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Un mémorial dédié à Shiri Bibas et à ses fils dans le kibboutz où son mari Yarden a grandi

Dans cette œuvre de l'artiste Zvika Pasternak, des empreintes entourées de cercles : "Les empreintes évoquent généralement un parcours. Ici, elles sont piégées, figées dans le temps."

Sue Surkes est la journaliste spécialisée dans l'environnement du Times of Israel.

Les "empreintes" de Shiri, Ariel et Kfir Bibas au centre d'un nouveau mémorial au kibboutz Tzeelim, où Yarden Bibas a grandi. La mère et ses deux jeunes garçons ont été enlevés au kibboutz Nir Oz le 7 octobre 2023, puis assassinés pendant leur captivité. (Crédit : Talia Ben Harush)
Les "empreintes" de Shiri, Ariel et Kfir Bibas au centre d'un nouveau mémorial au kibboutz Tzeelim, où Yarden Bibas a grandi. La mère et ses deux jeunes garçons ont été enlevés au kibboutz Nir Oz le 7 octobre 2023, puis assassinés pendant leur captivité. (Crédit : Talia Ben Harush)

Un sobre mémorial dédié aux trois membres de la famille Bibas, kidnappés au kibboutz Nir Oz le 7 octobre 2023 puis assassinés à mains nues par des terroristes palestiniens du Hamas, ouvrira ses portes au public le mois prochain au kibboutz Tzeelim, dans le sud d’Israël.

Shiri Bibas, 32 ans, Ariel, 4 ans, et Kfir, 9 mois, sont devenus les symboles des horreurs de cette attaque terroriste et de ses suites. Leurs corps, rapatriés de Gaza en février, ont été enterrés dans un seul cercueil au cimetière régional de Tzohar.

Yarden Bibas, qui était alors âgé de 34 ans, avait été enlevé ce jour-là, séparément de sa famille. Il a été libéré le 1er février de cette année à l’issue de 484 jours de captivité à Gaza. Yarden est né et a grandi au kibboutz Tzeelim, où ses parents vivent toujours.

Créé par Zvika Pasternak, ce mémorial austère – une installation environnementale – se compose de six cercles de ciment qui en entourent un septième, à l’intérieur duquel se trouvent les « empreintes de pieds » de Shiri et d’Ariel, ainsi que les minuscules empreintes de pieds et de mains de Kfir.

L’idée d’utiliser le motif des empreintes est venue à Pasternak durant un cours d’arts martiaux, lorsque son instructeur lui a demandé de laisser toute sa force passer par la plante de ses pieds et pénétrer dans la terre, a déclaré l’artiste au Times of Israel.

Les empreintes, a-t-il dit, sont quelque chose de très personnel. « Habituellement, elles suggèrent un parcours. Ici, elles sont piégées, figées dans le temps. »

Shiri Bibas (à gauche) et ses fils Ariel, 4 ans (en haut à droite) et le bébé Kfir, qui ont été enlevés au kibboutz Nir Oz par des terroristes du Hamas le 7 octobre 2023 et assassinés en captivité. (Crédit : Ministère des Affaires étrangères)

« Je ne savais pas quoi faire avec les empreintes de Kfir », a-t-il expliqué. « C’est alors que ma fille Mika m’a dit : ‘Papa, Kfir aurait rampé.’ Je me suis donc rendu dans le bac à sable d’une école maternelle, j’ai attendu que les enfants partent, puis j’ai mesuré leurs petites mains et leurs petits pieds. »

Et d’ajouter : « Le plus important, c’est la simplicité de l’installation. Juste des empreintes et des cercles, avec un seul matériau : du ciment. »

Zvika Pasternak. (Crédit : Autorisation)

Le mémorial ne comporte que deux plaques, situées au milieu des arbres, juste derrière la clôture de Tzeelim.

Sur l’une d’elles, le nom du mémorial, « Bibas Footprints », est inscrit en jaune, la couleur la plus associée à la campagne pour la libération des otages. Le reste de l’inscription est en noir, en référence à l’amour d’Ariel Bibas pour Batman.

Sur la deuxième plaque, en ciment, figurent les noms et les âges des trois victimes Bibas, le fait qu’elles ont été enlevées à Nir Oz et assassinées en octobre 2023, ainsi qu’un bref verset.

Shiri Bibas, au centre, et ses fils Ariel, 4 ans, et Kfir, dix mois, enlevés par des terroristes du Hamas, au kibboutz Nir Oz, le 7 octobre 2023. (Crédit : Autorisation)

Certains ont suggéré à Pasternak d’ajouter la photo de Shiri Bibas terrifiée, serrant ses petits garçons dans ses bras, entourée d’hommes armés. « J’ai refusé », s’est souvenu Pasternak.

« Ce projet ne donne que des indices. Rien n’est écrit concernant l’histoire. Vous traversez la forêt, vous découvrez les noms, et vous arrivez jusqu’aux empreintes. Vous n’avez pas besoin de plus. Ils étaient là, ils ne sont plus là, mais ils sont avec nous. »

Un eucalyptus tordu se dresse près d’un nouveau mémorial dédié à Shiri, Ariel et Kfir Bibas au kibboutz Tzeelim, dans le sud d’Israël. (Crédit : Talia Ben Harush)

Après discussion, il a été décidé de conserver l’eucalyptus tordu qui poussait sur place. « Il est tordu, comme s’il pleurait. Il a trois branches principales. Une pour Shiri, une pour Ariel et une pour Kfir. Et sur une des branches, des bourgeons ont commencé à pousser, suggérant un renouveau », a poursuivi Pasternak.

La famille Bibas a été tenue informée tout au long du projet, même si Pasternak n’a rencontré en personne que le père de Yarden Bibas, Eli.

Yarden Bibas se rend sur le nouveau mémorial dédié à sa défunte épouse, Shiri, et à ses deux enfants, Ariel et Kfir, kidnappés au kibboutz Nir Oz le 7 octobre 2023 et assassinés en captivité, au kibboutz Tzeelim, dans le sud d’Israël, où il a grandi, en novembre 2025. (Crédit : Autorisation, famille Bibas)

Au début du mois, Yarden Bibas est venu voir le mémorial avec sa famille, et a approuvé son ouverture au public.

C’est Boaz Kretschmer, membre du kibboutz, qui a eu l’idée de ce mémorial à Tzeelim. L’Autorité de drainage de la région Shikma-Besor a fourni les fonds nécessaires.

Ketav Vashem (écriture et nom), le nouveau mémorial dédié aux 64 résidents du kibboutz Kfar Aza assassinés par des terroristes du Hamas le 7 octobre 2023. (Crédit : Zvika Pasternak)

Kretschmer avait vu le mémorial « Ketav Vashem » (« écriture et nom ») créé par Pasternak pour les 64 résidents et membres de l’équipe de sécurité assassinés au kibboutz Kfar Aza lors de l’attaque du Hamas, le 7 octobre 2023.

Avec l’autorisation de la famille Bibas, il a donc invité Pasternak à créer une œuvre à Tzeelim.

Les cercles ont été sculptés à l’aide d’un compas spécialement conçu et équipé d’un disque.

Les parents de Shiri Bibas, José Luis (Yossi) Silberman et Margit Shnaider Silberman, ont été assassinés lors de l’attaque du Hamas contre le kibboutz Nir Oz, au cours de laquelle des terroristes ont pénétré dans toutes les maisons – sauf six – de cette petite communauté de plus de 200 habitations, et ont massacré ou kidnappé un habitant sur quatre, soit 117 personnes sur environ 400.

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