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Bousculade du mont Meron : Netanyahu blâmé – mais pas sanctionné – par l’enquête de l’État

La commission d'enquête estime qu'il est "raisonnable" de conclure que le Premier ministre avait connaissance de la dangerosité du site et dit qu'Ohana et Shabtai sont "responsables" du désastre qui avait entraîné la mort de 45 personnes

Des agents de sécurité israéliens et des secouristes sur le site d'une bousculade mortelle lors des festivités de Lag BaOmer au mont Meron, dans le nord d'Israël, le 30 avril 2021. (Crédit : David Cohen/Flash90)
Des agents de sécurité israéliens et des secouristes sur le site d'une bousculade mortelle lors des festivités de Lag BaOmer au mont Meron, dans le nord d'Israël, le 30 avril 2021. (Crédit : David Cohen/Flash90)

Une commission d’enquête de l’État a conclu que le Premier ministre Benjamin Netanyahu était responsable, avec un certain nombre d’autres officiels de premier plan, de la catastrophe survenue sur le mont Meron, dans le nord d’Israël, en 2021. Un mouvement de foule qui avait eu lieu sur le site de pèlerinage – où repose un chef spirituel du 2e siècle de l’ère commune – avait entraîné la mort de 45 hommes et jeunes garçons.

Présentant ses conclusions après deux ans et demi de travail, la commission a aussi déclaré que le président actuel de la Knesset, Amir Ohana, qui était à l’poque ministre de la Sécurité nationale, et le Commissaire de police Kobi Shabtai, entre autres, assumaient eux aussi une responsabilité personnelle dans cette catastrophe, la pire à être survenue en Israël en période de paix.

Si le panel a précisé qu’il ne proposerait pas de sanction contre Netanyahu en raison de sa fonction, il s’est montré cinglant, dans son rapport, à l’égard du Premier ministre, affirmant qu’il était « raisonnable » de supposer que Netanyahu connaissait la dangerosité du site après les avertissements lancés par de multiples instances officielles au fil des années, qui avaient actionné le signal d’alarme sur ce sujet.

A LIRE : Le pèlerinage de Meron, le désastre auquel tout le monde s’attendait

« Il y a une base raisonnable pour conclure que Netanyahu savait que le site où se trouve le tombeau de Rashbi n’était pas géré de manière appropriée depuis des années et qu’il présentait donc un danger pour les foules qui se rendaient sur le site, en particulier à l’occasion de la fête de Lag BaOmer », a fait savoir la commission, se référant au tombeau du rabbin Shimon Bar Yochai où le désastre s’était produit.

« Même si, à des fins d’extrême prudence, nous partons du principe que Netanyahu n’avait pas une connaissance concrète du sujet, il devait toutefois être informé du danger présenté par le site après que la question a été soulevée auprès de son Bureau à de nombreuses reprises », est-il écrit dans le rapport qui a été établi par la Commission, qui était placée sous l’autorité de Dvora Berliner, juge à la retraite.

« En conséquence, l’affirmation faite par Netanyahu, qui a indiqué que son attention n’avait pas été sollicitée sur ce problème, ne peut pas être acceptée », continue le rapport.

Il indique que c’est le Premier ministre qui avait l’ultime responsabilité des besoins du site – que ce soit de manière proactive ou en s’appuyant sur les mécanismes de l’État – et il déclare qu’aucune leçon ne semble avoir été tirée aujourd’hui de l’enquête qui avait été consacrée à l’incendie du Carmel, qui avait coûté la vie à 44 personnes.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu, au centre, visite les lieux de la catastrophe du mont Meron aux côtés du chef de la police Kobi Shabtai, dans le nord d’Israël, le 30 avril 2021. (Crédit : David Cohen/Flash90)

« Netanyahu n’a pas agi comme c’était attendu de la part d’un Premier ministre pour régler la situation à Meron, même si la question avait été au cœur de rapports sévères qui avaient été écrits par le Contrôleur de l’État et plusieurs ministères impliqués et qu’elle avait été présentée au gouvernement à plusieurs occasions au cours des années », note la Commission d’enquête.

En ce qui concerne Ohana, qui était ministre de la Sécurité publique, le rapport explique qu’il devra dorénavant lui être interdit de servir au poste de ministère de la Sécurité nationale (c’est le nouveau nom du portefeuille) à l’avenir.

Ohana avait déclaré en 2021 que s’il avait, dans les faits, la responsabilité de Meron, cela ne signifiait pas qu’il était à blâmer pour ce qui était arrivé.

Le ministre de la Sécurité intérieure Amir Ohana lors des festivités de Lag B’Omer, à Meron, le 29 avril 2021. (Crédit : David Cohen/Flash90)

Le rapport de 320 pages pointe aussi du doigt la responsabilité du Commissaire de la police israélienne, Shabtai, ajoutant que dans des circonstances normales, la Commission recommanderait qu’il soit mis fin à son mandat. Toutefois, dans un contexte de guerre contre le Hamas à Gaza, il demande au gouvernement de déterminer une date convenable pour son départ.

En réponse, la police a émis un communiqué disant que Shabtai respectait les conclusions de l’enquête. Notant qu’au début de l’année, le gouvernement lui avait demandé de rester à son poste en raison du conflit, le communiqué a ajouté que Shabtai était prêt à partir dès que le gouvernement le décidera.

