens se faire tuer », a déclaré le président américain.

L’envoyé spécial américain pour le Moyen-Orient, Steve Witkoff, s’adressant aux médias, aux côtés du vice-président américain, JD Vance, et de Jared Kushner, à Kiryat Gat, le 21 octobre 2025. (Crédit : Francisco Seco/AP Photo)

Trump a affirmé que les responsables du Hamas avaient déclaré à ses conseillers Witkoff et Kushner qu’ils désarmeraient, mais le groupe terroriste a maintes fois démenti cette information.

Le plan complet en vingt points de Trump pour mettre fin à la guerre à Gaza, dévoilé le mois dernier, prévoit « un processus de démilitarisation de Gaza sous la supervision d’observateurs indépendants ». Cet élément figurait toutefois dans la seconde partie du plan, que Witkoff et Kushner ont décidé d’exclure de l’accord signé le 9 octobre. Ce dernier se concentrait uniquement sur le cessez-le-feu initial, l’échange d’otages et de prisonniers palestiniens incarcérés pour atteinte à la sécurité en Israël, le retrait de l’armée israélienne et l’aide humanitaire. Les questions plus épineuses relatives à la gestion de Gaza après la guerre et au désarmement du Hamas ont été reportées à plus tard.

Trump a de nouveau affirmé que de nombreux pays avaient contacté les États-Unis pour leur faire part de leur volonté d’aider à « éliminer » le Hamas si nécessaire, ajoutant que le Japon avait proposé, lors de sa visite mardi, d’envoyer des « experts » dans la région.

Des diplomates arabes et européens ont toutefois démenti à plusieurs reprises cette affirmation dans des entretiens accordés au Times of Israel, expliquant que les pays pourraient être disposés à envoyer des troupes pour aider à stabiliser Gaza après la guerre, en sécurisant les frontières, en apportant une aide humanitaire et en formant la police palestinienne, mais qu’ils ne sont pas prêts à risquer la vie de leurs propres soldats en entrant en combat contre le groupe terroriste palestinien du Hamas pour tenter de le désarmer.

Quelques heures avant l’intervention de Trump, le vice-président américain, JD Vance, a également estimé que la trêve tiendrait malgré la recrudescence des combats mardi.

« Le cessez-le-feu tient bon. Cela ne signifie pas pour autant qu’il n’y aura pas de petites escarmouches ici et là », a déclaré Vance aux journalistes lors d’une visite au Capitole.

« Nous savons que le Hamas ou quelqu’un d’autre à Gaza a attaqué un soldat de Tsahal », a-t-il ajouté, s’abstenant toutefois d’attribuer définitivement la responsabilité à ce groupe terroriste.

« Nous nous attendons à ce que les Israéliens réagissent, mais je pense que la paix instaurée par le président tiendra malgré tout », a ajouté Vance.

Le vice-président a fait ces déclarations après qu’une vague de frappes aériennes a été lancée par l’armée israélienne sur la bande de Gaza, en réponse à une attaque terroriste contre des soldats à Rafah. Le Hamas a affirmé ne pas être à l’origine de cette attaque.

Les combats ont éclaté alors que la colère gronde en Israël face au refus du Hamas de restituer les corps des treize derniers otages morts qu’il détient toujours.

Cette colère s’est aggravée dans la journée de mardi, lorsque Tsahal a diffusé des images montrant le Hamas mettant en scène la fausse découverte de restes humains appartenant à Ofir Tzarfati, devant les représentants de la Croix-Rouge, avant de les leur remettre lundi soir.

Le corps d’Ofir avait été retrouvé par l’armée israélienne dans la bande de Gaza en décembre 2023, moins de deux mois après son enlèvement lors du pogrom perpétré par le groupe terroriste palestinien le 7-Octobre.

Des terroristes du Hamas en train de mettre en scène la récupération des restes d’un otage, à Gaza-City, le 27 octobre 2025. (Crédit : Armée israélienne)

Le Comité international de la Croix-Rouge (CIRC) a publié mardi un communiqué inhabituel dans lequel il critique les terroristes palestiniens du Hamas pour avoir mis en scène la fausse découverte de restes d’un otage.

Le corps a été enterré dans le sol, puis le groupe terroriste palestinien a appelé les équipes de la Croix-Rouge pour qu’elles le récupèrent en leur présence.

Le CICR a déclaré avoir « connaissance » des images diffusées par l’armée israélienne montrant la scène.

L’organisation a précisé avoir « accepté d’être présente en toute bonne foi dans son rôle d’intermédiaire neutre entre les parties » et que son personnel « n’avait pas été informé qu’un défunt avait été placé là avant son arrivée, comme le montrent les images ».

« Notre équipe a seulement observé ce qui semblait être la récupération de restes humains, sans avoir connaissance des circonstances qui y ont conduit », poursuit le communiqué.

