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125 000 Israéliens ont émigré entre 2022 et 2024

Un rapport de la Knesset montre que la guerre entre Israël et le Hamas et la réforme judiciaire de 2023 ont provoqué un "tsunami" d'Israéliens quittant le pays sans intention d'y revenir

Des personnes font la queue pour passer le contrôle des passeports à l'aéroport international Ben Gurion en Israël, le 21 septembre 2008. (Crédit : Yossi Zamir/Flash90)
Des personnes font la queue pour passer le contrôle des passeports à l'aéroport international Ben Gurion en Israël, le 21 septembre 2008. (Crédit : Yossi Zamir/Flash90)

Selon un rapport qui a été présenté lundi à la commission de l’Immigration et de l’Intégration de la Knesset, plus de 125 000 citoyens israéliens ont émigré entre le début de l’année 2022 et les six premiers mois de l’année 2024 – ce qui représente la plus grande perte de capital humain jamais enregistrée par le pays en si peu de temps.

Le rapport, qui a été préparé par le Centre de recherche et d’information de la Knesset, a révélé qu’une série de facteurs – notamment la guerre entre Israël et le Hamas à Gaza, les troubles politiques qui ont culminé en 2023 avec des manifestations de masse contre le projet de refonte radicale du système judiciaire avancé par le gouvernement et les répercussions de la guerre entre la Russie et l’Ukraine – ont entraîné une explosion du nombre d’Israéliens qui ont définitivement quitté le pays au cours de ces dernières années.

Une tendance qui se serait poursuivie jusqu’en 2025, alors que la guerre à Gaza se prolongeait.

« Il ne s’agit pas d’une vague d’émigration, mais d’un véritable tsunami d’Israéliens qui choisissent de quitter le pays », a déploré le président de la commission, le député Gilad Kariv. Il a souligné que le gouvernement israélien n’avait actuellement aucun plan pour y remédier. Il a ajouté que sa commission s’efforcerait de s’attaquer à cette problématique à l’avenir.

Le solde migratoire net des citoyens israéliens — le nombre de citoyens qui quittent le pays sans intention d’y revenir, moins le nombre de ceux qui reviennent pour une longue durée — a diminué de 125 200 personnes entre le début de l’année 2022 et le mois d’août 2024, selon le rapport.

Environ 59 400 Israéliens sont partis du territoire en 2022 et 82 800 en 2023, un chiffre record, a établi l’étude. En 2024, près de 50 000 personnes ont quitté le pays entre le mois de janvier et le mois d’août.

Le député Gilad Kariv lors d’une réunion de la commission de l’Immigration et de l’intégration de la Knesset, le 20 octobre 2025 (Crédit : Dani Shem-Tov/ Bureau du porte-parole de la Knesset)

Pour mettre les choses en perspective, le nombre moyen d’émigrants à long terme entre 2009 et 2021 était d’environ 40 500 par an, selon le rapport.

Par ailleurs, 29 600 Israéliens vivant à l’étranger sont revenus en Israël en 2022, 24 200 en 2023 et 12 100 au cours des huit premiers mois de 2024, selon le rapport.

Si, au cours des décennies précédentes, la plupart des Israéliens qui quittaient le pays étaient en quête d’ascension sociale, de réussite et d’éducation, aujourd’hui, la situation politique et sécuritaire est le principal facteur qui pousse les Israéliens à partir, selon une étude menée par Lilach Lev Ari, professeure de sociologie à l’Oranim College.

Les données, compilées par la Dr Ayala Eliyahu, utilisent la définition du Bureau central des statistiques (CBS) selon laquelle les émigrants sont ceux qui quittent Israël pour passer au moins 275 jours à l’étranger dans l’année suivant leur départ, et les Israéliens de retour sont ceux qui reviennent pour passer au moins 275 jours dans l’année en Israël après un séjour à l’étranger.

Après cinq ans de résidence à l’étranger, l’Institut national d’assurance (bituah leumi) est habilité à suspendre le statut de résident en Israël, mais les citoyens peuvent également prendre l’initiative d’annuler eux-mêmes leur statut de résident, a précisé l’avocat Danny Zaken, du bituah leumi. Le nombre de demandes de ce type a plus que triplé, passant d’une moyenne de 2 500 avant 2021 à 8 400 en 2024, a-t-il ajouté.

Le calcul du rapport, qui fait état d’une migration négative de 125 200 personnes, n’inclut pas les nouveaux immigrants. Israël a accueilli plus de 74 000 nouveaux citoyens en 2022, 46 000 en 2023 et environ 24 000 au cours des huit premiers mois de 2024, selon les chiffres du CBS.

En 2025, l’immigration en provenance des pays occidentaux a augmenté par rapport à l’année précédente, en grande partie en raison de la montée de l’antisémitisme à l’étranger et d’un regain d’enthousiasme pour la cause sioniste depuis l’invasion du Hamas le 7 octobre 2023, selon les défenseurs de l’alyah. Cependant, les niveaux d’immigration en provenance des États-Unis, de la France, du Royaume-Uni, du Canada et d’autres pays restent faibles par rapport à ceux d’il y a dix ans.

Des passagers consultant le tableau des départ, alors que les vols sont annulés ou retardés en raison de l’assaut barbare et sanglant du Hamas, à l’aéroport Ben Gurion, près de Tel Aviv, le 7 octobre 2023. (Crédit : Gil Cohen-Magen/AFP)

Le ministère de l’Immigration et de l’Intégration n’a pas l’intention d’endiguer le flux d’émigration, a précisé Eric Michaelson, directeur de l’alyah au sein du ministère.

« Nous ne sommes pas un ministère chargé de prévenir l’émigration, et nous n’avons pas pour mission d’arrêter le processus d’émigration du pays », a déclaré Michaelson à la commission. « [Seuls] les immigrants et les résidents de retour sont pris en charge par le ministère de l’Immigration et de l’Intégration, et nous nous efforçons de les garder dans le pays pendant longtemps. »

Le ministre de l’Immigration et de l’Intégration, Ofir Sofer, a initié au cours de l’année écoulée un certain nombre d’améliorations du processus d’immigration, et le ministère organisera mercredi à Tel-Aviv une conférence sur le renforcement de l’immigration en tant que moteur de la croissance économique d’Israël.

Kariv a appelé le ministère de l’Immigration et de l’Intégration à élaborer un plan stratégique visant à encourager les citoyens israéliens à l’étranger à revenir dans leur pays, et à mettre en place un mécanisme spécifique pour surveiller les universitaires qui quittent Israël pour aller travailler dans des universités étrangères, un phénomène souvent qualifié de « fuite des cerveaux ».

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