Un nouveau plan vise à encourager l’alyah de Juifs talentueux et fortunés
L'initiative du gouvernement prévoit des mesures incitatives pour les personnes ayant les compétences recherchées par les entreprises israéliennes

Un nouveau programme gouvernemental vise à attirer en Israël des Juifs diplômés et qualifiés en leur proposant une série d’avantages et de mesures incitatives.
Le ministère de l’Immigration et de l’Intégration espère que ce plan permettra de pourvoir des postes vacants essentiels à l’économie dans les entreprises israéliennes.
Par exemple, un médecin qui immigre en Israël et accepte de vivre et de travailler dans certaines régions du sud ou du nord, qui sont en cours de réhabilitation après les ravages causés par les guerres entre Israël et les groupes terroristes palestinien du Hamas et chiite libanais du Hezbollah, pourrait recevoir une subvention pouvant atteindre 400 000 shekels, a déclaré au Times of Israel Avichaï Kahana, directeur général du ministère de l’Immigration et de l’Intégration.
« Cela ne concerne pas uniquement les personnes exerçant des professions hautement qualifiées. Cela concerne les domaines dans lesquels Israël manque actuellement de main-d’œuvre », a précisé Kahana. Les experts en sécurité, en intelligence artificielle (IA) et en technologies aéronautiques font partie des profils recherchés par l’économie, tout comme les leaders dans certains domaines financiers, a-t-il ajouté.
Courant septembre, le ministère rencontrera les dirigeants du secteur de l’industrie et du gouvernement afin de clarifier les compétences requises, a déclaré Kahana.
Les avantages comprendront des incitations fiscales, une aide spéciale à l’intégration qui ira au-delà de l’aide standard (« sal klita ») accordée aux olim hadashim – ou nouveaux immigrants – et, dans certains cas, des subventions financières.
Les spécialistes de certains domaines scientifiques peuvent recevoir des subventions de plus d’un million de shekels pour s’installer en Israël et y ouvrir un laboratoire, dans le cadre du programme Beresheet lancé plus tôt cette année, a noté Kahana.
Ce plan triennal, approuvé lundi, vise à rendre l’idée de s’installer en Israël et de contribuer à l’économie locale plus attrayante pour les talents de la Diaspora juive, a expliqué le ministère, dans le cadre de l’objectif global d’Israël d’encourager davantage l’alyah – ou l’immigration en Israël.
Israël rejoint ainsi plusieurs autres pays qui ont lancé ces dernières années des programmes pour attirer une main-d’œuvre hautement qualifiée dans des secteurs où la demande est forte. Le Canada, l’Allemagne, le Royaume-Uni, l’Australie et plusieurs pays scandinaves proposent des avantages tels que la simplification des procédures de visa, un soutien financier et des avantages fiscaux.
L’immigration en Israël est en baisse depuis le déclenchement de la guerre actuelle suite au pogrom perpétré par le groupe terroriste palestinien du Hamas le 7 octobre 2023. Le nombre de personnes s’installant en Israël a diminué de 30 % pour atteindre 32 161 en 2024, alors que l’antisémitisme a connu une flambée dans le monde entier.
Le ministère de l’Immigration et de l’Intégration espère que ces mesures permettront d’injecter des milliards de shekels dans l’économie, de réduire la dépendance à l’égard de la main-d’œuvre étrangère, d’encourager les investissements étrangers et de renforcer la position d’Israël sur la scène internationale.
Cette décision fait suite à une réforme approuvée en début d’année, visant à accélérer l’octroi de licences aux olim hadashim pour qu’ils puissent exercer leur profession. Les immigrants déplorent depuis longtemps la longueur des procédures d’obtention de licences pour des professions telles que la médecine, l’ingénierie, le travail social, l’éducation ou la finance, qui les empêchent de trouver un emploi dans leur domaine et, dans certains cas, les dissuadent de s’installer en Israël.
« La question de l’emploi est un défi central pour l’immigration, et au cours de l’année écoulée, nous avons mené une véritable révolution, allant de la réforme des professions à de nouvelles mesures qui renforceront l’économie israélienne et permettront d’intégrer rapidement et dignement les immigrants », a déclaré Ofir Sofer, ministre de l’Immigration et de l’Intégration.
« L’alyah n’est pas seulement la réalisation du rêve sioniste, mais aussi la clé de l’avenir économique, social et moral d’Israël. »
Les représentants des organisations d’olim hadashim ont réagi de manière mitigée à ce programme.
Yael Katsman, vice-présidente chargée de la communication chez Nefesh B’Nefesh, a déclaré que cette initiative était « une merveilleuse occasion de soutenir les olim de tous horizons et de tous talents dans leur alyah, et ainsi de contribuer à l’économie en pleine croissance et au paysage culturel dynamique d’Israël ».
L’Association des Américains et Canadiens en Israël (AACI) s’est montrée moins enthousiaste.
« Le ministère dispose déjà d’unités spéciales et d’une aide pour différentes professions, et il reste à voir en quoi ce plan sera différent », a déclaré le conseiller en immigration de l’AACI.
« Encourager l’immigration de diplômés étrangers dans des domaines où il y a des besoins grâce à des bourses et des subventions est une initiative louable, mais dans le même temps, Israël doit soutenir ses jeunes qui sont en concurrence pour obtenir une place dans les établissements universitaires israéliens et pour trouver un emploi après l’obtention de leur diplôme. L’un ne doit pas se faire au détriment de l’autre. »
De tels programmes peuvent faciliter l’immigration en Israël, a fait remarquer Dorron Kline, PDG de Telfed, une organisation représentant les Sud-Africains en Israël.
« Mais avant tout, ils aident l’État d’Israël », a-t-il déclaré.
Sensibilisation en Europe
La semaine dernière, des représentants du ministère des Finances et de l’Administration fiscale israéliens ont visité un salon de l’alyah à Londres, où ils ont rencontré des Juifs britanniques fortunés qui envisagent d’immigrer.
« Ils sont venus discuter de certaines questions fiscales intéressantes en Angleterre », a indiqué Kahana.
Un certain nombre de Juifs britanniques ont exprimé le souhait de déménager leur entreprise en Israël lorsqu’ils immigreront, a-t-il expliqué.
Actuellement, les nouveaux immigrants ont droit à une exonération fiscale sur les revenus gagnés à l’étranger pendant leurs dix premières années en Israël. Cependant, cette exonération ne s’applique pas aux entreprises basées en Israël, ce qui pose un problème à ces entrepreneurs.
« Nous devrons peut-être changer cela afin de rendre Israël plus compétitif », a déclaré Kahana.
« Cela n’enlèvera rien à nos avantages habituels en matière d’intégration, mais cela permettra de reconnaître que certaines personnes ont des besoins supplémentaires. »
Kahana a ajouté que l’intérêt pour l’alyah augmente dans les pays où l’antisémitisme est fort, et a déclaré que le ministère s’efforce de faciliter le processus.
Une trentaine de fonctionnaires du ministère passent désormais une semaine par mois à visiter des pays européens afin d’apporter une aide personnalisée aux olim potentiels, a-t-il précisé.