« Il est inacceptable qu’une fausse récupération ait été mise en scène, alors que tant de choses dépendent du respect de cet accord et que tant de familles attendent toujours avec anxiété des nouvelles de leurs proches. »

« Le CICR fait part de ses préoccupations directement aux parties. Nous réitérons de toute urgence notre appel pour que les restes humains soient traités de manière digne, dans le respect des obligations du droit international humanitaire et des normes médico-légales. La restitution des restes humains à leurs proches ne devrait jamais être une question politique. »

Le Hamas a parallèlement informé mardi soir les médiateurs du Moyen-Orient qu’il restait engagé dans le cessez-le-feu avec Israël à Gaza, faisant écho à une déclaration qu’il a depuis publiée, a déclaré une source proche du dossier au Times of Israel.

Des membres de la Croix-Rouge observant une opération visant à récupérer le corps d’un otage mort, dans le quartier d’al-Tuffah, à Gaza-City, le 27 octobre 2025. (Crédit : Omar al-Qattaa/AFP)

Dans son message transmis aux médiateurs égyptiens, qataris et turcs, le Hamas a insisté sur son engagement à restituer les corps des otages restants dans les plus brefs délais. Israël a rejeté cette affirmation, soulignant la mise en scène de la découverte du corps d’Ofir.

Le bureau du Premier ministre Benjamin Netanyahu a déclaré au Times of Israel qu’Israël avait informé l’administration Trump de sa décision de frapper Gaza-City en réponse aux violations du cessez-le-feu par le Hamas, après que le Premier ministre a ordonné ces frappes.

« Le Premier ministre a pris la décision de mener cette frappe, a donné l’ordre à l’armée de l’exécuter, puis en a informé les États-Unis », a indiqué le bureau de Netanyahu.

Un responsable américain et un responsable israélien ont déclaré au Times of Israel que Jérusalem avait informé Washington une fois la décision prise, mais avant de frapper.

Le président américain Donald Trump (à gauche) s’entretenant avec le Premier ministre Benjamin Netanyahu, à la Knesset, à Jérusalem, le 13 octobre 2025. (Crédit : Evelyn Hockstein/Pool via AP)

« Nous avons été informés », a déclaré un responsable de l’administration Trump, soulignant que le Centre de coordination civilo-militaire dirigé par les États-Unis à Kiryat Gat, chargé de superviser le cessez-le-feu et de suivre les progrès du plan de paix de Washington pour Gaza, avait facilité la communication entre les deux parties.

Un responsable israélien a confirmé que « des discussions avaient eu lieu avec les Américains » concernant la réponse prévue par Israël avant que les frappes ne soient menées.

Selon les responsables, ces discussions ont eu lieu tant au niveau politique que militaire.

Même avant l’attaque de mardi à Rafah, des discussions avaient eu lieu entre le bureau du Premier ministre et la Maison Blanche sur la manière de réagir au refus du Hamas de restituer les corps des otages morts toujours détenus à Gaza, d’après un reportage de la chaîne N12 qui citait des responsables israéliens et américains.

Un char et un hélicoptère de l’armée israélienne en opération à Gaza, sur une photo non datée publiée le 24 octobre 2025. (Crédit : Armée israélienne)

Netanyahu a d’abord hésité à autoriser une riposte militaire à Gaza pour ces violations en raison de la réticence des États-Unis, mais il a finalement décidé de le faire après l’attaque contre les troupes à Rafah, a précisé la chaîne.

Quelques heures avant que des soldats ne soient attaqués à Rafah, Netanyahu avait demandé à Trump son feu vert pour une riposte militaire contre le Hamas, mais ne l’avait pas obtenu avant que cette attaque ne se produise, a précisé la chaîne.

Un peu plus tôt mardi, Israël a partagé avec Washington et la CIA la vidéo de la mise en scène de la récupération des restes de d’Ofir, affirmant qu’il s’agissait d’une violation du cessez-le-feu.

Cependant, selon la chaîne N12, de hauts responsables de l’administration Trump ont déclaré à leurs homologues israéliens qu’ils ne considéraient pas ces images comme une violation flagrante et ont exhorté Israël à ne pas prendre de « mesures radicales » qui pourraient compromettre la trêve. Ils ont plutôt suggéré de lancer un ultimatum plus sévère au Hamas pour qu’il restitue les corps dans les 72 heures, après quoi Israël recevrait le feu vert des États-Unis pour agir ou étendre la « Ligne jaune » de contrôle de Tsahal à l’intérieur de Gaza.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu s’exprimant lors d’une séance plénière le jour de l’ouverture de la session d’hiver de la Knesset, à Jérusalem, le 20 octobre 2025. (Crédit : Chaïm Goldberg/Flash90)

Lors de sa première réunion avec les responsables de la défense, mardi, Netanyahu n’a approuvé aucune réponse et a souligné qu’Israël devait consulter Washington avant d’agir.

Cependant, à la suite de l’attaque de Rafah, Netanyahu a tenu une réunion restreinte du cabinet de sécurité, au cours de laquelle il a décidé de reprendre les frappes aériennes sur Gaza et de faire avancer les plans visant à étendre la Ligne jaune – des mesures qui sont désormais au centre des discussions en cours avec l’administration Trump sur la marge de manœuvre dont Israël devrait disposer, selon le reportage de N12.

Netanyahu a insisté sur le fait qu’Israël est un État souverain qui prend ses propres décisions en matière de sécurité nationale, alors que des rumeurs de plus en plus insistantes laissent entendre que les décisions clés concernant l’avenir de la bande de Gaza sont prises à Washington.

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