Un militant pro-Palestine aurait tenté d’assassiner Biden en 2024 à propos de Gaza
Adam Hall aurait apporté un revolver au débat présidentiel, mais il en serait pas parvenu à entrer dans la salle ; c'est le dernier cas en date de violences politiques en lien avec le mouvement américain anti-Israël
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Luke Tress est le correspondant du Times of Israel à New York.

Les enquêteurs fédéraux ont arrêté cette semaine un homme originaire de l’Alabama qui avait tenté, semble-t-il, d’assassiner le président américain Joe Biden en 2024. Il s’agit du dernier épisode en date d’une série d’incidents violents ou de tentatives d’attaques aux États-Unis en lien avec le mouvement anti-israélien.
Adam Benjamin Hall, 23 ans, avait apporté une arme à feu à un débat opposant Biden à Donald Trump, alors candidat républicain à la Maison Blanche, qui avait été organisé à Atlanta, en Géorgie, le 27 juin 2024, avec pour objectif de tuer Biden.
Hall n’était pas parvenu à entrer dans la salle où se tenait le débat, ont expliqué les procureurs fédéraux.
Le plan avait été découvert plus d’un an plus tard, au mois d’octobre 2025, quand Hall avait raconté à ses camarades du Wallace State Community College, en Alabama, sa tentative d’assassinat du président. Il avait indiqué qu’il avait été en possession d’un revolver avec deux balles, affirmant qu’il avait estimé qu’elles suffiraient dans la mesure où il était « plutôt bon tireur », ajoutant que Joe Biden avait « déjà un pied et quatre orteils dans la tombe ».
Hall avait dit aux autres étudiants qu’il avait été bouleversé par les images montrant des enfants palestiniens mutilés, qu’il avait rédigé un « manifeste » et qu’il avait manqué échouer à ses examens d’université à cause de son obsession pour son projet d’assassinat.
La police locale avait informé les services secrets américains des propos de Hall dès le lendemain. Les enquêteurs fédéraux avaient interrogé l’un des étudiants présents lorsque le jeune homme de 23 ans avait évoqué son projet, ainsi que les parents de Hall. Ces derniers avaient confié avoir appris l’existence du plan ourdi par leur fils environ un mois plus tard, et ils avaient noté qu’ils avaient confisqué le revolver, un Smith & Wesson de calibre 38.
Hall vivait avec ses parents dans la petite communauté rurale de Crane Hill, en Alabama, à environ trois heures de route d’Atlanta.
Hall, de son côté, a déclaré aux enquêteurs qu’il avait été bouleversé par des images qu’il avait vues sur internet – probablement en provenance de Gaza – et qu’il avait décidé qu’il devait absolument faire quelque chose. Il avait alors recherché le programme du débat présidentiel organisé par CNN. Il avait acheté le revolver – il l’avait payé en espèces – et il avait pris la route depuis l’Alabama jusqu’à Atlanta, mais il s’était trompé, se rendant par erreur dans un bâtiment de CNN qui était fermé. Il avait pris le temps de repérer les lieux pour préparer son attaque – mais il avait réalisé son erreur plusieurs heures plus tard, après la fin du débat, selon la plainte.
Il avait appelé son ex-petite amie depuis le lieu du débat, lui disant qu’il avait prévu de s’introduire dans la salle, mais qu’il y avait un trop grand nombre de policiers et qu’il referait une nouvelle tentative lors du débat présidentiel suivant.
Les enquêteurs ont retrouvé le manifeste de Hall sur son téléphone. Il était adressé « à tous les journalistes palestiniens ».
« Veuillez accepter mes excuses les plus sincères au nom du peuple de l’empire américain. Nous sommes tous coupables d’avoir permis ce bain de sang inutile », était-il écrit dans ce document. « J’espère que mes actions nous réveilleront tous ».
« Nos ennemis ne se trouvent dans aucun autre pays que dans le nôtre et en Israël », continuait-il dans le manifeste, défendant la Russie, la Chine et l’Iran. Il y décrivait les « élites mondialistes » comme des « tumeurs » qui volaient la société et qui contrôlaient le gouvernement.
« Il est temps de renverser ces salauds et de menacer de lancer un putain de débarquement sur Tel Aviv », avait-il poursuivi dans le texte, concluant sa missive par le slogan « Free Palestine » suivi d’un emoji représentant le drapeau palestinien.
Il avait rédigé son manifeste une heure avant le début du débat, et son téléphone avait été localisé à trois blocs d’immeubles du lieu de l’événement quand ce dernier avait commencé.
Un juge a émis un mandat d’arrêt à l’encontre du jeune homme dans la journée de lundi. Hall a finalement été arrêté mercredi.
Hall a été mis en examen pour harcèlement interétatique par le tribunal fédéral du district du nord de l’état de Georgie. Le ministère américain de la Justice, de son côté, a noté que d’autres chefs d’accusation pourraient être portés au fur et à mesure de l’avancement de l’enquête.
Des militants anti-israéliens ont pu se livrer à des actes ou tentatives répétés de violence politique aux États-Unis.
Les membres d’un groupe d’extrême gauche qui protestait contre Israël, et dont la cheffe se présentait comme une « fan du Hamas », ont été arrêtés le mois dernier pour avoir planifié une campagne d’attentats à la bombe en Californie. Les procureurs ont diffusé des photos montrant que le groupe avait rassemblé du matériel pour fabriquer des bombes – un matériel qui, sur les images, côtoyait des pancartes où le slogan « Free Palestine » était écrit.
L’auteur présumé du meurtre de deux employés de l’ambassade d’Israël à Washington, DC, l’année dernière, avait crié « Free Palestine » lors de son arrestation, alors qu’il se trouvait encore sur les lieux du crime. Il en avait été de même pour un suspect qui avait ouvert le feu sur un mariage dans le New Hampshire, au mois de septembre dernier.
L’auteur de la fusillade de masse qui avait pris pour cible une école catholique du Minnesota, au mois d’août dernier, avait écrit « Free Palestine » et d’autres slogans anti-israéliens et antisémites dans un cahier et sur ses armes. L’homme qui avait lancé une bombe incendiaire lors d’une marche en faveur de la libération des otages israéliens dans le Colorado, l’année dernière, avait hurlé le même slogan lors de son attaque. Une femme âgée avait été tuée à cette occasion.
L’homme qui avait incendié la maison du gouverneur juif de Pennsylvanie, Josh Shapiro, l’année dernière, avait confié qu’il était motivé par les « projets de Shapiro concernant le peuple palestinien ».
Les autorités fédérales ont déjoué plusieurs tentatives d’attaques contre des cibles juives aux États-Unis depuis le début de la guerre à Gaza.
Une série d’enquêtes a révélé que les Américains plus à gauche et plus jeunes sont de plus en plus ouverts à la violence politique.
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