COVID/Meron : la police et les ministères se renvoyaient la balle – Nachman Ash
Rechercher

COVID/Meron : la police et les ministères se renvoyaient la balle – Nachman Ash

L'ancien chargé de la lutte contre le virus a reconnu qu'il aurait été difficile de vérifier les pass verts, mais il ne s'attendait pas à ce que la police autorise une telle foule

Des Juifs ultra-orthodoxes se rassemblent sur la tombe de Rabbi Shimon Bar Yochai au mont Meron, dans le nord d'Israël, le 29 avril 2021, alors qu'ils célèbrent la fête juive de Lag BaOmer. (JALAA MAREY / AFP)
Des Juifs ultra-orthodoxes se rassemblent sur la tombe de Rabbi Shimon Bar Yochai au mont Meron, dans le nord d'Israël, le 29 avril 2021, alors qu'ils célèbrent la fête juive de Lag BaOmer. (JALAA MAREY / AFP)

L’actuel directeur-général du ministère de la Santé, Nachman Ash, a déclaré à une commission chargée d’enquêter sur le mouvement de foule mortel survenu en avril sur le site du pèlerinage juif du mont Meron qu’aucun organe gouvernemental n’avait voulu assumer la responsabilité de veiller à ce que les mesures sanitaires liées au COVID-19 soient respectées lors de cet événement annuel.

Ash, qui était à l’époque le coordinateur de la gestion gouvernementale de la pandémie, s’est adressé à la commission d’État dirigée par l’ancienne juge de la Cour suprême Miriam Naor, près de quatre mois après le drame qui a fait 45 morts et des dizaines de blessés.

L’incident du 29 avril est la catastrophe civile la plus meurtrière de l’histoire du pays. Il s’est produit lors d’un événement qui a attiré quelque 100 000 fidèles, pour la plupart des juifs ultra-orthodoxes, malgré des mises en garde répétées sur la sécurité du site et les dangers de la surpopulation.

Le pèlerinage a eu lieu alors que le nombre de cas COVID en Israël atteignait son niveau le plus bas depuis un an, ce qui a conduit le gouvernement à assouplir les restrictions sur les rassemblements.

Ash a déclaré qu’il y avait eu des pressions pour autoriser les grandes fêtes, après l’annulation des festivités l’année précédente, malgré les craintes de surpopulation dans les endroits où les feux de joie traditionnels seraient allumés.

Il a déclaré qu’il avait conclu un accord avec la police israélienne et le ministère des Affaires religieuses selon lequel chaque zone d’allumage serait limitée à 3 000 personnes, qui devraient chacune présenter un passeport vert prouvant qu’elles sont soit vaccinées, soit guéries du COVID-19.

Le responsable coronavirus Nachman Ash lors d’une conférence de presse à Jérusalem le 23 juin 2021. (Crédit : Yonatan Sindel / Flash90)

Cependant, les responsables ont déterminé qu’il serait impossible de vérifier les pass verts sur le site, et les responsables du ministère des Affaires religieuses ont déclaré qu’ils se coordonneraient avec les autorités hassidiques afin qu’elles fassent respecter cette règle en montant dans chaque bus en direction de Meron.

« Nous devions déterminer qui était responsable de ce plan, mais personne n’a voulu assumer la responsabilité », a déclaré Ash au panel.

Néanmoins, il croyait encore, après avoir conclu les réunions préparatoires à l’événement, que la police ferait respecter la règle contre la surpopulation. « Je ne pensais certainement pas qu’ils permettraient à 25 000 participants d’atteindre le site. Absolument pas », a déclaré Ash.

L’ancienne cheffe de la Cour suprême Miriam Naor (au centre) dirigea la commission d’enquête sur la catastrophe de Meron à Jérusalem, le 23 août 2021. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Lorsque l’ancien chargé de la lutte contre le coronavirus a été interrogé sur la question de savoir si l’événement aurait dû avoir lieu alors que la pandémie était encore en cours, il a répondu qu’il aurait préféré qu’il soit annulé, mais a reconnu que la position de décideur consistait à faire des compromis.

En juin, le gouvernement a approuvé la formation d’une commission d’enquête indépendante – composée de Naor, de l’ancien maire de Bnei Brak, le rabbin Mordechai Karelitz, et de l’ancien chef de la planification des Forces de défense israéliennes, le major-général (de réserve) Shlomo Yanai – pour enquêter sur les manquements à la sécurité sur le site.

Les secouristes et la police israélienne après un incident qui a tué et blessé des dizaines de personnes, lors des célébrations de la fête juive de Lag BaOmer, au mont Meron, dans le nord d’Israël, le 30 avril 2021. (Crédit : David Cohen / Flash90)

Le directeur du site du mont Meron, Eli Friend, a déclaré à la commission la semaine dernière que son pouvoir avait été limité pendant l’événement.

« Notre contrôle là-bas se fait sur une base de volontariat. Les prestataires ne répondent pas à mes appels car ils savent que ce n’est pas moi qui les paie », a-t-il déclaré au panel de trois membres.

La commission a reçu un budget de 6 millions de shekels pour enquêter sur le déroulement de la catastrophe et examiner les processus décisionnels qui ont autorisé l’événement.

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...