« Vous ne pouvez pas nous demander d’enterrer à la fois nos enfants et la vérité », dit la mère d’un ex-otage tué
Une manifestation à l'initiative du Mouvement pour un gouvernement de qualité a réuni plusieurs centaines de personnes anti-gouvernement à Tel Aviv
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Plusieurs centaines d’opposants au gouvernement se sont rassemblés sur la place Habima, à Tel Aviv, pour une manifestation à l’initiative du Mouvement pour un gouvernement de qualité, une organisation de lutte contre la corruption, et d’autres groupes de la société civile.
Devant une foule plutôt calme, un juriste, un général à la retraite et des parents endeuillés ont dénoncé les attaques du Premier ministre Benjamin Netanyahu contre le pouvoir judiciaire, ses tentatives de consigner dans la loi l’exemption du service militaire pour les Haredim, ainsi que son refus d’assumer la responsabilité de la débâcle sécuritaire qui a permis que se produise le pogrom perpétré par le Hamas le 7 octobre 2023.
Ruby et Hagit Chen, les parents du soldat Itay Chen, israélo-américain tué en combattant et dont le corps sans vie avait été enlevé, ont critiqué le silence du gouvernement après que des familles endeuillées favorables à Netanyahu ont tenté jeudi de prendre d’assaut la Haute Cour, au moment où les juges débattaient de l’opportunité d’ordonner à Netanyahu de mettre en place une commission d’enquête d’État sur l’attaque. Une mesure que refuse Netanyahu, qui estime qu’une telle commission serait partiale à son égard, car son président serait nommé par le président de la Cour suprême, et qu’elle serait très probablement dirigée par un juge à la retraite.
« Presque mille jours ont passé », a déclaré Hagit Chen. « La vérité n’a pas été établie, et personne n’a reconnu sa responsabilité. »
« L’État continue de se comporter comme s’il pouvait simplement poursuivre ses activités, comme si de rien n’était », a-t-elle ajouté. « On ne peut pas nous demander d’enterrer à la fois nos enfants et la vérité. »
La manifestation s’est déroulée dans une atmosphère assez calme.
À la place de la grande scène et de l’écran généralement installés pour ces manifestations, cette semaine, les orateurs se sont adressés à la foule depuis une estrade installée dans la benne d’un petit camion.
Derrière le camion, les manifestants sont restés silencieux, brandissant des pancartes appelant à « mettre fin au terrorisme des résidents d’implantations ». La police est intervenue pour éloigner au moins deux provocateurs d’extrême droite à l’origine d’affrontements avec les manifestants près du camion.
À l’exception du cercle des percussionnistes du groupe de protestation artistique Pink Front, la foule devant le camion s’est montrée plutôt calme, avant et pendant les allocutions des intervenants.
Ce calme relatif a toutefois été perturbé par l’arrivée d’un cortège d’environ 200 personnes supplémentaires, parties de l’ambassade de Hongrie, dans le quartier du Vieux Nord. Ces manifestants ont déployé un grand drapeau hongrois au sol, frappé des tambours et scandé des slogans, parmi lesquels « 7-Octobre, le massacre de Netanyahu ». Après avoir quelque temps continué à faire du bruit pendant les discours, ils se sont rapidement tus, à l’instar du reste de la foule.
Les symboles hongrois font référence à Viktor Orbán, l’homologue et allié hongrois de Netanyahu, dont la défaite électorale de la semaine dernière a mis fin à 16 ans de pouvoir nationaliste chrétien à Budapest.
Les attaques d’Orbán contre le système judiciaire hongrois ont fait de lui la bête noire des critiques israéliens de Netanyahu, qui cherchent à reproduire le mouvement populaire qui a porté au pouvoir l’adversaire d’Orbán, Peter Magyar.
Toutefois, si Magyar a remporté la victoire en surfant sur la vague du malaise des jeunes, les manifestants réunis à Habima se composent majoritairement de personnes d’âge moyen et plus âgées.
Par ailleurs, des centaines de personnes ont manifesté dans la soirée de samedi à Jérusalem. D’autres rassemblements ont également eu lieu ailleurs dans le pays.
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