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Un groupe juif américain conteste la comparaison du pape entre camps pour réfugiés et « camps de concentration »

"Il n'y a aucune comparaison possible avec l'ampleur de cette tragédie," affirme l'AJC

Le pape François pendant la bénédiction "Urbi et Orbi", au balcon central de la basilique Saint-Pierre du Vatican, le 25 décembre 2015. (Crédit : Franco Origlia/Getty Images via JTA)
Le pape François pendant la bénédiction "Urbi et Orbi", au balcon central de la basilique Saint-Pierre du Vatican, le 25 décembre 2015. (Crédit : Franco Origlia/Getty Images via JTA)

L’AJC (American Jewish Committee) affirme que tandis que les conditions des migrants sont difficiles et qu’elles méritent de retenir « l’attention internationale », aucune comparaison ne peut toutefois être établie avec les « camps de concentration ».

Un groupe juif américain a demandé dans la soirée de samedi au Pape François de retirer les propos qu’il avait tenus en début de journée alors qu’il s’était référé aux camps de réfugiés européens comme à des « camps de concentration ».

« Les conditions dans lesquelles les migrants vivent actuellement dans certains pays européens peuvent bien être difficiles et méritent d’attirer davantage l’attention internationale mais elles ne sont certainement pas celles des camps de concentration », a déclaré David Harris, directeur de l’AJC (American Jewish Comitee) dans un communiqué.

« Les nazis et leurs alliés avaient érigé et utilisé des camps de concentration pour un travail d’esclave et l’extermination de millions de personnes durant la Deuxième guerre mondiale. Il n’y a aucune comparaison possible avec l’ampleur de cette tragédie ».

Le pape François a dénoncé samedi les « camps de concentration » pour réfugiés, lors d’une cérémonie pour les « martyrs chrétiens » marquée par un hommage au prêtre Jacques Hamel, assassiné en France par des jihadistes en 2016.

S’écartant du texte prévu, le pontife a critiqué « ces camps de réfugiés – dont de nombreux sont des camps de concentration bondés – en raison d’accords internationaux qui semblent plus importants que les droits de l’homme », lors de la cérémonie en la basilique de Saint-Barthélemy sur l’île Tibérine, au coeur de Rome.

Il a raconté avec émotion l’histoire d’un musulman, père de trois enfants, rencontré dans un camp de migrants en Grèce, qui lui a confié avoir vu sa femme chrétienne égorgée devant lui.

« Il m’a regardé et m’a dit : ‘Père, je suis musulman et ma femme était chrétienne. Nous avons été terrorisés dans notre pays … Ils ont vu un crucifix et ils lui ont dit de leur jeter. Comme elle refusait, ils lui ont coupé la gorge devant mes yeux. Nous nous aimions tant' », a raconté le pontife.

« Je ne sais pas ce qu’il lui est arrivé, s’il a réussi à sortir de ce camp de concentration pour aller ailleurs ».

La cérémonie d’hommage aux « nouveaux martyrs chrétiens » a également été marquée par un hommage de Roselyne Hamel à son frère, le prêtre français de 85 ans égorgé le 26 juillet dans l’église de Saint-Etienne-du-Rouvray (ouest) par deux jihadistes de 19 ans.

L’attentat dans cette église, une première en Europe, a bouleversé la France déjà traumatisée par des attaques sanglantes (238 morts).

« Pour nous, la famille, évidement, la douleur et le vide restent mais c’est un grand réconfort de voir combien de nouvelles rencontres, combien de solidarité et d’amour sont engendrés par le témoignage de Jacques », a-t-elle dit.

« Par sa mort il est devenu un frère universel », a-t-elle ajouté, rappelant que son frère avait dit « va t’en Satan » à ses meurtriers.

« En effet, tuer au nom de Dieu est toujours satanique. Sa mort est en ligne avec sa vie de prêtre qui a été (…) une vie donnée pour l’Eglise et pour les gens, notamment pour les plus démunis », a-t-elle dit.

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