Contredisant Smotrich, Nitzan Alon affirme que davantage d’otages auraient pu rentrer vivants
Selon l'ex-responsable des négociations pour les otages, la guerre aurait pu prendre fin au moins un an plus tôt, mais "le gouvernement a rejeté des accords globaux proposés plus tôt au nom d'une victoire totale, ce qui est un mensonge"
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Mercredi, l’ancien responsable des négociations pour la libération des otages, le général de division (Rés.) Nitzan Alon a affirmé que la guerre à Gaza aurait pu prendre fin « au moins un an plus tôt », visant ainsi à contrer les affirmations du ministre des Finances, Bezalel Smotrich, qui s’est récemment attribué le mérite du retour de tous les otages détenus par des groupes terroristes dans la bande de Gaza.
Tout au long de ces deux années de guerre, Smotrich a voté à maintes reprises contre des accords qui auraient permis de libérer les otages plus tôt.
Alon a affirmé que certains des otages tués auraient pu rentrer chez eux vivants si d’autres décisions avaient été prises.
« À Gaza, nous avons mené une longue guerre qui aurait pu prendre fin au moins un an plus tôt », a déclaré Alon lors de la Conférence d’Herzliya à l’université Reichman.
« Lorsqu’on évoque le retour de tous les otages, il faut garder à l’esprit qu’une quarantaine d’entre eux, enlevés vivants, ont été tués en captivité, et je n’oublie pas cela. »
« Dans certains cas, avec une conduite, des décisions ou des négociations différentes, nous aurions peut-être pu les ramener vivants », a-t-il ajouté.
« C’est pourquoi je ne pense pas que le ministre Smotrich, qui s’est opposé à certains accords à différentes étapes, puisse s’attribuer le mérite du retour de tous les otages. »
« Le gouvernement et les dirigeants politiques ont rejeté par le passé des accords globaux au nom de cette ‘victoire totale’, qui n’est en réalité qu’un mensonge », a ajouté Alon, faisant référence à un slogan répété par le Premier ministre Benjamin Netanyahu et d’autres membres de la coalition pendant la guerre.
Smotrich a suscité l’indignation dimanche à la suite de ses propos, l’ancien otage Or Levy a réagi en qualifiant la déclaration de Smotrich de « propagande et de gaslighting ».
« Je pense que j’ai joué un grand rôle, un rôle peut-être même décisif, dans la guerre », a déclaré Smotrich dans le podcast « All In » de Nadav Perry.
« Je pense que sans moi, la guerre à Gaza aurait été interrompue avant même [l’opération à] Rafah », a-t-il ajouté, faisant référence à l’offensive lancée par l’armée israélienne dans la ville la plus au sud de la bande de Gaza en mai 2024.
« Soit dit en passant », a-t-il poursuivi, « contrairement à ce que disent ceux qui tentent de me faire passer pour un sans cœur insensible au sort des otages, je crois que c’est grâce à moi que tous les otages sont ici. »
Pour expliquer son raisonnement, Smotrich a indiqué qu’après la libération de tous les otages vivants, à l’exception de 21 d’entre eux, dans le cadre d’un accord conclu en janvier 2025 avec le Hamas, un autre accord partiel avait été proposé, qui aurait permis de ramener huit autres otages vivants, en laissant douze derrière.
« Si à ce moment-là je n’avais pas fixé de ligne rouge et dit à [Premier ministre Benjamin] Netanyahu que cela ne se ferait pas… nous serions encore en train de négocier avec le Hamas aujourd’hui pour un autre, et encore un autre, et encore un autre accord », a-t-il assuré.
Malgré les affirmations de Smotrich, si l’accord en question n’avait pas échoué moins de deux mois après son lancement, début mars 2025, il aurait débouché sur une deuxième phase incluant la libération de tous les otages, vivants ou morts.
Ce n’est qu’en octobre 2025 que les 20 derniers otages encore en vie ont été relâchés, l’un d’entre eux, un citoyen américano-israélien, ayant été libéré séparément en mai en guise de geste envers les États-Unis, avant que les dépouilles des otages morts ne soient rapatriées. Le corps du dernier otage mort, le sergent Ran Gvili, a été remis à Israël le 26 janvier 2026.
Au total, sur les 251 otages enlevés par le Hamas et d’autres groupes terroristes lors de l’invasion et du pogrom perpétrés le 7 octobre 2023 dans le sud d’Israël, 166 ont été relâchés vivants et 85 ont été rapatriés sans vie.
Parmi les corps restitués à Israël au cours des deux années qui ont suivi le 7-Octobre, 44 étaient déjà morts au moment de leur enlèvement et 41 avaient été enlevés vivants puis tués en captivité.
Dans de nombreux cas, ils ont été exécutés par leurs geôliers ; dans d’autres, Tsahal a confirmé que ses propres actions, notamment des frappes aériennes, avaient entraîné la mort d’otages.
Tout au long de ces deux années de guerre à Gaza, Smotrich s’est systématiquement opposé aux différentes propositions d’accords sur les otages ou n’y a apporté qu’un soutien conditionnel, estimant que la poursuite de l’opération militaire et la chute du Hamas étaient plus importantes.
Il a menacé à plusieurs reprises de retirer son parti, HaTzionout HaDatit, du gouvernement si un accord qu’il désapprouvait était signé.
Ses propos tenus dimanche ont suscité la colère des otages libérés et de leurs familles.
Or Levy, qui a été relâché en février 2025, a accusé le ministre des Finances de diffuser une « propagande manipulatrice ».
« Si vous voulez dire que c’est grâce à vous que des otages ont été assassinés [en captivité] pendant que vous torpilliez les accords – alors oui », a écrit Or Levy, dont l’épouse, Eynav Levy, a été assassinée lors du festival de musique Nova le 7-Octobre.
« Si cela n’avait tenu qu’à vous, nous ne serions pas encore revenus, à ce jour… Bezalel Smotrich, vous êtes la honte des ministres, la honte des citoyens et la honte des êtres humains. »
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