Forte participation des Haredim aux primaires du Likud, mais des doutes pour octobre
Certains militants du Likud dénoncent l'influence d'un "corps étranger" sur la liste de Benjamin Netanyahu ; de nombreux candidats se réjouissent de gagner des voix là où ils le peuvent
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De nombreux électeurs ultra-orthodoxes ont voté pour la première fois lundi à une primaire du Likud, suscitant l’inquiétude de certains militants du parti du Premier ministre Benjamin Netanyahu, qui ont affirmé que ces nouveaux adhérents influençaient la composition d’une liste qu’ils n’ont pas l’intention de soutenir lors des élections législatives du 27 octobre.
« Je leur ai demandé : ‘Y a-t-il la moindre chance que vous votiez pour le Likud [aux élections d’octobre] ?’ Ils ont répondu : ‘Non, nous voterons pour Yahadout HaTorah ou Shas. Nous sommes simplement venus exercer notre influence. »
C’est ce qu’a raconté Eli Zilka, membre du comité central du Likud, au Times of Israel, devant un bureau de vote de Beit Shemesh, dans la banlieue de Jérusalem.
Le taux de participation des Haredim s’est avéré exceptionnellement élevé tant à Beit Shemesh qu’à Jérusalem, a précisé Zilka.
Si certains militants du parti ont fait écho aux craintes de Zilka, nombre de ceux qui briguent effectivement des sièges ont exprimé une vision différente – leur objectif étant de glaner toutes les voix possibles.
Au début de l’année, l’aile ultra-orthodoxe du Likud a écrit à Netanyahu pour l’avertir que des militants affiliés aux partis haredim de la Knesset – Shas et Yahadout HaTorah – s’infiltraient dans leur mouvement avec l’intention d’exercer une influence abusive sur le parti depuis l’intérieur.
Selon la chaîne N12, près de 7 000 des quelque 140 000 membres du Likud appartiennent à la communauté haredi. Presque tous les principaux groupes hassidiques sont désormais représentés au sein du parti.
Même des personnalités officiellement affiliées aux partis haredim auraient pris part à cette initiative. Parmi elles, un conseiller municipal de Bnei Brak, dont l’identité n’a pas été révélée, qui représente Agoudat Israel, une faction de Yahadout HaTorah, tout en pilotant un bloc organisé d’électeurs du Likud.
Le Likud, l’un des rares partis à déterminer sa liste électorale par des primaires, s’enorgueillit depuis longtemps de son processus démocratique interne. Cependant, les modifications apportées cette année au système à l’initiative de Netanyahu, qui ont réduit le nombre de places disponibles sur la liste, ont transformé ce scrutin en une course exceptionnellement disputée. Les responsables du parti se livrent en effet à une lutte acharnée pour obtenir un classement suffisamment élevé afin de s’assurer un siège à la Knesset.
Dans leur quête d’une réélection, les responsables du Likud ont multiplié les efforts pour séduire l’électorat haredi. Netanyahu, des ministres comme Israel Katz, Yariv Levin, Gideon Saar et Shlomo Karhi, ainsi que les députés David Bitan, Boaz Bismuth, Hanoch Milwidsky et Moshe Saada ont ainsi régulièrement pris part à des événements haredim, à la recherche de soutiens avant la primaire de lundi.
Même si Netanyahu a par la suite tenté de prendre ses distances quant aux efforts déployés pour exempter les étudiants en yeshiva du service militaire – une revendication majeure des Haredim, soutenue par ses alliés politiques ultra-orthodoxes de Shas et de Yahadout HaTorah -, le Likud a récemment contribué à faire adopter deux lois déclarant l’étude de la Torah comme une « valeur fondamentale » du peuple juif et gelant les arrestations des Haredim réfractaires à la conscription.
La pression exercée par les électeurs haredim pour faire valoir leurs intérêts au sein du Likud pourrait avoir une influence disproportionnée sur une primaire à laquelle seuls 53,5 % des adhérents du parti ont participé.
Alors que, dans la journée de lundi, un nombre croissant d’ultra-orthodoxes se présentaient au centre de vote de Beit Shemesh, Zilka a affirmé que certains d’entre eux étaient venus munis de listes imprimées des candidats à soutenir, notamment le député Bismuth, président de la commission des Affaires étrangères et de la Défense de la Knesset, et le président de la Knesset, Amir Ohana. Mardi matin, après dépouillement de 90 % des suffrages, Ohana occupait la deuxième place et Bismuth, la quinzième.
