Israël ferme pour 30 jours une clinique de l’UNRWA dans la Vieille Ville de Jérusalem
Cette fermeture intervient après l’adoption de lois interdisant l’agence onusienne dans le pays ; des coupures d’eau et d’électricité dans ses installations sont prévues
- Lire d'autres articles du Times of Israël sur Google – ajoutez-nous à vos sources préférées

La police israélienne a fermé une clinique gérée par l’UNRWA, l’Office de secours et de travaux des Nations unies pour les réfugiés palestiniens, un dispensaire situé dans la Vieille Ville de Jérusalem. Le pays lui a ordonné de fermer ses portes pendant 30 jours.
Cette décision s’inscrit dans une série de mesures prises par Israël à l’encontre de l’UNRWA, une agence qui fournit des services sociaux et humanitaires à des millions de Palestiniens. Israël accuse l’organisation d’avoir collaboré avec le groupe terroriste palestinien du Hamas et affirme que certains de ses employés entretiennent des liens avec des organisations terroristes. Des personnels de l’UNRWA auraient participé au pogrom perpétré par le Hamas dans le sud d’Israël le 7 octobre 2023, déclare l’État juif.
Israël a adopté des lois interdisant à l’agence d’opérer sur le territoire israélien, prohibant tout contact entre les autorités israéliennes et l’UNRWA, et mettant fin à l’approvisionnement en eau et en électricité israéliennes dans ses installations. Ces mesures doivent entrer pleinement en vigueur dans les autres bâtiments de l’UNRWA à Jérusalem dans les semaines à venir.
Selon l’ONU, des agents israéliens auraient « pris d’assaut » la clinique lundi avant de la fermer pour 30 jours, et ils auraient exigé le retrait des panneaux de l’ONU. La clinique, connue sous le nom d’al-Zawiya, restera fermée jusqu’au 11 février, selon l’agence de presse palestinienne WAFA. Le quotidien Haaretz a rapporté que des responsables de la clinique craignaient que cette fermeture ne devienne permanente.
Le commissaire général de l’UNRWA, Philippe Lazzarini, a dénoncé cette décision, y voyant « une nouvelle étape dans une tendance qui vise à ignorer délibérément le droit international et les Nations unies ».
Interrogée par Times of Israel, la police israélienne a confirmé la fermeture, indiquant que la clinique avait enfreint la loi.
« L’établissement de Jérusalem a été fermé pour une durée de 30 jours en raison d’activités illégales, conformément à la loi et à l’issue d’une procédure d’application légale », a déclaré la police dans un communiqué.
Le communiqué n’a pas précisé pas quelles lois la clinique a enfreintes – mais sa fermeture est intervenue plus d’un an après l’adoption par Israël, au mois d’octobre 2024, de lois interdisant à l’agence de mener des opérations sur le territoire israélien, restreignant également ses activités à Gaza et en Cisjordanie en interdisant tout contact officiel avec les autorités israéliennes. La législation prévoyant la coupure de l’eau et de l’électricité a été adoptée à la fin du mois dernier.
Selon WAFA, la clinique, en activité depuis plusieurs dizaines d’années, dessert 30 000 personnes et fournit des soins de base aux enfants et aux femmes enceintes, ainsi que des soins dentaires, des services d’urgence et d’autres prestations médicales. L’UNRWA indique qu’il s’agissait de la principale source de soins de santé pour de nombreux patients.
« Pour beaucoup, c’est la seule possibilité d’accéder à des soins de santé primaires », a déclaré Jonathan Fowler, porte-parole de l’UNRWA, cité par l’ONU. « La question du droit à la santé est donc en jeu. »
L’UNRWA a poursuivi ses activités pendant un certain temps après l’adoption des lois de 2024, mais ses écoles à Jérusalem-Est ont finalement reçu l’ordre de fermer. Le mois dernier, la police israélienne a fait une descente dans les bureaux de l’UNRWA dans la capitale, abaissant le drapeau de l’ONU et hissant à sa place un drapeau israélien.
Selon WAFA et Haaretz, Israël prévoit de couper l’eau et l’électricité des autres installations de l’UNRWA à Jérusalem dans un délai d’environ deux semaines. Ces mesures concerneraient une dizaine de bâtiments, dont des écoles, des cliniques et d’autres centres.
La semaine dernière, le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, a averti Israël, dans une lettre adressée au Premier ministre Netanyahu, qu’il pourrait saisir la Cour internationale de justice (CIJ) si les lois visant l’UNRWA n’étaient pas révoquées et si les biens saisis n’étaient pas restitués.
L’ambassadeur d’Israël auprès des Nations unies, Danny Danon, a rejeté cette menace.
« Nous ne sommes pas impressionnés par les menaces du secrétaire général », a déclaré Danon. « Au lieu de s’attaquer au rôle avéré de membres du personnel de l’UNRWA dans des activités terroristes, le secrétaire général choisit de menacer Israël. Ce n’est pas défendre le droit international, c’est défendre une organisation entachée par le terrorisme. »
Sam Sokol et Jeremy Sharon ont contribué à cet article.
la Communauté du Times of Israël !







