Un organisme indépendant des Nations unies a condamné ce qu’il a appelé les attaques virulentes, fondées sur la désinformation, de plusieurs ministres européens à l’encontre de Francesca Albanese, rapporteuse spéciale de l’ONU pour les Territoires palestiniens occupés, Francesca Albanese, qui fait l’objet d’une vague de critiques pour ses propos anti-Israël.
La France, l’Italie, la République tchèque et l’Allemagne ont demandé à Albanese, qui a été accusée à maintes reprises d’antisémitisme et de rhétorique anti-Israël, de démissionner suite à ses propos du week-end dernier, dans lesquels elle a fait référence à un « ennemi commun de l’humanité » après avoir critiqué « la plupart du monde » et les médias pour avoir, selon elle, permis le « génocide » d’Israël à Gaza.
Ses détracteurs et Israël l’accusent de faire référence à Israël dans sa remarque sur « l’ennemi commun », mais Albanese assure que cette interprétation est une « manipulation » et est « complètement fausse ».
Israël rejette catégoriquement toutes les accusations de génocide.
Le comité de coordination des Nations unies, un organe composé de six experts indépendants qui coordonne et facilite le travail des rapporteurs spéciaux, a accusé les ministres européens de s’appuyer sur des « faits fabriqués ».
« Au lieu d’exiger la démission de Mme Albanese pour avoir exercé son mandat… ces représentants gouvernementaux devraient unir leurs forces pour demander des comptes, y compris devant la Cour pénale internationale, aux dirigeants et aux responsables accusés d’avoir commis des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité à Gaza », a déclaré la commission, faisant vraisemblablement référence à Israël.
Elle a ajouté que les pressions exercées sur Albanese s’inscrivaient dans une tendance croissante d’attaques malveillantes et motivées par des considérations politiques contre des experts indépendants du Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme (HCDH), des fonctionnaires de l’ONU et des juges de tribunaux internationaux.
L’administration du président américain Donald Trump a imposé en juillet des sanctions à Albanese après qu’elle a écrit des lettres à des entreprises américaines pour les accuser de contribuer aux violations flagrantes des droits de l’homme commises par Israël à Gaza et en Cisjordanie.
Il n’existe aucun précédent de révocation d’un rapporteur spécial en cours de mandat, même si des diplomates ont déclaré que les États membres du Conseil, qui en compte 47, pourraient, en théorie, proposer une motion le 23 février en ce sens.
Toutefois, ils ont ajouté que le soutien massif en faveur des droits des Palestiniens au sein de l’organe rendait peu probable l’adoption d’une telle motion.