Un haut responsable du Hamas est réapparu depuis la frappe israélienne à Doha
Au cours d'une interview, Ghazi Hamad a déclaré que les dirigeants du groupe discutaient de la proposition de trêve lorsqu'ils ont été attaqués
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Nurit Yohanan est la correspondante du Times of Israel pour le monde arabe et palestinien.

Ghazi Hamad, l’un des principaux dirigeants du groupe terroriste palestinien, est apparu mercredi sur la chaîne qatarie Al-Jazeera lors d’un entretien diffusé en direct, devenant le premier haut responsable du Hamas à refaire surface depuis l’attaque israélienne sur Doha, le 9 septembre.
Hamad, qui a fui Gaza peu avant le pogrom perpétré par le Hamas le 7 octobre 2023 qui a déclenché la guerre actuelle, a confirmé à Al-Jazeera qu’il se trouvait sur place au moment de l’attaque. Cette apparition publique est le dernier signe en date que ces frappes ont échoué à éliminer les dirigeants du groupe terroriste.
Dans cette interview accordée depuis Doha, Hamad, un drapeau « palestinien » et un étendard du Hamas en guise de décor, raconte comment il a échappé à l’attaque.
Ce jour-là, « nous étions en réunion, la délégation des négociateurs et quelques-uns de nos frères [du Hamas et] nous avions commencé à étudier la proposition […] américaine » de cessez-le-feu à Gaza, a-t-il dit.
« Moins d’une heure [plus tard] nous avons entendu le bruit d’un gros bombardement » [et] nous sommes partis rapidement parce que nous savions sans l’ombre d’un doute qu’il s’agissait d’une attaque ciblée israélienne. »
« Les missiles se sont abattus successivement, sans pause : environ 12 projectiles en moins d’une minute », a-t-il poursuivi.
« Dieu nous a destinés à survivre à cette agression perfide contre nous et notre pays frère, le Qatar. »
Six personnes, dont un officier qatari, ont été tuées dans cette frappe, mais tous les hauts dirigeants du groupe terroriste auraient survécu. Le Qatar accueille les dirigeants de la branche politique du Hamas depuis 2012.
Selon des sources proches du Hamas, cinq autres dirigeants du groupe terroriste se trouvaient avec Hamad à Doha dans la bâtiment visé par Israël : Khalil al-Hayya, négociateur en chef, Khaled Meshaal, ancien numéro un et Zaher Jabarin, chef pour la Cisjordanie, ainsi que Bassem Naïm et Taher al-Nounou, membres de la branche politique.
L’un des fils de Hayya a été tué dans la frappe israélienne. Le Hamas a depuis affirmé que ce dernier était vivant, sans toutefois fournir de preuve.
La tentative d’assassinat des dirigeants du Hamas, le 9 septembre, a suscité une condamnation internationale. Toutefois, le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, a averti le Qatar qu’il devait soit expulser les responsables du Hamas, soit « les traduire en justice ».
« S’il ne le fait pas, nous le ferons », a-t-il promis.
Hamad a déclaré que Washington manquait de crédibilité en tant que médiateur dans les pourparlers visant à parvenir à un accord de cessez-le-feu, évoquant l’expérience « amère » du Hamas dans les efforts de trêve.
En réponse à l’avertissement de Trump, qui a déclaré que « LES JEUX SERONT FAITS » si le Hamas utilisait les otages comme boucliers humains, Hamad a déclaré que le président américain « ne nous fait pas peur », ajoutant que les captifs sont détenus conformément aux « croyances et aux principes islamiques ».
« Nous traitons les prisonniers conformément à nos valeurs, et malgré les massacres perpétrés contre notre peuple, c’est l’occupation [israélienne] elle-même qui les met en danger », a-t-il ajouté.
Le Hamas qualifie les otages qu’il détient de « prisonniers ».
Plusieurs otages ont été assassinés par leurs geôliers pendant leur captivité. Les otages qui ont été secourus ou relâchés ont expliqué avoir été torturés, notamment battus, abusés sexuellement, maltraités psychologiquement et affamés, alors que leurs bourreaux ne manquaient pas de nourriture. Une récente vidéo montrait l’otage Evyatar David dans un état squelettique, contraint de creuser sa propre tombe.
Israël est en guerre contre le Hamas depuis le 7 octobre 2023, date à laquelle quelque 6 000 Gazaouis dont 3 800 terroristes dirigés par le Hamas ont pris d’assaut des communautés du sud d’Israël, tué plus de 1 200 personnes, principalement des civils, enlevé 251 otages de tous âges, et commis de nombreuses atrocités et en utilisant la violence sexuelle comme arme à grande échelle.
Israël a réagi en lançant une campagne militaire dont l’objectif vise à détruire le Hamas, à l’écarter du pouvoir à Gaza et à libérer les otages. Les groupes terroristes de la bande de Gaza détiennent 50 otages, dont 47 des 251 personnes enlevées par les terroristes du Hamas le 7 octobre 2023. Vingt d’entre eux seraient encore en vie.
Le ministère de la santé de Gaza, contrôlé par le Hamas, affirme que plus de 64 000 personnes ont été tuées ou sont présumées mortes dans les combats jusqu’à présent. Ce bilan, qui ne peut être vérifié et qui ne fait pas la distinction entre terroristes et civils, inclut les quelque 20 000 terroristes qu’Israël affirme avoir tués au combat et les civils tués par les centaines de roquettes tirées par les groupes terroristes qui retombent à l’intérieur de la bande de Gaza.
Israël affirme s’efforcer de minimiser les pertes civiles et souligne que le Hamas utilise les Gazaouis comme boucliers humains, en menant ses combats depuis des zones civiles, notamment des maisons, des hôpitaux, des écoles et des mosquées.
Le bilan de l’offensive terrestre israélienne contre le Hamas à Gaza et des opérations militaires menées le long de la frontière avec la bande de Gaza s’élève à 465 morts. Ce bilan inclut un officier de police tué lors d’une mission de sauvetage d’otages et des civils qui travaillaient comme sous-traitant pour le ministère de la Défense.
L’AFP et l’équipe du Times of Israel ont contribué à cet article.
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