Les convois haredim anti-enrôlement provoquent des heurts et un chaos routier
Selon la police, 1 000 voitures auraient participé ; certains passants ont violemment réagi ; une femme enceinte blessée dans un accident de la route provoqué par le convoi ; la plupart des manifestants n'ont pas pu atteindre la prison
- Lire d'autres articles du Times of Israël sur Google – ajoutez-nous à vos sources préférées

Des convois d’ultra-orthodoxes opposés à la conscription ont pris la route depuis différentes régions du pays pour protester contre la détention de Haredim étudiant en yeshiva ayant refusé de se présenter au service militaire. Des affrontements sporadiques et des accidents de la route ont eu lieu, provoquant d’importants embouteillages dans tout le pays, mercredi après-midi et en soirée.
Après quatre heures, les convois de manifestants, parmi lesquels figuraient des élus ultra-orthodoxes, ont fait demi-tour et sont rentrés chez eux. La plupart des manifestants n’ont pas atteint leur destination, la prison militaire de Neve Tzedek (Beit Lid), à Kfar Yona, où la police a refoulé toute personne qui s’y présentait. Certains habitants se sont rassemblés à l’entrée de la ville pour tenter d’empêcher les manifestants d’entrer dans le quartier entourant la prison.
Bien qu’aucun acte de violence n’ait été signalé à Kfar Yona même, cette manifestation a suscité l’indignation du public non-haredi, ce qui a donné lieu à plusieurs affrontements avec les manifestants, notamment parmi les automobilistes exaspérés, bloqués dans les embouteillages causés par la manifestation.
Le directeur d’une yeshiva est toutefois parvenu à installer un camion près de la prison de Beit Lid, d’où il a diffusé, à l’aide d’un mégaphone, des messages d’encouragement destinés aux réfractaires incarcérés.
Les organisateurs du rassemblement ont affirmé qu’environ 10 000 véhicules étaient partis de 19 points de rassemblement à travers le pays pour se rendre à la prison de Beit Lid, tandis que la police en estimait le nombre à un millier. Le Times of Israel n’a pas été en mesure de vérifier de manière indépendante le nombre de véhicules ayant participé aux convois.
Lors de l’un des incidents filmés, des contre-manifestants sont entrés en confrontation avec des manifestants haredim à Arad, dans le sud du pays.
הפרגוד: צומת כפר יונה התושבים מתארגנים לחסימת הרכבים שיבואו.
קרדיט: חיליק. pic.twitter.com/FqMFnlgyIR
— הפרגוד (@moshepargod) June 24, 2026
הפרגוד: מקריאים את רשימת האסירים ליד כלא 10 (אנשים לא באו לשם כ"כ) pic.twitter.com/MCCgxuV3uu
— הפרגוד (@moshepargod) June 24, 2026
La police a déclaré que les forces déployées dans la ville « se sont précipitées sur les lieux » et « s’efforçaient de rétablir l’ordre public et d’empêcher de nouveaux actes de violence ».
תיעוד: עימותים אלימים בהפגנות החרדים בערד; גורם בחסידות גור אומר לנו: "אם צריך נשלח כוחות משלנו להגן על עצמנו – התירו את דמנו"@GLZRadio pic.twitter.com/ormPKtCsWU
— מרדכי הלפרין (@MHlpryn) June 24, 2026
D’autres images filmées montrent un homme se précipitant sur un manifestant pour le bousculer, ce qui a déclenché une bagarre sur le bas-côté d’une autoroute, ainsi qu’un automobiliste laïc arrachant des pancartes de protestation à une voiture et les jetant sur le conducteur, tout en lui criant de s’enrôler.
מדינת ישראל, מלחמת האזרחים שלך בדלת. pic.twitter.com/x8UJk9I4bH
— חרדים אקספרס (@haredimex) June 24, 2026
הפרגוד: חילוני קורע שלטים מאחד מרכבי המחאה "לך לצבא חתיכת זבל" pic.twitter.com/IWRQ9dpN7L
— הפרגוד (@moshepargod) June 24, 2026
Des images montraient également un policier pointant son arme sur un homme haredi avant de le bousculer, alors que des manifestants bloquaient un tunnel près de Jérusalem.
Hasidim blocking traffic in a tunnel (looks like near Jerusalem) and a cop raising his gun at a Haredi demonstrator pic.twitter.com/3Klzl96DK1
— Sam Sokol (@SamuelSokol) June 24, 2026
Une vidéo du convoi, publiée sur le réseau social X par un journaliste de Kan, montrait également un automobiliste semblant brandir une arme à feu à l’encontre des manifestants.
