Alyah : le gouvernement veut trouver des emplois aux olim avant leur arrivée en Israël
Alors que les entreprises cherchent à pourvoir quelque 35 000 postes dans l’industrie et le high-tech, les autorités présentent ce programme comme une initiative "win-win"
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Une nouvelle initiative du ministère de l’Immigration et de l’Intégration entend lever l’un des principaux obstacles à l’alyah, en collaborant avec des entreprises israéliennes pour offrir aux nouveaux immigrants un emploi dès leur arrivée dans le pays.
Alors qu’Israël cherche à renforcer l’immigration dans les années à venir et que l’économie se prépare à rebondir après la fin potentielle de la guerre de deux ans contre le groupe terroriste palestinien du Hamas à Gaza, les responsables du ministère et les dirigeants du secteur privé ont salué ce plan comme une solution « gagnant-gagnant », porteuse de croissance des deux côtés.
« Pour la première fois, nous nous adressons directement au secteur privé en Israël pour lui dire : ‘Nous avons une grande opportunité’ », a expliqué Avichai Kahana, directeur général du ministère, au Times of Israel. « Aujourd’hui, de nombreuses personnes à travers le monde envisagent de faire leur alyah, mais pour beaucoup, le principal obstacle reste la recherche d’un emploi. Ce que nous faisons désormais, c’est amener les acteurs du secteur privé à aller eux-mêmes à la rencontre des nouveaux olim afin d’identifier les talents dont ils ont besoin. »
Depuis le début de la guerre déclenchée par le pogrom meurtrier perpétré par les terroristes du Hamas le 7 octobre 2023, a précisé Kahana, 53 680 nouveaux immigrants sont arrivés en Israël. Parallèlement, les dirigeants de l’industrie et du high-tech estiment que les entreprises manquent d’environ 35 000 travailleurs qualifiés.
« C’est donc une situation où tout le monde est gagnant, car les olim et l’économie ont tous deux beaucoup à y gagner », a-t-il souligné.
Lors d’un sommet organisé à Tel-Aviv pour lancer cette initiative, des dizaines d’entreprises – notamment du secteur high-tech, médical et de la distribution – ont signé la charte ministérielle « Leap to Aliyah » (« Le grand saut vers l’alyah »), s’engageant à intégrer davantage d’immigrants dans leurs effectifs. Les mesures prévues incluent la formation professionnelle spécialisée en plusieurs langues, l’embauche d’immigrants avant leur arrivée en Israël et la désignation de responsables chargés de suivre et de promouvoir ces programmes au sein des entreprises.
« Les immigrants apportent une expérience professionnelle, un esprit d’entreprise et une capacité d’innovation qui enrichissent le marché du travail israélien et renforcent l’économie nationale », a déclaré le ministre de l’Immigration et de l’Intégration, Ofir Sofer. « C’est un investissement non seulement dans les immigrants, mais dans notre croissance collective. »
Ce plan s’inscrit dans la continuité d’une série de programmes similaires lancés par Sofer au cours de l’année écoulée.
En février, le ministère avait annoncé un plan de 170 millions de shekels visant à améliorer l’intégration, accompagné d’une réforme destinée à accélérer la délivrance des licences professionnelles aux nouveaux immigrants. Plus récemment, il a lancé un programme gouvernemental offrant des avantages pour attirer en Israël des professionnels hautement qualifiés. D’autres initiatives sont également en cours, notamment l’élargissement des exonérations fiscales pour les olim entrepreneurs et la mise en place d’une assistance personnalisée aux candidats à l’alyah dans toute l’Europe.
L’immigration en provenance des pays occidentaux a augmenté au cours de l’année écoulée, portée à la fois par la montée de l’antisémitisme à l’étranger et par un regain de ferveur sioniste depuis le début de la guerre, selon les associations de soutien à l’alyah.
Le nombre total d’immigrants a toutefois diminué ces dernières années, passant de plus de 74 000 en 2022 à 46 000 en 2023, puis à près de 33 000 en 2024. L’immigration en provenance de France a toutefois augmenté de 235 % sur la période 2024-2025 par rapport à l’année précédente, celle des États-Unis de 154 % et celle du Canada de 130 %. Les niveaux d’immigration depuis les États-Unis, la France, le Royaume-Uni, le Canada et d’autres pays demeurent néanmoins bien inférieurs à ceux enregistrés il y a dix ans, selon le Bureau central des statistiques.
Par ailleurs, pas moins de 125 000 Israéliens ont quitté le pays entre début 2022 et mi-2024, ce qui représente la plus forte perte de capital humain jamais enregistrée en Israël sur une période aussi courte, d’après un rapport présenté lundi à la commission de l’Immigration et de l’Intégration de la Knesset.
Les partisans de l’alyah espèrent que ces nouvelles initiatives permettront à Israël d’accueillir jusqu’à un million de nouveaux immigrants au cours des dix prochaines années, un objectif ambitieux pour un pays d’environ dix millions d’habitants.
« Pour y parvenir, il est indispensable d’avant tout de créer les conditions favorables », a confié au Times of Israel Sylvan Adams, homme d’affaires et philanthrope israélo-canadien, également président du Congrès juif mondial en Israël. « Les gens ne vont pas simplement prendre l’avion parce qu’il y a de l’antisémitisme dans leur pays. Il leur faut des conditions concrètes et sûres pour franchir ce pas. C’est précisément ce que nous essayons de construire. »
Adams a indiqué qu’il participait à l’initiative à titre consultatif, jouant le rôle de passerelle entre Israël et les communautés de la diaspora.
Les responsables institutionnels présents à l’événement ont salué cette nouvelle approche.
« Il n’est pas facile de s’installer en Israël, donc si vous pouvez aider les gens à trouver un emploi, cela leur simplifie énormément la tâche », a déclaré Erel Hershko, chef du service de physiothérapie de la clinique de rééducation Bet Hadar à Ashdod. « Nous avons besoin de nombreux travailleurs, pas seulement dans mon établissement, mais dans tout le pays. L’écart entre les besoins des hôpitaux et le nombre de professionnels disponibles est immense, nous sommes donc prêts à tout faire pour aider. Des subventions sont prévues pour les nouveaux immigrants dans certaines professions, comme la médecine, et les salaires peuvent être très attractifs. »
Kahana, lui, considère cette initiative comme un prolongement du processus historique de développement de l’État d’Israël.
« Ce pays a été construit par les olim », a déclaré Kahana. « La vague d’alyah venue de l’Union soviétique dans les années 1990 a contribué à bâtir l’économie israélienne, dont nous bénéficions encore aujourd’hui. Mais cette génération prend désormais sa retraite, et il faut la remplacer par des ingénieurs, des médecins et des chercheurs qualifiés, soutenus par nos universités et nos entreprises de haute technologie. »
« L’alyah est le prochain chapitre de l’histoire d’Israël, et je pense que d’ici deux ou trois ans, nous assisterons à une importante vague de nouveaux olim », a conclu Kahana. « Cela prendra du temps, mais ils viendront. »
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