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Les Gazaouis crient famine pendant que les terroristes du Hamas festoient dans un tunnel

Le ministère des Affaires étrangères, qui rejette l'alerte lancée par des ONG humanitaires concernant une "famine massive" à Gaza, les accuse d'être à la solde du Hamas

Capture d'écran d'une vidéo non datée montrant des membres présumés du Hamas dégustant des fruits frais dans un tunnel sous la bande de Gaza, partagée par le porte-parole arabe de l'armée israélienne le 23 juillet 2025. (Capture d'écran/armée israélienne)
Capture d'écran d'une vidéo non datée montrant des membres présumés du Hamas dégustant des fruits frais dans un tunnel sous la bande de Gaza, partagée par le porte-parole arabe de l'armée israélienne le 23 juillet 2025. (Capture d'écran/armée israélienne)

Le gouvernement israélien a déclaré mercredi qu’il n’était pas responsable de la pénurie chronique de nourriture dans la bande de Gaza et accusé le groupe terroriste islamiste palestinien du Hamas d’avoir délibérément créé une crise.

« À Gaza aujourd’hui il n’y a pas de famine causée par Israël », a déclaré le porte-parole du gouvernement, David Mencer, après la mise en garde lancée par plus de 100 ONG contre une « famine » généralisée, exhortant Israël à débloquer l’aide humanitaire.

« Il s’agit d’une pénurie provoquée par le Hamas », a ajouté Mencer, accusant le mouvement d’empêcher la distribution de nourriture et de piller l’aide pour ses propres besoins.

Le lieutenant-colonel Avichay Adraee, porte-parole de l’armée israélienne en langue arabe, a publié des photos et des vidéos de ce qu’il a présenté comme des terroristes du Hamas dans les tunnels de Gaza, en train de déguster des produits frais et un repas.

Sur l’une des vidéos, on voit des terroristes brandir des mangues, des raisins et des bananes devant la caméra, dans une ambiance festive.

Une autre séquence montre des terroristes assis devant un repas, et une autre montre deux d’entre eux brandissant un plateau de fruits.

On ignore quand ces images ont été filmées.

« Alors que les dirigeants du Hamas accusent Israël de mentir au sujet de la famine, les vidéos montrent les membres de l’organisation se vantant de leurs repas à l’intérieur des tunnels », a déclaré Adraee dans son message, ajoutant qu’il « convient de noter que les denrées alimentaires visibles dans ces vidéos ne faisaient pas partie des convois d’aide humanitaire destinés à la bande de Gaza. »

« Une fois de plus, le mépris flagrant des saboteurs du Hamas pour les souffrances de la population est évident. Cette organisation, qui propage des mensonges au monde entier sur une prétendue famine, se moque des destructions qu’elle a infligées aux habitants de la région », a-t-il poursuivi.

« C’est la vérité. Ces saboteurs ne sont pas des héros, mais des voleurs qui ne se soucient que d’eux-mêmes à vos dépens et qui se cachent dans les tunnels par peur des conséquences de leurs actes », a-t-il déclaré, s’adressant à la population de Gaza.

Ces derniers jours, les informations faisant état d’une insécurité alimentaire et d’une malnutrition de plus en plus graves dans la bande de Gaza, qui auraient causé la mort de dizaines de personnes, se sont multipliées.

Israël a rejeté la déclaration de plus d’une centaine d’organisations humanitaires et groupes de défense des droits de l’homme qui mettent en garde contre une « famine massive » qui se propagerait à Gaza, a déclaré le ministère des Affaires étrangères dans un communiqué.

« Ces organisations servent la propagande du Hamas, et reprennent leurs chiffres pour justifier ses horreurs, au lieu de s’opposer à ce groupe terroriste, elles l’adoptent comme leur propre cause », a déclaré le ministère dans un communiqué en anglais.

« En cette période critique des négociations, elles relaient la propagande du Hamas et compromettent les chances d’un cessez-le-feu ; nous exhortons toutes les organisations à cesser d’utiliser les arguments du Hamas. »

Le ministère des Affaires étrangères a déclaré que près de 4 500 camions sont entrés à Gaza depuis le 19 mai, transportant notamment 2 500 tonnes d’aliments pour bébés et d’aliments riches en calories pour enfants.

Il a ajouté que plus de 700 camions d’aide humanitaire attendaient à l’intérieur de l’enclave d’être distribués par l’ONU.

« Ce goulot d’étranglement est le principal obstacle au maintien d’un flux constant d’aide humanitaire dans la bande de Gaza », a souligné le ministère.

« Leur obsession contre Israël est plus importante pour eux que d’aider la population de Gaza. »

Des Palestiniens transportent des sacs et des caisses de nourriture et d’aide humanitaire, déchargés d’un convoi du Programme alimentaire mondial se dirigeant vers la ville de Gaza, dans le nord de la bande de Gaza, le 16 juin 2025. (Crédit : AP Photo/Jehad Alshrafi)

Plus de 100 ONG ont mis en garde mercredi contre la propagation d’une « famine de masse » dans la bande de Gaza dévastée par plus de 21 mois de guerre, les États-Unis annonçant une nouvelle mission de l’émissaire Steve Witkoff pour discuter d’un couloir humanitaire.

Dans le même temps, l’armée israélienne a poursuivi ses bombardements quotidiens à Gaza et dit avoir frappé des dizaines de « cibles terroristes », la Défense civile de l’enclave, contrôlée par le Hamas, faisant état de dix morts.

