Manifestation : L’élue Naama Lazimi porte plainte contre Yitzhak Pindrus
À la question de savoir si, selon lui, les policiers devraient tirer sur les manifestants qui bloquent les routes, incluant le président de son parti, un député Yahadout HaTorah répond : "Oui, mais commencez par Lazimi"
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Lundi, le député du parti Yahadout HaTorah Yitzhak Pindrus a créé la polémique lors d’une séance de la commission de l’Éducation de la Knesset. Interrogé sur la question de savoir s’il estimait que la police devait tirer dans les jambes des manifestants lorsque ceux-ci bloquent les routes, il a répondu que les forces de l’ordre devraient « commencer par » la députée du parti Les Démocrates Naama Lazimi.
Lors de cette réunion, Adi Azuz, député Yesh Atid, a demandé à Pindrus, qui s’était par le passé déclaré favorable à ce que la police ouvre le feu sur les manifestants anti-gouvernementaux bloquant les routes, s’il accepterait que la police prenne de telles mesures contre le chef de son parti, Yitzhak Goldknopf.
La semaine dernière, le président de Yahadout HaTorah a conduit une manifestation haredi contre la conscription, au cours de laquelle des milliers d’hommes ultra-orthodoxes ont bloqué la Route 1 pendant plusieurs heures. L’élu haredi de premier plan se trouvait alors en tête du convoi de ses partisans.
À cette question, Pindrus a répondu en souriant : « Bien sûr, mais commencez par Naama Lazimi. »
Lazimi, figure de proue du mouvement de protestation anti-gouvernemental, a participé ces dernières années à plusieurs blocages de routes dans le cadre de manifestations. Elle a également été malmenée physiquement et prise à partie verbalement par des policiers lors de plusieurs manifestations, des actes qu’elle qualifie d’agressions et qui, selon elle, s’inscrivent dans une stratégie plus large de la police visant à réprimer la démocratie.
Réagissant aux propos de Pindrus, Lazimi a affirmé qu’il s’agissait d’un « soutien total au recours à la violence ».
« Les mots me manquent pour décrire ce qu’ils ont infligé à la Knesset », a-t-elle écrit dans un message sur le réseau social X. « Que les choses soient claires : ceci n’est qu’un avant-goût de ce qui nous attend. À nous de les chasser de nos vies et de reconstruire une société normale. »
« Vous n’arriverez pas à me faire peur. Vos menaces ne m’intimideront pas », a-t-elle ajouté.
Naama Lazimi, qui a fait plusieurs fois l’objet de menaces et d’incitations à la violence, a porté plainte contre Pindrus auprès de la police.
Réagissant également à ces événements, le chef du parti Les Démocrates, Yair Golan, a lancé : « Pindrus, Naama Lazimi poursuivra son combat. Nous la soutiendrons jusqu’à ce que vous quittiez le pouvoir. »
Lazimi « s’est battue et a manifesté avec toute son énergie aux côtés des familles des otages et de ceux qui ont survécu à la captivité. Elle a été victime de violences policières », a-t-il poursuivi dans une publication sur X. « Appeler à ce qu’on lui ‘tire dans les jambes’ relève de l’incitation à la violence. Ces propos ne doivent pas rester impunis. »
« Dans le prochain gouvernement, nous veillerons à ce que ceux qui incitent à la violence en répondent. L’ère de l’impunité doit prendre fin », a-t-il affirmé.
Pour sa part, le député Les Démocrates Gilad Kariv a qualifié Pindrus de « voyou violent et dangereux », qui a « versé le sang de notre collègue » et « le sang de tous les députés de l’opposition à la Knesset ».
Kariv a exhorté la procureure générale Gali Baharav-Miara à ouvrir une enquête pénale contre Pindrus pour incitation à la violence, disant « ne rien attendre » du président de la Knesset, Amir Ohana, qui, selon lui, « a abandonné les députés de l’opposition alors qu’il étaient confrontés à des incidents violents » en s’abstenant de réprimander les députés de la coalition responsables d’avoir menacé des personnalités de l’opposition par le passé.
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