Tsahal salue les habitants d’Ein Habesor qui ont repoussé le Hamas le 7-Octobre – enquête
Abandonnés à leur sort et armés d’une poignée de fusils, les membres de la brigade locale ont combattu les terroristes envahissant le sud et évacué les blessés sous le feu ennemi
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Stav Levaton est correspondante militaire pour le Times of Israel.

Une enquête interne a conclu que l’armée avait échoué à défendre la communauté d’Ein Habesor, située à la frontière avec Gaza, lors du pogrom perpétré dans le sud d’Israël par le groupe terroriste palestinien du Hamas le 7 octobre 2023, laissant les habitants du moshav se défendre seuls contre l’assaut.
L’enquête de l’armée israélienne, dont la publication a été autorisée vendredi, a révélé que la brigade de réserve du moshav et d’autres habitants ont combattu avec bravoure, repoussant les terroristes et sauvant la communauté, alors que l’armée peinait à comprendre la situation ou à organiser sa riposte.
Au total, seuls deux habitants ont été blessés lors du pogrom et le moshav a subi peu de dégâts, échappant ainsi au sort d’autres localités qui ont vu, ce jour-là, des dizaines de leurs habitants assassinés, kidnappés ou soumis aux exactions commises par les terroristes envahisseurs.
L’enquête indique qu’environ 16 terroristes armés venus de Gaza ont attaqué Ein Habesor, mais ont été contraints de battre en retraite face à l’équipe de sécurité locale. L’enquête félicite les habitants pour avoir organisé de manière indépendante les opérations de sauvetage et d’évacuation sous le feu ennemi.
Les enquêteurs ont établi que le moshav, situé à environ sept kilomètres de la frontière avec Gaza, ne figurait pas parmi les cibles initiales du Hamas : les terroristes s’y seraient rendus par erreur après avoir perdu leur carte en route vers les bases de Tsahal près de Urim.
Ces conclusions s’ajoutent à une série d’enquêtes détaillant une quarantaine de combats et de massacres meurtriers qui ont eu lieu lors du pogrom du Hamas le 7 octobre, au cours duquel environ 5 600 terroristes ont franchi la frontière, pour assassiner plus de 1 200 personnes en territoire israélien et en kidnapper 251 pour les emmener en otages dans la bande de Gaza.
L’enquête sur Ein Habesor, menée par le colonel (Rés.) Ziv Beit Or et approuvée par l’ancien chef du commandement du Sud, le général de division Yaron Finkelman, s’appuie sur des mois de témoignages, de reconstitutions du champ de bataille, de vidéos de surveillance, de publications sur les réseaux sociaux, ainsi que sur des documents et informations des services de renseignement.
Chronologie de l’assaut
L’assaut a commencé à 6 h 29, heure à laquelle le Hamas a lancé un intense barrage de roquettes sur l’ouest du Néguev, notamment sur Ein Habesor et les bases militaires et communautés voisines. Sous ce couvert, les terroristes ont traversé la frontière depuis Gaza en véhicules et à pied, submergeant rapidement le 51ᵉ bataillon de la brigade Golani responsable du secteur.
L’infiltration simultanée de milliers de terroristes armés sur des dizaines de sites a paralysé les capacités de commandement et de contrôle de l’armée, retardant l’arrivée des renforts au moshav.
Alors que les sirènes retentissaient pour avertir de l’arrivée des roquettes, le coordinateur de la sécurité d’Ein Habesor a commencé à préparer les défenses de la communauté. Il a mobilisé une équipe locale en alerte ainsi que des volontaires qui avaient auparavant formé un groupe de patrouille civile destiné à lutter contre la criminalité dans la région.
Il a divisé le moshav en secteurs de défense et a attribué des missions alors que les premiers rapports commençaient à arriver faisant état d’infiltrations dans d’autres communautés avoisinantes.
Un habitant a confié plus tard au Times of Israel que le moshav ne disposait que de quatre fusils pour se défendre, en raison de vols survenus récemment. Selon l’enquête de Tsahal, la communauté ne disposait pas d’arsenal centralisé.
Vers 7 h 50, une camionnette transportant la plupart des 16 terroristes, accompagnée d’une moto avec deux autres terroristes, a atteint une station-service voisine, adjacente au moshav voisin de Magen. Les terroristes ont pillé des provisions et de l’argent avant de poursuivre leur route vers le sud sur la route 232, qui les a conduits à l’extrémité ouest d’Ein Habesor.
Après avoir initialement bifurqué sur un chemin de terre à l’ouest du moshav, la camionnette est rapidement revenue sur la route principale et s’est arrêtée à un carrefour qui marquait l’entrée ouest d’Ein Habesor, une communauté rurale d’environ 1 300 habitants.