Israël fait face à une pression internationale accrue surtout au sujet du désastre humanitaire à Gaza, où quelque 2,4 millions de Gazaouis sont assiégés depuis le début de la guerre, déclenchée par le pogrom perpétré par le Hamas le 7 octobre 2023 sur le sol israélien.

Un blocage total imposé en mars par Israël à Gaza et partiellement assoupli fin mai a entraîné de graves pénuries de nourriture, de médicaments et de carburant.

950 camions d’aide, selon Israël

Mardi, un hôpital de Gaza a affirmé que 21 enfants étaient morts de malnutrition ou de faim en 72 heures.

Des hommes transportent le corps enveloppé dans un linceul du jeune Palestinien Abdul Jawad al-Ghalban, 14 ans, apparemment mort de faim, avant son enterrement à l’hôpital Nasser de Khan Younès, dans le sud de la bande de Gaza, le 22 juillet 2025. (Crédit : AFP)

« Alors qu’une famine de masse se propage à Gaza, nos collègues et les personnes que nous aidons dépérissent », indiquent dans un communiqué des ONG parmi lesquelles Médecins sans frontières, Médecins du monde, Caritas, Amnesty international ou encore Oxfam international, en appelant à un cessez-le-feu immédiat et à l’ouverture des passages pour l’aide humanitaire.

« Juste à l’extérieur de Gaza, dans des entrepôts, et même à l’intérieur, des tonnes de nourriture, d’eau potable, de fournitures médicales, de matériel d’hébergement et de carburant restent inutilisées, les organisations humanitaires étant empêchées d’y accéder ou de les livrer », ajoutent-elles.

Mais l’armée israélienne nie bloquer les aides. Elle a affirmé mardi que 950 camions transportant de l’aide se trouvaient à Gaza et attendaient que les agences internationales les collectent et distribuent. Les ONG, elles, dénoncent de nombreuses restrictions israéliennes.

« Nous n’avons pas identifié de famine à ce stade, mais nous comprenons qu’une action est nécessaire pour stabiliser la situation humanitaire », a dit un haut responsable israélien de la sécurité non identifié, cité par le Times of Israel.

Israël accuse le Hamas d’exploiter la souffrance de la population civile, notamment en volant la nourriture.

L’ONU a elle accusé l’armée israélienne d’avoir tué à Gaza depuis fin mai plus d’un millier de personnes qui cherchaient à obtenir de l’aide humanitaire, en grande majorité près de centres de la Fondation humanitaire de Gaza (GHF), une organisation au financement opaque soutenue par les États-Unis et Israël.

Israël a admis avoir tiré sur des foules de Gazaouis qui s’approchaient des soldats, tout en affirmant que le nombre de victimes est exagéré. L’État juif n’a pas pour autant avancé d’autre bilan.

Witkoff en Europe

Dans ce contexte, Witkoff se rend cette semaine en Europe et pourrait ensuite aller au Moyen-Orient, selon des responsables américains. Son objectif est de parvenir à « un nouveau cessez-le-feu, ainsi qu’à un couloir humanitaire pour l’acheminement de l’aide » à Gaza, d’après le département d’État.

L’envoyé spécial des États-Unis au Moyen-Orient, Steve Witkoff, s’exprime dans le bureau ovale de la Maison Blanche, le 28 mai 2025, à Washington. (Crédit :Andrew Harnik/Getty Images/AFP)

« La famine frappe à toutes les portes » à Gaza, a affirmé mardi le secrétaire général de l’ONU Antonio Guterres.

Le porte-parole du ministère français des Affaires étrangères a affirmé mercredi que le « risque de famine » qui pèse sur les populations civiles de Gaza après 21 mois de guerre est la conséquence du blocus imposé par Israël.

L’extension de l’opération militaire lancée cette semaine « accélère la dégradation de la situation humanitaire, marquée par la malnutrition et le risque de famine. Cette situation est le résultat du blocus imposé par Israël », a-t-il déclaré, cité dans un communiqué.

Lancées début juillet, les négociations indirectes entre Israël et le Hamas sur une trêve n’avancent pas. Israël veut chasser le Hamas de Gaza et prendre le contrôle sécuritaire du territoire. Le Hamas réclame le retrait israélien de Gaza et l’arrêt de la guerre.

Israël est en guerre contre le Hamas depuis le 7 octobre 2023, date à laquelle quelque 6 000 Gazaouis dont 3 800 terroristes dirigés par le Hamas ont pris d’assaut des communautés du sud d’Israël, tué plus de 1 200 personnes, principalement des civils, enlevé 251 otages de tous âges, et commis de nombreuses atrocités et en utilisant la violence sexuelle comme arme à grande échelle.

Israël a réagi en lançant une campagne militaire dont l’objectif vise à détruire le Hamas, à l’écarter du pouvoir à Gaza et à libérer les otages.

Le ministère de la santé de Gaza, contrôlé par le Hamas, affirme que plus de 55 000 personnes ont été tuées ou sont présumées mortes dans les combats jusqu’à présent. Ce bilan, qui ne peut être vérifié et qui ne fait pas la distinction entre terroristes et civils, inclut les quelque 20 000 terroristes qu’Israël affirme avoir tués au combat et les civils tués par les centaines de roquettes tirées par les groupes terroristes qui retombent à l’intérieur de la bande de Gaza.

Israël affirme s’efforcer de minimiser les pertes civiles et souligne que le Hamas utilise les Gazaouis comme boucliers humains, en menant ses combats depuis des zones civiles, notamment des maisons, des hôpitaux, des écoles et des mosquées.

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