Yaakov Avitan, qui était ministre des Affaires religieuses à l’époque, a été reconnu comme personnellement responsable, lui aussi, dans le rapport. La Commission a recommandé qu’il n’occupe plus de poste ministériel à l’avenir.

45 hommes et jeunes garçons avaient été tués, le 30 avril 2021, dans un mouvement de foule survenu lors d’une bousculade géante qui avait également fait plus de 150 blessés sur le site où se trouve la dernière demeure du rabbin Shimon Bar Yochai sur le mont Meron, dans le nord d’Israël, pendant la fête annuelle de Lag BaOmer. 100 000 fidèles, des membres de la communauté ultra-orthodoxe en majorité, étaient entrés dans lieu saint malgré les mises en garde de longue date sur le manque de sécurité du complexe.

Les victimes de la catastrophe du mont Meron, le 30 avril 2021 : rangée supérieure (de gauche à droite) : Chen Doron, Haim Rock, Ariel Tzadik, Yossi Kohn, Yisrael Anakvah, Yishai Mualem, Yosef Mastorov, Elkana Shiloh et Moshe Levy; 2e rangée (de gauche à droite) : Shlomo Zalman Leibowitz, Shmuel Zvi Klagsbald, Mordechai Fakata, Dubi Steinmetz, Abraham Daniel Ambon, Eliezer Gafner, Yosef Greenbaum,Yehuda Leib Rubin et Yaakov Elchanan Starkovsky; 3e rangée (de gauche à droite) : Haim Seler, Yehoshua Englard, Moshe Natan Neta Englard, Yedidia Hayut, Moshe Ben Shalom, David Krauss, Eliezer Tzvi Joseph, Yosef Yehuda Levy et Yosef Amram Tauber; 4e rangée (de gauche à droite) : Menachem Knoblowitz, Elazar Yitzchok Koltai, Yosef David Elhadad, Shraga Gestetner, Yonatan Hebroni, Shimon Matalon, Elazar Mordechai Goldberg, Moshe Bergman et Daniel Morris; 5e rangée (de gauche à droite) : Ariel Achdut, Moshe Mordechai Elhadad, Hanoch Slod, Yedidya Fogel, Menahem Zakbah, Simcha Diskind, Moshe Tzarfati, Nahman Kirshbaum et Eliyahu Cohen. (Autorisation)

Parmi les conclusions de la commission, l’idée que les responsables auraient dû être conscients du fait qu’une catastrophe de ce type n’était qu’une affaire de temps et qu’ils auraient dû régler les problèmes au lieu de détourner le regard – comparant ce qui s’est passé à « une tragédie grecque dont la fin est connue dès le début ».

« Tout était déjà écrit bien avant le désastre, en grosses lettres noires, en lettres claires, nettes, mais personne n’y a prêté attention… Un grand nombre des constatations qui figurent dans le rapport étaient connues de tous. Le résultat terrible qu’elles étaient susceptibles d’entraîner étaient connu, lui aussi », a déclaré la Commission.

A LIRE : La sortie de Meron, un goulot d’étranglement qui inquiète depuis longtemps

Le panel, qui avait été établi au mois de juin 2021 par le gouvernement d’unité Bennett-Lapid et qui a été dirigé par Berliner après le décès de l’ancienne magistrate à la Cour suprême Miriam Naor, a recueilli les témoignages de Netanyahu et de nombreux autres responsables, recevant également tous les documents nécessaires de la part des ministères et des agences gouvernementales concernées pour tenter de mettre en lumière les échecs qui avaient entraîné le pire désastre civil de toute l’Histoire du pays.

Netanyahu avait rejeté toute responsabilité dans la catastrophe lorsqu’il avait été interrogé, en 2022, par Berliner, qui lui avait demandé pourquoi les problèmes de sécurité qui s’étaient révélés sur le site n’avaient jamais été réglés au cours de ses douze années passées à son poste, entre 2009 et 2021, malgré les nombreuses mises en garde qui avaient été faites à ce sujet.

Le site de la bousculade meurtrière de Meron, le 6 mars 2024. (Crédit : David Cohen/Flash90)

Au moment du mouvement de foule, les directives mises en place dans le cadre de la pandémie de COVID-19 limitaient les rassemblements en plein air à seulement 100 personnes, ce qui signifie que la fête de Lag BaOmer, sur le mont Meron, avait nécessité de nouvelles règles approuvées par le gouvernement pour pouvoir accueillir un public beaucoup plus nombreux.

A LIRE : Tragédie de Meron : à qui la faute ?

De multiples médias avaient déclaré que Netanyahu, qui était Premier ministre à l’époque, avait été soumis aux pressions de ses alliés politiques ultra-orthodoxes qui le sommaient d’approuver l’événement sans limitation du nombre de personnes autorisées à y assister, et ce malgré les inquiétudes de longue date de la police en matière de sécurité. Il avait rencontré les députés Haredim avant ce pèlerinage annuel et il avait accepté de lever toutes les restrictions sur le site, en échange du soutien des partis ultra-orthodoxes à une législation choisie.

Le mont Meron, où repose le rabbin Shimon Bar Yochai, un chef spirituel du 2e siècle, reçoit traditionnellement la visite de milliers de fidèles ultra-orthodoxes à l’anniversaire de sa mort, pendant la fête de Lag BaOmer, plusieurs semaines après Pessah.

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