Dix mois après la guerre au Liban, des circuits culinaires relancent le nord d’Israël
L’institut Asif de Tel Aviv propose des circuits gastronomiques pour soutenir les restaurants du nord d’Israël, où près d’un quart des commerces alimentaires ont fermé
- Lire d'autres articles du Times of Israël sur Google – ajoutez-nous à vos sources préférées
Jessica Steinberg est responsable notre rubrique « Culture & Art de vivre »

Près de 10 mois après le cessez-le-feu entre Israël et le groupe terroriste chiite libanais du Hezbollah, une nouvelle série de circuits gastronomiques vise à donner un coup de pouce aux restaurants du nord d’Israël, encore durement touchés par les conséquences de la guerre.
Lancé en juin par l’Asif Culinary Institute of Israel, basé à Tel Aviv, ce programme emmène les participants à la découverte du paysage gastronomique du nord d’Israël, à travers des restaurants, boulangeries et commerces. La région a perdu près d’un quart de ses entreprises alimentaires au terme du conflit de 13 mois avec le groupe terroriste, soutenu par la République islamique d’Iran.
« L’écosystème du nord a beaucoup souffert de la guerre avec le Hezbollah », explique Chico Menashe, PDG d’Asif. « Nous savions que ce type de circuits constituait un bon moyen de proposer des visites à la fois enrichissantes, inspirantes et éducatives. C’est pourquoi nous avons décidé de concentrer nos ressources dans le nord. »
Il s’agit de la dernière initiative en date d’Asif après le pogrom perpétré par le groupe terroriste palestinien du Hamas le 7 octobre 2023. Ces deux dernières années, l’organisation a cuisiné pour les soldats et les évacués, accueilli des Israéliens déplacés dans ses propres cuisines et proposé des visites culinaires guidées aux réservistes et à leurs familles.
Aujourd’hui, elle cherche à relever les défis actuels dans le nord où, pendant plus d’un an, en raison des attaques du Hezbollah contre Israël qui ont été lancées dès le 8 octobre 2023, plus de la moitié des restaurants ont été contraints de fermer leurs portes pour une période indéterminée. Selon les chiffres d’Asif, environ 23 % ont fermé définitivement et plus de 178 000 entreprises liées à l’alimentation dans le nord sont en difficulté financière.
Tzafona (Au nord), comme le programme a été baptisé, propose près d’une douzaine de circuits ouverts au grand public le vendredi et aux entreprises en semaine.
Le programme rassemble des entreprises culinaires de toutes tailles et offre une plongée au cœur des hauts lieux gastronomiques de la région. Les participants découvrent des boulangeries et distilleries historiques, des échoppes d’épices et des chefs à domicile, qui racontent souvent l’histoire de leurs communautés.
Les circuits emmènent les visiteurs des marchés de Wadi Nisnas, de Talpiot et d’Akko aux cafés de Bat Galim au bord de l’eau, avant de les conduire dans les cafés et restaurants de la ville basse de Haïfa.
Parmi les autres étapes figurent Bethléem de Galilée, avec son architecture templière et ses pressoirs à huile d’olive ; Tibériade, où les visiteurs dégustent du poisson frais accompagné d’un verre d’arak ; les villages druzes du plateau du Golan, qui proposent un atelier de pâtisserie consacré au knafeh et des dégustations de miel du mont Hermon ; ou encore Safed, avec ses fromages locaux et ses smoothies aux fruits frais.
La plupart des circuits sont casher, bien qu’ils ne soient pas certifiés.
« C’est un vrai défi de convaincre les gens de venir dans le nord », reconnaît Menashe. « Leur faire faire deux ou trois heures de route depuis le centre du pays, c’est une corvée. »
Depuis juin, Asif a organisé 130 circuits, réunissant 2 500 personnes, avec des visites dans 30 lieux et auprès de 615 entreprises du nord.
Menashe espère que les sociétés qui programment des journées de cohésion choisiront une visite gastronomique plutôt qu’une partie de laser tag ou de paintball.
Selon lui, les visites ont été une véritable aubaine pour les petites entreprises concernées, car les participants repartent presque toujours avec des produits achetés à chaque étape.
« Elles en ont besoin, car il faudra du temps avant que les touristes reviennent, y compris les Israéliens », souligne-t-il.
Tzafona s’est récemment assuré le partenariat de l’organisation à but non lucratif Spirit of the Galilee, fondée par Raya Strauss, ainsi que d’autres associations.
Les particuliers peuvent s’inscrire à quatre circuits différents chaque vendredi, avec possibilité de transport depuis le centre du pays. Les entreprises peuvent réserver du lundi au jeudi.
la Communauté du Times of Israël !







