À Tel Aviv, vignerons, viticulteurs et amateurs célèbrent les meilleurs vins de l’année
La 24ᵉ édition des prix Eshkol Hazahav met à l'honneur les millésimes exceptionnels de l'année, accompagnés des conseils avisés de grands noms de la gastronomie tels qu'Assaf Granit
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Jessica Steinberg est responsable notre rubrique « Culture & Art de vivre »

Des vignerons, des viticulteurs et des amateurs de vin se sont réunis mardi soir au Heichal Hatarbut de Tel Aviv à l’occasion de la 24ᵉ cérémonie annuelle des prix Eshkol Hazahav, qui récompense les vignerons et les vins qui se sont distingués au cours de l’année écoulée.
Les trois grands gagnants de la soirée sont les domaines viticoles Mony Estate (onze prix), Barkan (sept prix) et Teperberg (six prix), a déclaré l’organisateur Avi Ben Ami, précisant que les résultats dépendent du nombre et de l’identité des domaines qui présentent leurs cuvées au concours.
Cette année, 276 vins ont été inscrits au concours et ils ont été évalués par un comité composé de 25 professionnels du vin.
L’événement est organisé par Sommelier, l’organisation de Ben Ami, qui organise également une dégustation de vins annuelle en février, au Heichal Hatarbut de Tel Aviv.
C’était la deuxième année que Ben Ami incluait un segment de conférences intitulé « Hamsa Hamsa », ou « Cinq Cinq », une présentation de type TEDx au cours de laquelle les intervenants disposent de cinq minutes et cinq secondes pour parler de gastronomie, de vin, ou des deux.
« Nous changeons un peu les choses », a indiqué Ben Ami.
« Au moins deux tiers des participants travaillent dans le secteur du vin, mais l’autre tiers est composé de personnes qui apprécient simplement le vin, et nous cherchons à voir ce qui leur convient également. »
Après une heure passée à déguster quinze millésimes de l’année dernière provenant de vignobles de la région côtière et du Carmel, le public s’est installé pour assister à une succession de remises de prix et d’interventions.
Parmi les cinq intervenants, deux ont évoqué les efforts des viticulteurs israéliens dans le secteur agricole et l’ajout récent de l’appellation Néguev, reconnue pour ses vins.
Le viticulteur et chef Hedaï Offaïm a décrit son parcours vers l’agriculture, lui qui a grandi à Haïfa, fils d’un survivant de la Shoah.
Il a également donné un bref aperçu de son émission « Man/Land » sur Beit Avi Chai, en collaboration avec le musicien Shlomi Shaban. Le programme retrace les voyages du duo à travers Israël pour rendre visite à des agriculteurs locaux, préparer des plats régionaux et jouer de la musique acoustique, souvent en mettant en vedette le piano à queue de Shaban, amené directement dans les champs, les granges et les serres.
L’entrepreneur culinaire David Kichka a évoqué la nécessité de développer officiellement les différents terroirs d’Israël, en plus de ceux dédiés au vin.
Il a également parlé du concept agricole français, qui tient compte des caractéristiques propres à une région et de leur influence sur le caractère d’une culture.
Kichka a déclaré que le plateau du Sharon était la région des fraises en Israël, que le plateau du Golan était désormais réputé pour ses cerises, son bœuf et ses myrtilles, et que d’autres zones se spécialisaient dans les avocats, l’huile d’olive, le fromage et les céréales. Il a souligné la nécessité de désigner des ambassadeurs et des sites officiels afin de préserver ces traditions culinaires.
La soirée s’est terminée avec le grand chef et restaurateur Assaf Granit qui a raconté des anecdotes sur son restaurant parisien, le Shabour, étoilé au Guide Michelin. Le nom de ce restaurant, qui signifie « brisé » en hébreu, fait référence aux murs en plâtre qu’il a dû abattre pour accéder aux murs en briques d’origine qui ornent désormais l’établissement.
Comme d’autres au cours de la soirée, Granit a évoqué l’assaut barbare et sanglant du groupe terroriste palestinien du Hamas du 7 octobre 2023, à la suite duquel il a quitté Paris et son restaurant pour rejoindre son unité militaire et accomplir son service de réserve en tant que secouriste à Gaza. Son engagement lui a valu l’honneur d’allumer un flambeau lors de la cérémonie officielle de Yom HaAtsmaout.
Granit est finalement revenu à Paris et au Shabour, où il continue de raconter son histoire, celle d’Israël, du restaurant et de la façon dont le bistrot est lié à sa ville natale, Jérusalem, et à toutes ses origines.
« C’est ce que nous faisons pour les gens », a déclaré Granit, ses mains tatouées soulignant ses paroles : « Raconter l’histoire pour que les gens se sentent chez eux. »
la Communauté du Times of Israël !