שימו לב – נראה בתיעוד כמו אדם ששולף אקדח ומכוון על המפגינים pic.twitter.com/BfOcVu74zL
— דניאל גרובייס Daniel Grovais (@daniel_grovais) June 24, 2026
Les organisateurs ont également affirmé, sans images à l’appui, qu’un chauffeur de camion avait attaqué la voiture d’un manifestant, parti en convoi depuis Bnei Brak, à l’aide d’un couteau et de bâtons.
« L’agresseur ne s’est pas contenté de proférer des menaces ; il a commencé à frapper brutalement le véhicule et à briser violemment les vitres sous les yeux des passagers terrifiés, qui ont ressenti un danger immédiat mais ont fait preuve de retenue conformément aux instructions », ajoute le communiqué.
Un porte-parole de la manifestation a déclaré au Times of Israel que les personnes impliquées « n’avaient pas eu le temps de documenter clairement [l’incident] ».
Dans un autre incident, le mouvement Shlomei Emunim, composante de la faction hassidique Agoudat Israel du parti Yahadout HaTorah, a affirmé que le maire adjoint de Beitar Illit, Gedalyahu Eisenstein, avait été « gravement et violemment agressé lors d’un convoi de protestation quittant Beitar Illit », lorsqu’un membre du public en colère « a percuté son véhicule, puis a commencé à l’étrangler violemment ».
Interrogé à ce sujet, un porte-parole d’Eisenstein a déclaré au Times of Israel que ce dernier avait passé des examens médicaux et qu’il se portait bien.
« L’une des personnes, irritée par les pancartes, est sortie de sa voiture, a barré la route à Eisenstein et a tenté de le faire sortir de force du véhicule. Il est allé passer des examens médicaux, puis est revenu pour participer à la manifestation », a-t-il précisé.
Dans une vidéo, Eisenstein affirme que l’agresseur « a bloqué ma voiture, m’a fait sortir de force et a commencé à me frapper et à m’étrangler ».
« D’autres personnes présentes m’ont aidé et secouru. »
Dans un autre incident, Pargod a rapporté qu’un membre de la branche hassidique Gur, participant au convoi de manifestation, avait été blessé dans un accident survenu près de Safed, dans le nord d’Israël.
Par ailleurs, les organisateurs de la manifestation ont diffusé des images de la vitre brisée de la voiture d’un participant près d’Ashdod, affirmant dans un communiqué de presse « qu’un individu déchaîné et violent a bloqué et endommagé un véhicule participant à un convoi automobile sur la Route 7, a brisé la vitre du véhicule et a même menacé de s’en prendre aux passagers ». Les organisateurs ont ajouté qu’il existait des images de l’incident qui seraient remises à la police.
Le chef du parti Yahadout HaTorah, Yitzhak Goldknopf, l’un des principaux soutiens de la manifestation, a lui-même été filmé en train de rouler lentement et de ralentir la circulation tout en utilisant les feux de détresse de sa voiture. La police lui a alors instamment demandé de rester sur la bonne voie.
La police israélienne a accusé les manifestants de ne pas avoir « respecté les accords conclus au préalable avec les organisateurs de la manifestation », plusieurs autoroutes ayant été bloquées par les convois.
הפרגוד: מנחה בכביש 2, צומת עתלית pic.twitter.com/oyxqQnKuAN
— הפרגוד (@moshepargod) June 24, 2026
Dans un communiqué, les organisateurs de la manifestation ont affirmé « recevoir des témoignages de conducteurs faisant état de tentatives de la police visant à porter atteinte au droit de manifester, notamment par la délivrance d’amendes ».
« Il s’agit d’une grave tentative de violation d’un droit fondamental dans un État démocratique, et nous ne resterons pas silencieux. L’équipe juridique du comité utilisera tous les moyens à sa disposition pour lutter contre cette grave atteinte à la liberté d’expression et de manifestation », ont-ils déclaré.
Par ailleurs, une femme enceinte a été blessée dans un accident de la route impliquant des membres du convoi roulant au ralenti, a rapporté la chaîne N12. Dans un communiqué, le service de secours du Magen David Adom (MDA) a indiqué avoir reçu un signalement d’accident de la circulation sur la Route 1, près de l’échangeur de Shaar Hagay, ajoutant : « Les secouristes et ambulanciers du MDA prodiguent des soins et évacuent une femme de 29 ans, dans un état modérément grave et souffrant d’une blessure abdominale, vers l’hôpital Shaare Zedek. »
« Un message retentissant »
Des dirigeants de l’opposition ont vivement critiqué ces manifestations alors qu’elles étaient en cours, promettant de sévir contre les réfractaires au service militaire s’ils remportaient les prochaines élections législatives.
