Injure antisémite: le député LFI David Guiraud relaxé, Meyer Habib fait appel
Les députés Guiraud et Habib s'étaient traités de "porc" et de "pourriture" à l'Assemblée nationale, devant la presse ; les huissiers étaient intervenus pour séparer les deux hommes qui en étaient venus aux mains
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Le député LFI David Guiraud, poursuivi pour injure publique à caractère antisémite par Meyer Habib, ex-député franco-israélien apparenté LR, après une altercation à l’Assemblée nationale en mai 2024, a été relaxé jeudi, une décision dont le plaignant a immédiatement annoncé faire appel.
La 17e chambre correctionnelle du tribunal judiciaire de Paris a prononcé une relaxe en faveur de M. Guiraud, estimant que les faits ne constituaient pas une infraction.
Le 28 mai 2024, l’Assemblée nationale avait été le théâtre de vives tensions après que le député Insoumis Sébastien Delogu avait brandi un drapeau palestinien en séance pour dénoncer la situation à Gaza, entraînant son exclusion de l’hémicycle.
Dans ce climat électrique, les députés Guiraud et Habib s’étaient traités de « porc » et de « pourriture » au sein de la salle des Quatre-Colonnes, devant la presse. L’altercation avait dégénéré, obligeant les huissiers à intervenir pour les séparer les deux hommes qui en étaient venus aux mains.
À la sortie de l’audience jeudi, la défense a salué une « victoire » et une « satisfaction ».
« C’est la décision que nous attendions parce qu’il n’y a jamais eu le moindre caractère antisémite dans les propos qui ont été utilisés par M. David Guiraud », a déclaré Vincent Brengarth, avocat de l’élu Insoumis.
Selon lui, le tribunal a reconnu que les propos s’inscrivaient dans un « contexte d’opposition ferme d’idées » concernant la politique d’Israël et intervenaient « en réaction à une provocation » de Meyer Habib.
L’avocat a estimé que cette décision résistait à une « tentative d’instrumentalisation de la justice » visant à « bâillonner » son client.
Ce qu’a vivement contesté la partie civile, Olivier Pardo, avocat de Meyer Habib, dénonçant un jugement empreint de « juridisme » et « totalement hors sol ».
Et de fustiger le raisonnement du tribunal selon lequel les termes « porc » et « cochon » ne suffisaient pas, pour le spectateur moyen, à établir un lien avec l’antisémitisme. « Tout le monde sait que c’est la plus vieille insulte antisémite », a martelé Me Pardo, regrettant que les juges aient considéré que son client avait été attaqué « parce qu’il conteste le génocide » et non en raison de sa judéité.
Se déclarant « déçu » et « écœuré », Meyer Habib a dit vouloir faire appel.
« Tant qu’on fermera les yeux sur des insultes antisémites, on comprendra que dans ce pays, l’antisémitisme va continuer à sévir », a-t-il estimé.
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