« Ils peuvent avoir un impact considérable sur la composition de la liste électorale. Ils concluent des accords qui leur permettent d’exercer une influence. Ils menacent les députés pour qu’ils [agissent] conformément à leurs objectifs. Ils forment donc véritablement un corps étranger à l’intérieur du Likud », a estimé Zilka, militant du parti, qui a également affirmé que le président du comité central, Haïm Katz, avait bloqué une initiative visant à obliger ces nouveaux membres à voter pour le parti s’ils participaient aux primaires.
Zvi Wolicki, conseiller municipal pour le Likud, a également relevé la hausse de la participation des Haredim. Il s’est toutefois montré plus optimiste. Interrogé par le Times of Israel, il a notamment expliqué que ces derniers rejoignaient le parti « parce qu’ils recherchent une politique plus pure » et « une occasion de s’exprimer », et qu’ils estimaient être ignorés par les partis haredim.
Des tentatives d’infiltration du Likud ont déjà eu lieu par le passé et ont échoué, a ajouté Wolicki, qui s’est dit « peu inquiet quant aux conséquences à long terme pour le parti ».
De nombreux électeurs ultra-orthodoxes ont refusé de répondre aux questions du Times of Israel sur leur participation à la primaire. Parmi ceux qui ont accepté de s’exprimer, plusieurs ont insisté sur le fait qu’ils étaient depuis longtemps adhérents du parti, avant d’admettre toutefois qu’ils ne voteraient probablement pas pour le Likud aux élections d’octobre.
« Probablement pas. Je ne sais pas encore », a répondu un électeur haredi, membre du Likud depuis cinq ans, interrogé sur ses intentions de vote en faveur de ce parti aux prochaines élections législatives.
Un autre électeur ultra-orthodoxe a donné une réponse similaire au Times of Israel à la sortie d’un bureau de vote à Jérusalem.
Il a indiqué qu’il voterait pour le parti qui respecterait le mieux « l’intégrité de la Torah, l’intégrité de la nation et l’intégrité de la Terre d’Israël ».
Certains votants haredim aux primaires auraient été payés pour leur participation, a rapporté lundi le site d’information ultra-orthodoxe Kikar HaShabbat – une déclaration accompagnée d’une vidéo dans laquelle deux jeunes hommes admettent avoir reçu près de 400 shekels pour voter en faveur de candidats spécifiques.
חגיגה דמוקרטית בליכוד pic.twitter.com/qKZQBG1qEk
— Roi (@Roi_) August 17, 2026
Mobilisation en faveur du pèlerinage du mont Meron
Les Israéliens ultra-orthodoxes ne sont pas les seuls à avoir tenté d’influencer le Likud de l’intérieur.
Un proche collaborateur du ministre du Patrimoine, Amichaï Eliyahu (Otzma Yehudit), a affirmé lundi avoir convaincu des centaines de personnes d’adhérer au Likud avant la primaire.
Cette initiative d’Israel Diskind, porte-parole d’Eliyahu, est exceptionnelle. Il est rare qu’une personnalité éminente affiliée à un parti s’implique dans les primaires d’un autre mouvement.
S’adressant au Times of Israel à la sortie du bureau de vote des primaires du Likud à Beit Shemesh, Diskind a dit espérer que les électeurs qu’il avait inscrits soutiendraient les candidats favorables à un renforcement des mesures de sécurité lors de ce pèlerinage juif annuel, théâtre d’une tragédie en 2021.
Diskind a indiqué avoir convaincu 324 personnes d’adhérer au Likud, conscient que toutes ne voteraient pas pour ce parti le jour du scrutin, en octobre.
Diskind a été motivé par le fait qu’en 2021, un mouvement de foule avait causé la mort de 45 hommes et garçons ultra-orthodoxes, dont son frère, et avait fait plus d’une centaine de blessés, alors qu’ils empruntaient une passerelle glissante lors du pèlerinage annuel de Lag BaOmer à Meron. Il s’agit de la catastrophe civile la plus meurtrière qu’Israël ait connue en temps de paix à ce jour. Une commission d’enquête nationale a imputé la responsabilité de ce drame à plusieurs hauts responsables, dont Netanyahu, et des changements ont été apportés au contrôle du pèlerinage.
Diskind était auparavant porte-parole des familles endeuillées et s’est montré très actif sur cette question.
Il estime que d’autres mesures correctives sont nécessaires et reproche aux législateurs ultra-orthodoxes d’avoir failli à leurs électeurs et de « ne pas s’occuper » de cette question. Il souligne également qu’il ne cherche pas à pousser le Likud à violer les principes fondamentaux de la droite politique, tels que la défense des implantations en Cisjordanie, ni à introduire « un cheval de Troie au sein du Likud ».
Ariela Karmel a contribué à cet article.
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