Des anti-sionistes soutiennent le boycott d’un événement à NY pour protester contre un représentant juif
Des militants des universités de la CUNY soutiennent les actions de la semaine dernière visant un représentant juif qualifié de "sioniste" et condamnent les initiatives interconfessionnelles sur les campus
- Lire d'autres articles du Times of Israël sur Google – ajoutez-nous à vos sources préférées
Luke Tress est le correspondant du Times of Israel à New York.

NEW YORK — Dimanche, à New York, des groupes militants anti-sionistes ont manifesté leur soutien à un leader musulman qui a quitté un événement interconfessionnel organisé dans une université après avoir qualifié un autre participant de « sioniste ».
Ces groupes ont également condamné d’autres initiatives interreligieuses similaires.
La semaine dernière, Abdullah Mady, un leader musulman, a incité une centaine d’étudiants à quitter un événement interconfessionnel organisé au City College of New York, à Manhattan, après avoir critiqué le représentant de la communauté juive, le dirigeant du Hillel Ilya Bratman.
« En venant à cet événement, j’ignorais que je serais assis à côté d’un sioniste, et c’est quelque chose que je ne peux accepter. Mon peuple se fait actuellement massacrer à Gaza », a déclaré Mady, sous les acclamations et les applaudissements des étudiants.
« Si vous êtes musulmans, par dignité et par force, je vous demande de quitter immédiatement cette salle », a-t-il crié, entraînant tous les étudiants musulmans hors de la salle.
Le City College of New York, qui appartient au système public de la City University of New York (CUNY), a rapporté être au courant de l’incident et avoir ouvert une enquête.
Cet incident, rapporté pour la première fois par le Times of Israel, a suscité un tollé parmi les dirigeants new-yorkais, notamment la gouverneure Kathy Hochul, qui a qualifié d’antisémites ces propos et cette sortie.
Mais au cours du week-end, des groupes de militants de toute la ville, notamment des campus de la CUNY, ont publié des communiqués dans lesquels ils affichaient leur soutien à Mady et condamnaient les initiatives interconfessionnelles.
Des groupes musulmans ou pro-palestiniens issus du John Jay College de la CUNY, du Borough of Manhattan Community College, du Brooklyn College, du College of Staten Island et du CUNY Graduate Center, tout comme le Muslim American Society Youth Center de Brooklyn, ont aussi publié des déclarations en soutien à Mady.
« Nous sommes totalement solidaires des propos d’Abdullah Mady refusant toute normalisation du sionisme », a affirmé un groupe du John Jay College dans un communiqué largement relayé par d’autres organisations militantes.
Les ateliers interconfessionnels « ne constituent pas un véritable dialogue : ils ressemblent plutôt à des tentatives structurées visant à fabriquer un consensus politique sous le couvert de la coexistence », a en outre souligné ce communiqué.
« Ce que l’on présente comme une ‘compréhension interconfessionnelle’ se transforme, dans la pratique, en une tentative de blanchir la violence d’État », a indiqué le communiqué.
Deux groupes du Brooklyn College et du centre de la Muslim American Society de l’arrondissement ont à leur tour condamné l’événement interconfessionnel, affichant leur soutien aux perturbations des rassemblements interconfessionnels passés au sein de l’établissement.
« Le sionisme est un système de croyances raciste, qui n’a pas sa place dans nos universités », a ajouté le communiqué.
« L’État sioniste n’a pas le ‘droit d’exister’. Les Palestiniens ne devraient pas être contraints de ‘coexister’ avec des racistes qui appellent à leur anéantissement. »
Deux groupes du College of Staten Island ont également fait savoir qu’ils soutenaient Mady, affirmant qu’en « normalisant le sionisme, vous légitimez l’occupation violente et le nettoyage ethnique du peuple palestinien ».
Des déclarations qui ciblaient Hochul, pour qui le fait de quitter la salle constituait un acte « d’antisémitisme pur et simple », et qui a déclaré attendre de la CUNY qu’elle « prenne rapidement des mesures pour s’assurer que les responsables soient amenés à rendre des comptes ».
D’autres dirigeants new-yorkais et nationaux ont pour leur part condamné ces départs de réunions interconfessionnelles. Harmeet Dhillon, procureur général adjoint chargé des droits civils au ministère américain de la Justice, a notamment annoncé que son département « se pencherait sur la question ».
La semaine dernière, un porte-parole du City College of New York a déclaré avoir été « informés de cet incident. Nous travaillons avec nos équipes pour enquêter sur les allégations de discrimination présumée. »
« Le City College of New York applique une politique de tolérance zéro envers les actes de haine ou d’intolérance de quelque nature que ce soit. Il prendra rapidement toutes les mesures nécessaires et appropriées pour lutter contre toute discrimination de ce type, et pour en réparer les effets », a martelé le porte-parole.
Avec plus de 240 000 étudiants répartis dans 26 établissements à travers la ville, le système public de la CUNY est le plus grand réseau universitaire urbain des États-Unis. L’expérience vécue par les étudiants juifs varie considérablement d’un campus à l’autre,. Chaque établissement jouit d’autre part d’une grande autonomie par rapport à l’administration centrale de la CUNY.
Toutefois, selon les étudiants et les enseignants juifs, les critiques à l’égard d’Israël sur les campus débouchent souvent sur un antisémitisme pur et simple, donnant lieu à des enquêtes et à des audiences du conseil municipal. Les Palestiniens et leurs soutiens ont quant à eux dénoncé ces attaques présumées contre la liberté d’expression.
Certains campus ont été le théâtre de violentes manifestations anti-Israël depuis l’attaque perpétrée par le Hamas le 7 octobre 2023, notamment des étudiants prenant pour cibles les différents centres Hillel avec des symboles terroristes. Sur d’autres campus, néanmoins, l’ambiance est restée relativement calme.
La CUNY est confrontée depuis des années à des cas d’antisémitisme sur ses campus, et a donc pris des mesures pour lutter contre la discrimination anti-Juifs. Une étude indépendante sur l’antisémitisme et la discrimination à la CUNY menée l’an dernier a conclu à la nécessité d’une refonte des politiques du système relatives à cette question.
Une tentative d’événement interconfessionnel, organisée au Queens College de la CUNY entre étudiants musulmans et juifs quelques semaines après l’attaque du 7-Octobre, a également échoué en raison des protestations des étudiants musulmans. Ceux-ci ont fustigé l’imam pour avoir organisé l’événement avec le rabbin, et ont quitté la réunion en claquant la porte.
la Communauté du Times of Israël !







