Un géant de la finance renvoyé devant le tribunal aux côtés d’escrocs en ligne présumés
Le juge d'instruction parisien a ordonné le renvoi de Worldpay et des neuf personnes qu'il décrit comme les responsables de cette escroquerie, répartis entre la France et Israël
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Le géant britannique des solutions de paiement Worldpay a été renvoyé devant le tribunal correctionnel aux côtés des responsables présumés d’une vaste escroquerie en ligne, une décision rare qui nourrit l’espoir de dizaines d’épargnants ruinés de retrouver leurs fonds, a-t-on appris mercredi de sources proches du dossier.
Au terme d’une enquête de dix ans, un juge d’instruction parisien a ordonné cet été le renvoi du géant britannique des paiements en ligne, et des neuf personnes qu’il décrit comme les responsables de cette escroquerie, répartis entre la France et Israël, a-t-on appris auprès de ces sources, confirmant une information de Challenges.
Recrutées sur internet et démarchées par téléphone avec des promesses de gain vertigineux, les victimes croyaient investir sur le marché de changes (Forex). Mais l’argent aurait été détourné en direction d’une myriade de comptes bancaires aux quatre coins du monde. Le préjudice est évalué à au moins 35 millions d’euros.
L’originalité du dossier tient à la mise en examen puis au renvoi devant le tribunal de Worldpay, qui fournissait ses solutions de paiement à l’une des sociétés créée par les fraudeurs, aux Pays-Bas, aux côtés des architectes de la fraude et des rabatteurs qui persuadaient les victimes d’investir leurs économies.
La justice reproche au groupe d’avoir fermé les yeux sur les agissements des escrocs présumés, alors même que leurs sites internet figuraient sur une liste noire publiée par l’Autorité des marchés financiers (AMF).
Worldpay n’a pas cru bon contrôler si l’activité de la société avec laquelle elle était en affaires, et par laquelle transitaient les millions d’euros dérobés aux clients, était légale. Elle s’est contentée de l’assurance verbale que tout était en règle. Le groupe sera jugé pour « complicité d’exercice illégal de l’activité de prestataire de service de paiement », ont ordonné les magistrats en juillet.
Pour les dizaines de victimes, retraités ruinés ou étudiants qui ont dilapidé leur prêt dans l’affaire, le renvoi d’une multinationale devant la justice nourrit l’espoir d’éponger une partie de leurs pertes. « Cette affaire est très importante pour les victimes (et cela) va leur permettre d’être enfin indemnisées des pertes financières subies », souligne Me Hélène Feron-Poloni, pour les parties civiles.
Contacté par l’AFP, Worldpay « estime que son implication dans cette affaire est infondée », souligne que les faits « remontent à près de 15 ans » et se dit « prête à défendre sa position lors du procès », prévu en mars 2026. « Worldpay s’engage à respecter les normes les plus strictes en matière de conformité réglementaire dans la prestation de ses services », ajoute le groupe.
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