À Naqoura, premières discussions directes depuis des décennies entre responsables israéliens et libanais
D'après le bureau de Benjamin Netanyahu, c'est une "tentative pour créer les bases d'une relation et d'une coopération économique"
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Des représentants civils libanais et israéliens ont tenu leurs premières discussions directes depuis des décennies, dans le cadre d’une réunion du « Mécanisme de mise en œuvre de la cessation des hostilités », a déclaré mercredi à l’AFP une source proche des discussions. Ce mécanisme vise à faire avancer le cessez-le-feu conclu il y a un an à la suite de la guerre contre le groupe terroriste chiite libanais du Hezbollah.
La réunion était « en cours » au quartier général de la Force intérimaire des Nations unies au Liban (FINUL) à Naqoura, au sud du Liban, près de la frontière avec Israël, a indiqué la source.
Morgan Ortagus, envoyée spéciale des États-Unis pour le Liban, était présente lors de ces discussions, a ajouté la même source.
Le Liban est représenté par l’ancien ambassadeur aux États-Unis Simon Karam. Selon le site d’information libanais MTV, le responsable israélien qui devait participer aux pourparlers était Uri Resnick, membre du Conseil de sécurité nationale.
Plus tôt mercredi, le bureau du Premier ministre Benjamin Netanyahu a confirmé que ce dernier avait chargé Gil Reich, chef par intérim du Conseil de sécurité nationale (NSC), d’envoyer un représentant au Liban pour rencontrer des responsables gouvernementaux et économiques. Cette initiative a été qualifiée de « première tentative visant à jeter les bases d’une relation et d’une coopération économique entre Israël et le Liban ».
Le Liban avait précédemment déclaré avoir accepté d’envoyer un représentant civil plutôt qu’une personnalité militaire, à la demande des États-Unis. Netanyahu aurait également subi des pressions de la part de Washington pour faire de même.
« Le président Joseph Aoun a décidé de nommer l’ancien ambassadeur Simon Karam à la tête de la délégation libanaise », a déclaré la porte-parole de la présidence, Najat Charafeddine. Cette décision fait suite à une demande des États-Unis et « après avoir été informé qu’Israël avait accepté d’inclure un membre non militaire dans sa délégation », a-t-elle ajouté.
Cette réunion s’inscrit dans le cadre du « Mécanisme de mise en œuvre de la cessation des hostilités », composé de responsables américains, de la FINUL, israéliens, français et libanais, et vise à faire avancer le cessez-le-feu conclu il y a un an avec Israël.
Jérusalem et Beyrouth avaient tenu leurs dernières discussions indirectes à Naqoura, en 2022, afin de finaliser l’accord délimitant leur frontière maritime, accord négocié par les États-Unis.
La réunion de mercredi a eu lieu alors que les responsables israéliens et américains ont averti que l’armée israélienne pourrait lancer une opération de grande envergure si le gouvernement libanais ne progressait pas dans le désarmement du groupe terroriste chiite libanais du Hezbollah.
Les tensions au Liban se sont intensifiées ces dernières semaines. Tsahal a multiplié ses frappes contre des cibles du Hezbollah, qu’il accuse de violer le cessez-le-feu de novembre 2024, éliminant le chef militaire du groupe terroriste chiite libanais lors d’une frappe à Beyrouth le mois dernier.
Selon les termes du cessez-le-feu, le Hezbollah devait se retirer du sud du Liban, tandis qu’Israël disposait de 60 jours pour faire de même. L’armée israélienne s’est ensuite retirée de tous les postes frontaliers avec le Liban, à l’exception de cinq jugés « stratégiques », invoquant le démantèlement incomplet des infrastructures du groupe terroriste chiite libanais dans le sud du pays.
Outre les centaines de frappes aériennes menées pendant le cessez-le-feu, Tsahal a déclaré que les troupes terrestres avaient mené plus de 1 200 raids et autres opérations de moindre envergure dans le sud du Liban, principalement dans les zones entourant les cinq postes-frontières « stratégiques », afin d’empêcher le Hezbollah de se reconstituer.
Ces opérations visent à démanteler les infrastructures terroristes, à contrecarrer les efforts de collecte de renseignements du Hezbollah et à mener d’autres activités visant à affaiblir les capacités du groupe terroriste, a expliqué l’armée. Au cours de ces raids, les soldats ont découvert de nombreuses armes, des sites de lancement de roquettes et d’autres bâtiments utilisés par le Hezbollah, a ajouté Tsahal.
Israël est entré sur le sol libanais en septembre 2024 afin d’assurer la sécurité du retour chez eux de quelque 60 000 habitants déplacés par les attaques quasi quotidiennes du Hezbollah contre le nord d’Israël depuis le 8 octobre 2023, soit un jour après le pogrom perpétré par le groupe terroriste palestinien du Hamas, qui a déclenché la guerre à Gaza.
L’équipe du Times of Israel a contribué à cet article.
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