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Washington demande une enquête « urgente » sur la mort de la jeune Hind Rajab

La mort de la petite Gazaouie qui avait supplié qu'on la sauve a bouleversé l'administration US qui attend des résultats rapides de l'enquête israélienne ouverte par Tsahal

Cette photo non datée fournie par la famille montre la fillette palestinienne Hind Rajab, âgée de 6 ans. L'enfant a disparu après que la voiture de la famille a été la cible de tirs à Gaza, selon le ministère de la Santé de Gaza, dirigé par le Hamas. Elle a été retrouvée morte le 10 février 2024. (Crédit : Famille/AFP)
Cette photo non datée fournie par la famille montre la fillette palestinienne Hind Rajab, âgée de 6 ans. L'enfant a disparu après que la voiture de la famille a été la cible de tirs à Gaza, selon le ministère de la Santé de Gaza, dirigé par le Hamas. Elle a été retrouvée morte le 10 février 2024. (Crédit : Famille/AFP)

Washington a demandé à Israël d’enquêter sur la mort très médiatisée d’une petite fille de Gaza qui avait supplié les secouristes de lui venir en aide et qui a été retrouvée morte, a déclaré lundi le département d’État.

Samedi, des proches ont retrouvé le corps de Hind Rajab, 6 ans, qui avait imploré l’aide des secouristes de Gaza alors qu’elle était coincée dans une voiture sous des tirs présumés de l’armée israélienne, avec les corps de cinq membres de sa famille et de deux ambulanciers qui étaient allés la secourir, a indiqué le Croissant-Rouge palestinien. Le porte-parole du département d’État, Matthew Miller, a déclaré lundi que les États-Unis étaient « bouleversés » par la nouvelle de la mort de l’enfant lors d’une frappe israélienne survenue pendant la guerre en cours contre le groupe terroriste palestinien du Hamas dans la bande de Gaza.

« Nous avons demandé aux autorités israéliennes d’enquêter de manière urgente sur cet incident. Nous savons qu’elles sont en train de procéder à cette enquête et nous attendons de voir les résultats dans les meilleurs délais. Ceux-ci devraient inclure des mesures de responsabilisation », a indiqué Miller lors d’un point presse.

Le Croissant-Rouge palestinien a accusé Israël d’avoir délibérément pris pour cible une ambulance dépêchée pour secourir Rajab, qui venait de passer des heures au téléphone avec les secouristes à implorer de l’aide, tandis que le bruit des tirs résonnait autour d’elle. Les responsables des services d’urgence ont passé des jours à tenter de localiser Hind et les ambulanciers après avoir perdu le contact, jusqu’à ce que l’on découvre leur cadavre samedi.

Tsahal a indiqué avoir lancé une enquête préliminaire sur cette affaire, mais n’a pas fourni d’informations supplémentaires.

La mère de Hind, Wissam Hamada, a imputé la mort de la petite fille aux « mécréants », le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu et le président américain Joe Biden, « et à tous ceux qui ont conspiré contre Gaza et son peuple ».

« Le jour du jugement dernier, j’interrogerai devant Dieu ceux qui ont entendu les appels à l’aide de ma fille et qui ne l’ont pas sauvée », a-t-elle affirmé à l’AFP.

Un Palestinien marche au milieu des destructions causées par l’offensive aérienne et terrestre israélienne sur la bande de Gaza, dans la ville de Gaza, le 10 février 2024. (Crédit : AP/Mohammed Hajjar)

Des membres de la famille ont retrouvé le corps de Hind Rajab ainsi que ceux de son oncle et de sa tante et de leurs trois enfants dans une voiture près d’un rond-point dans la banlieue de Tel al-Hawa à proximité de la ville de Gaza, selon l’agence de presse palestinienne officielle Wafa.

Un autre oncle de Hind, Sameeh Hamadeh, a indiqué que la voiture était criblée d’impacts de balles.

Des enregistrements audio poignants de la conversation de la petite fille terrifiée avec les secouristes à la fin du mois de janvier ont souligné les conditions impossibles dans lesquelles vivent les civils face à la guerre menée par Israël contre le Hamas dans la bande de Gaza.

D’autres enregistrements diffusés par le Croissant-Rouge au début du mois rapportent la conversation de Layan Hamadeh, la cousine adolescente de Hind, avec les secouristes les informant de l’approche d’un char israélien, avant que des coups de feu ne retentissent et qu’elle ne se mette à hurler.

Seule survivante du véhicule dans lequel elle voyageait avec sa famille, Rajab est restée en ligne pendant trois heures avec des standardistes, qui ont tenté de la rassurer tout en préparant l’envoi d’une ambulance.

Dans un autre enregistrement audio, on l’entend crier désespérément : « Venez me chercher. J’ai tellement peur, venez s’il vous plaît. »

Dès que les standardistes ont reçu le feu vert, après quelques heures, pour circuler en toute sécurité dans la zone, ils ont envoyé une ambulance avec deux secouristes, Youssef Zeino et Ahmed Al-Madhoon.

Le contact avec les secouristes et Rajab a été rapidement perdu, laissant familles, collègues et de nombreuses personnes à travers le monde inquiets sur leur sort.

La guerre a commencé le 7 octobre avec l’assaut du Hamas sur le sud d’Israël, accompagné d’un barrage de roquettes tirées sur des villes et des communautés à travers le pays. Au cours de cet assaut, les terroristes du groupe ont brutalement assassiné près de 1 200 personnes, les torturant et les violant, et ont pris 253 otages, selon les estimations israéliennes.

Depuis, l’armée israélienne a envahi la majeure partie de l’enclave palestinienne, soumise à d’intenses bombardements dans le cadre d’un conflit qui a fait quelque 28 000 victimes, selon les autorités de la Santé de Gaza, dirigées par le Hamas. Ces chiffres ne peuvent être vérifiés de manière indépendante et incluraient plus de 10 000 membres terroristes du Hamas tués au combat, ainsi que les habitants de Gaza tués par des roquettes tirées par le groupe terroriste.

Les troupes en opération dans la bande de Gaza sur une photo autorisée à la publication le 13 février 2024. (Crédit : Armée israélienne)

L’armée israélienne maintient depuis le début de la guerre qu’elle fait tout son possible pour éviter les pertes civiles, mais que celles-ci sont inévitables puisqu’elle combat des terroristes infiltrés dans la population civile qui, de surcroit, utilisent des civils comme boucliers humains.

Israël subit néanmoins les critiques montantes de la communauté internationale en raison du nombre de morts et de blessés.

Tout en défendant le droit d’Israël à attaquer le Hamas, l’administration du président américain Joe Biden a appelé à plusieurs reprises Israël à faire davantage pour réduire le nombre de victimes civiles et permettre l’acheminement de l’aide humanitaire.

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