Quelques secondes plus tard, à 7 h 54, les terroristes ont ouvert le feu. Quatre membres de la brigade d’intervention, postés à l’entrée principale de la communauté, ont riposté. Quelques minutes après le début des échanges de tirs, un membre de la brigade de sécurité a été blessé et rapidement évacué.
Au même moment, un autre groupe de terroristes a tenté de franchir une clôture dans le coin nord-ouest du moshav. Un membre de l’équipe de sécurité a tiré sur les terroristes, touchant au moins l’un d’entre eux, avant d’être lui-même blessé.
Les combats pour protéger la communauté se sont poursuivis jusqu’à 8 h 08. Les terroristes ont tiré une roquette antichar (RPG) qui a frappé un arbre, puis ont commencé à se retirer vers le nord.
À 8 h 26, les terroristes en retraite ont croisé une unité de la brigade Golani qui tentait d’atteindre le moshav. Les soldats ont tué plusieurs terroristes et fait fuir les autres vers le sud et l’ouest.
Avec l’unité Golani se trouvait le commandant régional de la police des frontières d’Eshkol et un officier communautaire, qui s’étaient joints aux soldats après avoir affronté plusieurs des terroristes à la station-service de Magen.
Les terroristes qui ont réussi à s’échapper ont ensuite atteint le kibboutz voisin de Nir Oz, qu’ils ont violemment attaqué, avant de se replier vers Gaza.
À la suite des échanges de tirs, les soldats et les agents de la police des frontières sont entrés dans le moshav par la porte principale et, vers 8 h 30, les habitants ont commencé à évacuer les blessés par leurs propres moyens.
La première victime, identifiée dans les rapports de l’époque comme étant Eldad Gepner, 48 ans, a été conduite par son frère Yftach vers la route 241 par la porte est du moshav, mais leur véhicule a été pris sous le feu près du carrefour de Maon. Eldad a été touché à nouveau, cette fois plus grièvement.
« J’ai vu deux camionnettes avec environ 10 terroristes dans chacune et environ cinq motos avec deux hommes chacune », a raconté Yftach Gepner au Times of Israel quelques jours après l’attaque. « Je ne comprenais pas ce que je voyais. Ils ont commencé à nous tirer dessus. Je n’avais pas d’arme. J’étais en short. »
Gepner se souvient avoir fait marche arrière sur un chemin de terre, poursuivi par des terroristes à moto, touchant son frère dans le dos et les fesses.
« Il souffrait énormément », a-t-il confié. « J’ai fait un virage fou et j’ai roulé à 150 kilomètres à l’heure vers la porte arrière du moshav. »
On lui a conseillé de ne pas tenter une nouvelle évacuation par ses propres moyens. Eldad a finalement été transporté dans une ambulance privée conduite par un habitant et escortée par un autre véhicule, qui a longé le ruisseau Nahal HaBesor.
Selon l’enquête, l’ambulance privée a ensuite rejoint un véhicule de transport médicalisé qui a transféré le blessé à l’hôpital Soroka.
Le second résident blessé a été soigné sur place puis également évacué vers Soroka plus tard dans la journée.
L’enquête conclut que Tsahal a échoué dans sa mission de protection d’Ein Habesor et que la défense de la communauté a reposé presque entièrement sur ses habitants – constat similaire à celui dressé dans plusieurs autres localités.
Malgré l’absence de soutien militaire, la brigade locale d’intervention, dirigée par le coordinateur de la sécurité et ses adjoints, a combattu avec courage et efficacité, repoussant les terroristes et évitant un massacre, indique le rapport.
L’enquête révèle également que Tsahal a eu du mal à établir une image claire de la situation opérationnelle dans la région, en raison de pannes de communication généralisées et de combats simultanés sur plusieurs sites. Ce n’est que dans l’après-midi du 7 octobre que les commandants ont pu se faire une idée complète des événements à Ein Habesor et ailleurs.
Dans les jours qui ont suivi, la bataille, les habitants ont continué à sécuriser eux-mêmes le moshav, faute de soutien des forces de sécurité officielles. Ils ont également mis en place un centre de commandement local pour coordonner les interventions d’urgence, informer la population et organiser l’évacuation des civils vers des zones plus sûres.
Tsahal a salué l’héroïsme des habitants d’Ein Habesor, soulignant que leurs actions – tant au combat que dans le sauvetage des blessés – avaient permis d’éviter un massacre semblable à ceux perpétrés dans d’autres communautés le long de la frontière avec Gaza.
la Communauté du Times of Israël !







