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La députée Naama Lazimi est “pire encore” que le Hamas, selon Nissim Vaturi

Selon l'élue Les Démocrates, le député de droite « cherche à provoquer un assassinat politique » ; Yair Golan : la coalition « dépasse les limites de la honte »

Le député du Likud Nissim Vaturi s'exprimant lors d'une réunion de la commission des Affaires étrangères et de la Défense sur le projet de loi ultra-orthodoxe, à la Knesset, à Jérusalem, le 25 juin 2024. (Crédit : Chaïm Goldberg/Flash90)
Le député du Likud Nissim Vaturi s'exprimant lors d'une réunion de la commission des Affaires étrangères et de la Défense sur le projet de loi ultra-orthodoxe, à la Knesset, à Jérusalem, le 25 juin 2024. (Crédit : Chaïm Goldberg/Flash90)

Le député Nissim Vaturi (Likud) s’en est pris jeudi à sa collègue Naama Lazimi (Les Démocrates), la qualifiant d’ennemi et affirmant qu’elle était pire que le Hamas. Des propos qui ont suscité des accusations d’incitation à la violence à l’encontre de cette députée partisane de la paix.

« Elle pourrait briguer un mandat. Vous savez où ? À la tête du Hamas, peut-être, à Gaza », a lancé Vaturi pendant une interview accordée à la station de radio haredi Kol Berama. « Voilà qui elle est. Elle n’est pas apte à se présenter aux élections en Israël. »

« Je ne vois aucune différence entre elle et eux », a-t-il déclaré lors d’une interview à la radio, en référence à la députée du parti de gauche et au groupe terroriste palestinien, a rapporté la presse israélienne.

« Quiconque nuit à l’État d’Israël de l’intérieur est encore pire. Nos ennemis sont parmi nous, dans notre point faible, à la Knesset. »

Ces propos tenus par le député Vaturi, qui est membre du parti du Premier ministre Benjamin Netanyahu, sont intervenus moins de deux semaines après que le député Yitzhak Pindrus (Yahadout HaTorah) a déclaré que Naama Lazimi méritait de se prendre une balle dans les jambes pour avoir manifesté.

Lazimi, figure de proue du mouvement de protestation anti-gouvernemental, a participé ces dernières années à plusieurs blocages de routes dans le cadre de manifestations. Elle a également été malmenée physiquement et prise à partie verbalement par des policiers lors de plusieurs manifestations, des actes qu’elle qualifie d’agressions et qui, selon elle, s’inscrivent dans une stratégie plus large de la police visant à réprimer la démocratie.

Lors de la réunion qui avait eu lieu le 29 juin, Adi Azuz, député Yesh Atid, avait demandé à Pindrus, qui s’était par le passé déclaré favorable à ce que la police ouvre le feu sur les manifestants anti-gouvernementaux bloquant les routes, s’il accepterait que la police prenne de telles mesures contre le chef de son parti, Yitzhak Goldknopf.

Les ultra-orthodoxes organisaient alors des mouvements de protestation intenses contre le service militaire obligatoire.

A cette question, Pindrus avait répondu en souriant : « Bien sûr, mais commencez par Naama Lazimi. »

Après la nouvelle attaque de Vaturi, Lazimi a dit : « Netanyahu et ses sbires m’ont prise pour cible. Ce gouvernement des réfractaires au service militaire et des incapables cherche à provoquer un assassinat politique. »

« Ce n’est pas moi qu’ils essaient d’intimider, mais l’ensemble du camp libéral et tous ceux qui s’opposent au gouvernement. Le Likud est devenu une mafia en faillite. Ils n’ont plus rien à vendre, alors ils se tournent vers l’incitation à la haine et à la violence contre ceux par qui le peuple israélien souhaite les remplacer. »

La députée Naama Lazimi s’exprimant lors d’une manifestation anti-gouvernement, près de la Knesset, à Jérusalem, le 31 mars 2025. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

« Ils ne me font pas peur. Ils ne nous arrêteront pas et ils n’empêcheront pas le changement », a poursuivi Lazimi.

Cette altercation n’est d’ailleurs pas la première entre les deux parlementaires. L’année dernière, lors d’une audience consacrée à la nomination d’un député du Likud accusé de viol à la présidence d’une commission, les services de sécurité étaient intervenus pour mettre fin à une dispute entre Vaturi et Lazimi, alors que la situation dégénérait. Lazimi avait qualifié le Likud d’« organisation mafieuse », tandis que Vaturi l’avait traitée d’« idiote » et de « criminelle ».

Le président du parti Les Démocrate, Yair Golan, a déclaré dans la journée de jeudi que la coalition avait « dépassé les limites de la honte. Ce sont des gens méprisables ».

« Ils s’en prennent à Naama parce qu’ils ont peur d’elle. Ils ont peur des femmes fortes, courageuses, travailleuses et efficaces qui siègent à la Knesset », a ajouté Golan. « Nous les remplacerons très bientôt. Ils ne pourront plus se cacher derrière leur immunité. Ceux qui incitent à la haine seront punis. »

Lazimi est l’une des députées de gauche les plus en vue en Israël. Depuis plusieurs années, elle est une figure incontournable des manifestations antigouvernementales, notamment des rassemblements hebdomadaires organisés par le Forum des familles d’otages.

L’année dernière, lors d’un rassemblement à Jérusalem, une vidéo avait montré des policiers malmenant Lazimi – une scène qui avait déclenché la condamnation des groupes de manifestants et de ses alliés politiques. Elle avait ensuite rapporté que les policiers l’avaient traînée et frappée alors même qu’elle leur avait fait savoir qu’elle était députée à la Knesset.

Le député Nissim Vaturi lors d’une altercation avec un assistant de la députée Naama Lazimi, pendant une réunion de la commission de la Chambre de la Knesset à Jérusalem, le 29 juillet 2025. (Crédit : Chaim Goldberg/Flash90)

Vaturi, connu pour son franc-parler, a tenu par le passé une série de propos controversés et provocateurs. En 2024, il était l’un des députés venus envahir une base de l’armée israélienne pour protester contre la détention de réservistes accusés d’avoir maltraité des détenus palestiniens.

L’année dernière, il a laissé entendre que Golan, ancien chef d’état-major adjoint de l’armée israélienne qui s’était précipité sur le front le 7-Octobre, aurait pu collaborer avec le Hamas et « trahir » le pays. En 2024, Vaturi a été accusé par les proches d’otages détenus par le groupe terroriste palestinien de les avoir bousculés, après qu’ils se sont approchés de lui à la Knesset.

Et en novembre, Vaturi a affirmé que Meir Kahane, un rabbin extrémiste qui avait été banni de la Knesset pour racisme, « avait raison sur bien des points », et qu’« aujourd’hui, il serait considéré comme un saint et recevrait le Prix Israël ».

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