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Célébrités et ONG accusent Israël « d’attaque directe » contre les services de santé à Gaza

Dans leur lettre, des acteurs et des groupes de défense des droits humains utilisent des termes tirés de la Convention sur le génocide et accusent Israël de cibler délibérément des civils

Des Gazaouis inspectant les dégâts autour de l'hôpital Shifa de Gaza après le retrait de l'armée israélienne du complexe abritant l'hôpital, après deux semaines de combats contre des groupes terroristes, le 1ᵉʳ avril 2024. (Crédit : AFP)
Des Gazaouis inspectant les dégâts autour de l'hôpital Shifa de Gaza après le retrait de l'armée israélienne du complexe abritant l'hôpital, après deux semaines de combats contre des groupes terroristes, le 1ᵉʳ avril 2024. (Crédit : AFP)

De nombreuses personnalités, ainsi qu’une poignée d’ONG et plusieurs dizaines de membres du personnel soignant palestinien, ont signé une lettre publiée lundi, dans laquelle ils accusent Israël de cibler délibérément les installations médicales à Gaza et en Cisjordanie, et demandent instamment la levée de toutes les restrictions à l’entrée de l’aide humanitaire.

Ce document de trois pages affirme que « le gouvernement israélien a délibérément imposé des conditions de vie destinées à provoquer la destruction des Palestiniens à Gaza », une formulation tirée de la Convention des Nations unies sur le génocide, émise après l’extermination de six millions de Juifs pendant la Seconde Guerre mondiale, et qu’il a pris pour cible des civils et du personnel soignant. Israël nie vigoureusement ces allégations.

Selon The Guardian, cette lettre sera remise aux législateurs britanniques et européens lors de réunions qui se tiendront cette semaine.

La lettre affirme qu’Israël « a systématiquement sapé le système de santé de Gaza pendant plus de vingt ans ; depuis octobre 2023, ce système de santé est directement attaqué ».

À aucun moment, le groupe terroriste palestinien du Hamas, le pogrom perpétré par ce dernier le 7 octobre 2023 contre Israël ou les 251 otages enlevés ce jour-là en Israël, dont certains ont été détenus à Gaza pendant deux ans jusqu’au récent cessez-le-feu, ne sont mentionnés.

Elle indique également que, malgré le cessez-le-feu, « les troupes israéliennes mènent quotidiennement des attaques à Gaza » et que « le gouvernement israélien continue de bloquer l’aide humanitaire et d’empêcher l’entrée à Gaza des fournitures médicales et du personnel soignant en quantité suffisante ».

Des Gazaouis pleurant la mort de Gazaouis tués lors d’une frappe aérienne israélienne devant l’hôpital Nasser, à Khan Younès, dans le sud de la bande de Gaza, le 12 janvier 2026. (Crédit : Rahim Khatib/Flash90)

Israël réfute catégoriquement avoir délibérément pris pour cible des civils et souligne que les groupes terroristes opèrent intentionnellement depuis des zones sensibles, notamment des hôpitaux.

Israël affirme également que ses restrictions et inspections de l’aide humanitaire entrant dans la bande de Gaza sont nécessaires pour empêcher la contrebande d’armes ainsi que l’entrée d’articles à double usage pouvant être utilisés par des terroristes pour attaquer des soldats et des civils israéliens.

En mars 2024, Israël a bloqué toute aide humanitaire à destination de Gaza, s’écartant ainsi de sa politique antérieure, affirmant qu’il y en avait déjà suffisamment pour répondre aux besoins de la population et que toute aide supplémentaire renforcerait le Hamas.

Jérusalem est revenu sur sa décision deux mois plus tard, face au tollé international suscité par des images d’enfants souffrant de malnutrition et des rapports faisant état d’une pénurie alimentaire publiés par des organisations non gouvernementales, ce qu’Israël a fermement contesté.

