En Irlande, Von der Leyen réclame davantage de mesures contre Israël
La présidente de la Commission européenne assure que l'UE fait déjà plus que tout autre acteur pour les Palestiniens et accuse les États membres de freiner la prise de décision
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Le 3 juillet, lors d’un déplacement en Irlande, un pays de plus en plus hostile à l’égard d’Israël, la présidente de la Commission de l’Union européenne (UE), Ursula von der Leyen, a réaffirmé son soutien à de nouvelles mesures européennes contre Israël, tout en renvoyant la responsabilité de leur adoption aux États membres et aux règles d’unanimité ou de majorité qualifiée en vigueur.
Conjointement avec les eurodéputés, le Conseil de l’UE adopte les législations proposées par la Commission, la plupart du temps à la majorité qualifiée (au moins 55 % des Etats, représentant 65% de la population européenne). Cependant, certains textes relatifs à la politique étrangère (sanctions, élargissement de l’UE…) ou à la fiscalité ne peuvent être adoptés qu’à l’unanimité des 27 membres.
Sur Gaza, Ursula von der Leyen a déclaré que « personne n’en fait plus » que l’UE alors que les terroristes palestiniens du Hamas refusent de désarmer. Sur la Cisjordanie, elle a affirmé que « l’expansion continue des colonies israéliennes est tout à fait inacceptable » et a qualifié d’ « abominable » « la violence utilisée pour mener à bien cette expansion ». Selon elle, cette situation « compromet l’avenir de la solution à deux États », qu’elle a décrite comme « la seule solution viable et la seule voie vers une paix durable ».
La présidente de la Commission a également noté que « il y a dix mois, nous avons proposé de suspendre les préférences commerciales prévues dans l’accord d’association entre l’Union européenne et Israël », soulignant que « cette mesure aurait un impact économique considérable » – l’UE étant le premier partenaire commercial de Jérusalem.
Elle a ajouté que de nombreux États membres avaient également proposé de sanctionner le ministre de la Sécurité nationale, Itamar Ben Gvir, et que la Commission travaillait sur « un document présentant différentes options » concernant les restrictions visant les produits issus des implantations israéliennes. Ce document ferait suite à une initiative de onze États membres demandant à la Commission d’examiner d’éventuelles mesures commerciales. Un groupe plus large d’une vingtaine d’États membres serait disposé à étudier ces propositions, en fonction de leur base juridique.
« Vous voyez donc qu’il y a de l’activité, et même beaucoup d’activité », a assuré von der Leyen.
La présidente de la Commission a toutefois souligné qu’ « aucun consensus n’a été atteint à ce jour », pointant du doigt les divisions entre les États membres qui, en l’absence de majorité qualifiée, empêchent l’adoption de ces mesures. « Au sein du Conseil, aucun progrès n’a été réalisé vers une solution », a-t-elle déclaré, avant d’ajouter : « La balle est donc dans leur camp. »
Our list of priorities for the next EU budget keeps growing.
We need the means to match our ambitions.
We know it's a challenge.
We also know Ireland has the pragmatic leadership skills to find a ???????? consensus ↓ https://t.co/NJdSscjVqX
— Ursula von der Leyen (@vonderleyen) July 3, 2026
Ces déclarations témoignent de l’évolution progressive du positionnement de la présidente de la Commission sur les relations entre l’Union européenne et Israël. Ces derniers mois, elle s’est en effet montrée de plus en plus réceptive aux demandes de plusieurs États membres réclamant une ligne plus ferme à l’égard du gouvernement israélien.
Si un nombre croissant de pays se montre favorable à des mesures de rétorsion, d’autres, comme la République tchèque, continuent de s’y opposer.
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Le ministre des Affaires étrangères israélien Gideon Saar et la commissaire européenne chargée de la Méditerranée, Dubravka Suica, avaient exprimé des points de vue divergents sur Gaza, l’Autorité palestinienne et les implantations en Cisjordanie, lors d’une rencontre qui s’est tenue le lundi 22 juin à Jérusalem.
Les propos de Von der Leyen et la visite de Suica interviennent dans un contexte de tensions entre Israël et l’UE, après que Saar eut annoncé la semaine précédant cette rencontre qu’il suspendait tout contact avec la responsable de la politique étrangère de l’Union européenne (UE), Kaja Kallas, qui aurait comparé Israël au régime de l’apartheid en Afrique du Sud, une allégation que Kallas n’a pas démentie publiquement. Saar a également accusé la cheffe de la diplomatie de l’UE d’ « agir de manière obsessionnelle et avec une injustice flagrante envers Israël ».
« Nous croyons en l’importance d’un dialogue global, honnête et ouvert avec l’UE. Mais le ‘dialogue’ ne peut se résumer à une partie imposant ses positions politiques à l’autre », avait souligné Saar dans une déclaration prononcée avant sa rencontre avec Suica au ministère des Affaires étrangères.
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