Un policier et des soldats de Tsahal pénètrent en Zone A pour saisir un artefact antique
Le policier, Meïr Rotter, était un ami de Zeev Erlich, mort en 2024 alors qu’il inspectait un site archéologique au Liban ; la police israélienne n’aurait pas été informée
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Un policier s’est rendu dans un village palestinien de la Zone A de la Cisjordanie en compagnie de soldats de l’armée israélienne et il s’est emparé illégalement d’un objet archéologique, selon un article publié mardi. L’information a été par ailleurs confirmée au Times of Israel par un porte-parole de Tsahal.
Ce policier, Meïr Rotter, est un archéologue amateur. C’était aussi un ami de Zeev Erlich, tué, aux côtés du sergent Gur Kehati, au mois de novembre 2024 lors d’une attaque du groupe terroriste chiite libanais du Hezbollah dans le sud du Liban.
Erlich avait été autorisé à pénétrer dans le secteur ouest du sud du Liban, vêtu d’un uniforme de l’armée israélienne, pour examiner un site archéologique sans les autorisations nécessaires, par le colonel (Rés.) Yoav Yarom, qui a été démis de ses fonctions en décembre et a reçu un sévère blâme de la part de son commandement à la suite de cet incident.
Dans une vidéo qui a été partagée par Haaretz, Rotter explique qu’Erlich avait repéré une pierre gravée d’une menorah encastrée dans un bâtiment de Kafr Dhaba, à l’est de Tulkarem, lors d’une visite qu’il avait faite dans le village en 2017 (on ignore s’il l’avait faite en tant que militaire ou en tant que civil, ce qui serait illégal selon la loi israélienne).
« Il y a quelques années, Jabo [Erlich] s’était rendu sur place et il avait vu une pierre réutilisée », explique Rotter sur ces images, s’adressant vraisemblablement aux soldats et conscient d’être filmé.
« Elle était ornée d’une menorah que nous connaissions déjà pour l’avoir vue ailleurs. On trouve des menorot samaritaines à Jitt, Kafr Qaddum, Hajjah… Ici aussi, à Kafr Dhaba, on trouve un linteau avec une menorah. »
קצין המשטרה מאיר רוטר מדבר עם חייליו על אבן מסותתת עתיקה שהחרים בניגוד לחוק בכפר ד'נאבה, ביום שישי
שימוש לפי סעיף 27א' pic.twitter.com/uBe7SxUEt0— הארץ חדשות (@haaretznewsvid) March 16, 2026
« Après notre visite, les habitants s’étaient rendus compte qu’il y avait ici quelque chose qui pouvait valoir de l’or », ajoute-t-il dans la séquence.
« Je ne sais pas quelle est sa valeur. Ils ont démonté le linteau, qui attendait apparemment d’être vendu à des pilleurs d’antiquités. En fouillant le village, nous avons retrouvé la pierre jetée dans une cour et nous allons la sauver. Il s’agit d’une question de patrimoine ; nous allons rendre un objet perdu à son propriétaire. »
En vertu des Accords d’Oslo, l’Autorité palestinienne (AP) exerce un contrôle total en matière de sécurité et dans le domaine civil sur la Zone A, y compris sur les antiquités. Si les troupes israéliennes mènent régulièrement des opérations de sécurité, les cas où elles interviennent dans des affaires non liées à la sécurité sont rares. Cependant, la police était déjà intervenue dans la Zone A, ces derniers mois.
Rotter dirige le département de la communauté ultra-orthodoxe de la police, et non celui de Cisjordanie. Selon Haaretz, la police n’était pas au courant de l’opération, qui n’a pas été menée en son nom, et l’implication de l’officier fera l’objet d’une enquête.
L’officier d’état-major de l’unité archéologique de l’Administration civile, une branche du Coordinateur des activités gouvernementales dans les Territoires palestiniens (COGAT), organe relevant du ministère de la Défense et chargé des affaires civiles dans la région, n’a pas non plus été impliqué.
Un porte-parole de Tsahal a déclaré au Times of Israel que l’incident faisait l’objet d’un examen et que les procédures à ce sujet seraient clarifiées. Il a ajouté que l’artefact n’était pas en possession des forces ou du personnel de l’armée israélienne.
Cette opération s’est inscrite dans le cadre d’une initiative législative controversée visant à adopter un projet de loi qui transférerait le contrôle des antiquités en Cisjordanie à un organisme civil israélien, y compris dans les zones A et B (où Israël exerce le contrôle sécuritaire, mais où l’AP exerce le contrôle civil, contrairement à la Zone C, où Israël exerce à la fois le contrôle civil et militaire).
Le projet de loi a été approuvé par la commission de la Culture et de l’Éducation de la Knesset le mois dernier et il doit être soumis au vote de l’assemblée plénière, bien qu’aucune date n’ait encore été annoncée.
Selon son profil sur le portail Academia, où les universitaires publient souvent leurs travaux, Rotter est l’auteur ou le coauteur de quatre articles archéologiques en hébreu.
Le plus récent, publié en 2021 dans une revue universitaire de l’université Ariel, s’intitule « Quatre lampes samaritaines dans le village de Hajjah, en Samarie » (le nom biblique du nord de la Cisjordanie).
Hajjah est également situé dans la Zone A. L’article est coécrit par Erlich. Dans cet article, Rotter indique qu’il est affilié au département d’Études sur la Terre d’Israël et d’Archéologie de l’université Bar-Ilan.
Un porte-parole de l’université Bar-Ilan a déclaré au Times of Israel que Rotter n’était pas affilié à l’établissement. Le porte-parole a ajouté qu’un certain Meïr Rotter avait obtenu un master à Bar-Ilan, mais qu’il était impossible de confirmer qu’il s’agissait de la même personne sans comparer les numéros d’identité.
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