Un camion chargé d’aide humanitaire circulant sur la route Salah al-Din dans le centre de la bande de Gaza, près de Deir al-Balah, le 9 novembre 2025. (Crédit : Eyad Baba/AFP)

En août, Israël avait déjà été condamné par la communauté internationale pour les nombreuses informations (dont certaines ont été utilisées à des fins diffamatoires) faisant état de cas de famine et de décès dus à la malnutrition dans la bande de Gaza. Netanyahu a répété à maintes reprises que Gaza ne souffrait pas de famine et qu’Israël ne cherchait en aucun cas à provoquer une crise humanitaire dans cette région.

La lettre publiée lundi a été signée par deux ONG israéliennes : B’Tselem et Physicians for Human Rights – Israel. Ces deux groupes ont déjà accusé Israël de « génocide » à Gaza.

Elle a également été signée par des groupes internationaux tels que Human Rights Watch et Oxfam.

Parmi les personnalités qui l’ont signée, on compte les acteurs Joaquin Phoenix, Peter Capaldi et Cynthia Nixon, l’humoriste Ilana Glazer et le leader du groupe Rage Against the Machine, Tom Morello.

Hind Rajab, une fillette gazaouie âgée de 6 ans. (Crédit : Famille Rajab via l’AFP)

La première signataire de la lettre est Wesam Hamada. Elle est la mère de Hind Rajab, une fillette de six ans qui aurait été tuée par les forces israéliennes à Gaza en janvier 2024. Au téléphone, elle avait supplié qu’on lui envoie une ambulance qui n’est jamais arrivée, et son corps a été retrouvé quelques jours plus tard.

La Société du Croissant-Rouge palestinien a accusé Israël d’avoir délibérément pris pour cible l’ambulance qu’elle avait envoyée pour porter secours à la fillette.

Or, quelques semaines après la mort de Rajab, l’armée israélienne avait déclaré qu’aucun de ses soldats ne se trouvait dans la zone au moment des faits.

Un article du Washington Post publié le 16 avril 2024 a conclu que l’armée israélienne était probablement responsable de la mort de la fillette.

La lettre exige « le rétablissement immédiat de la liberté de circulation entre Gaza et la Cisjordanie, y compris Jérusalem-Est », dans le cadre du système de santé palestinien ; « un accès humanitaire immédiat, inconditionnel, sans entrave et durable » aux territoires ; la libération du personnel médical et humanitaire « détenu arbitrairement » ; et la « responsabilisation » pour les crimes commis.

La guerre à Gaza a éclaté lorsque quelque 6 000 Gazaouis dont 3 800 terroristes dirigés par le Hamas ont pris d’assaut le sud d’Israël le 7 octobre 2023, tué plus de 1 200 personnes, principalement des civils, enlevé 251 otages de tous âges, et commis de nombreuses atrocités et en utilisant la violence sexuelle comme arme à grande échelle.

L’offensive israélienne qui a suivi avait pour objectifs déclarés de libérer les otages, de détruire les capacités armées et gouvernementales du Hamas et d’empêcher Gaza de constituer une menace future pour Israël.

Les combats ont pour l’essentiel cessé en octobre 2025 grâce à un cessez-le-feu négocié par les États-Unis, qui imposait la libération de tous les otages restants, bien que le corps d’un otage mort, le sous-officier de l’unité d’élite de police Yamam, Ran Gvili, est toujours retenu à Gaza.

Une affiche du sous-officier de l’unité d’élite de police Yamam Ran Gvili visible lors d’un rassemblement appelant le Hamas à restituer sa dépouille, toujours retenue à Gaza, dans la communauté israélienne de Meitar, au sud du pays, le 13 décembre 2025. (Crédit : Tsafrir Abayov/Flash90)

Washington envisageait cette trêve comme la première étape d’un plan plus vaste, qui aboutirait au désarmement du Hamas, à la démilitarisation de la bande de Gaza et au retrait complet d’Israël de l’enclave, à l’exception d’une zone tampon le long de son périmètre. La mise en œuvre de ce plan est actuellement au point mort.

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