L’ancien Premier ministre Naftali Bennett, chef du parti « BeYahad », s’est plaint à la radio Kan d’être resté bloqué dans les embouteillages pendant deux heures et demie à cause des « réfractaires à la conscription privilégiés ».
Il a déclaré que s’il remportait les prochaines élections, « tout changerait », et que les hommes haredim qui se soustraient à la conscription et choisissent de ne pas participer au marché du travail verraient leurs allocations réduites.
Le chef de l’opposition, Yaïr Lapid, a imputé la responsabilité de ces manifestations au Premier ministre, Benjamin Netanyahu, soulignant, dans un message publié sur X, qu’elles avaient été organisées par ses partenaires de coalition.
« Au lieu de leur dire que quiconque ne s’engage pas ne recevra pas un seul shekel de l’État, alors que des soldats sont tués chaque jour au Liban, il leur donne de plus en plus de l’argent des contribuables qui travaillent et servent leur pays pour qu’ils ne s’engagent pas dans Tsahal », a déploré Lapid.
Le chef d’Yisrael Beytenu, Avigdor Liberman, a affirmé que les partis Shas et Yahadout HaTorah « tiennent la communauté haredi en otage » et ne recherchent que « le pouvoir, les honneurs et l’argent », tandis que « la facture est une nouvelle fois payée par ceux qui servent, travaillent et paient des impôts ».
Le chef du parti Yashar, Gadi Eisenkot, a qualifié cette manifestation de « l’héritage de Netanyahu » et s’est engagé à ce que « le prochain gouvernement agisse dans l’intérêt national de l’État d’Israël, et non dans celui de Deri, Gafni et Goldknopf ».
Les organisateurs et les élus soutenant l’initiative ont salué le succès de la manifestation et loué le comportement des manifestants.
Selon les organisateurs, cette manifestation a envoyé un « message retentissant : Ça suffit ! Il n’y a pas d’avenir sans la voie de la Torah ! La communauté haredi a cessé de se taire face au piétinement du monde de la Torah et à l’imposition de sanctions, et elle défendra fermement ses droits ».
Members of an anti-conscription convoy set out from Jerusalem to the Neve Tzedek (Beit Lid) military prison in Kfar Yona pic.twitter.com/ox5ijbQnZo
— Sam Sokol (@SamuelSokol) June 24, 2026
Ils ont appelé les autorités à « libérer immédiatement » les réfractaires emprisonnés et à « annuler tous les décrets » visant les Haredim étudiant en yeshiva.
Dans une vidéo enregistrée depuis sa voiture, Goldknopf a affirmé que les manifestants s’étaient comportés « de manière exemplaire, responsable et sans aucune violence ».
« Il est honteux que certains aient choisi d’agir avec violence envers les participants à la manifestation simplement parce qu’ils cherchaient à exercer leur droit démocratique de manifester », a-t-il ajouté.
« J’attends de la police israélienne qu’elle agisse avec fermeté contre ces individus et qu’elle les traduise en justice. »
Le maire adjoint de Jérusalem, Tzachi Brim, l’un des organisateurs de la manifestation, a déclaré que les Haredim « ne resteraient pas silencieux » lorsque des étudiants de yeshivot sont arrêtés.
« Nous avons opté pour une manifestation pacifique et non violente, mais avec une détermination absolue : il n’y a pas d’autre voie que celle de la Torah. Ça suffit ! »
Le maire de Bnei Brak, Hanoch Zeibert, a déclaré aux journalistes que « quiconque souffre descend dans la rue pour manifester sa douleur ».
Interrogé sur la conscription des personnes ne suivant pas de formation à temps plein dans une yeshiva, il a répondu : « Commencez par exempter ceux qui étudient, puis posez-moi des questions sur ceux qui n’étudient pas. »
Le député Meïr Porush (Yahadout HaTorah) a reproché au vice-président de la Cour suprême, Noam Sohlberg, à la procureure générale, Gali Baharav-Miara, et au chef de la police, Danny Levy, d’avoir désigné « la communauté haredi comme une cible légitime ».
« Nous suivons avec une profonde inquiétude les informations sur les agressions contre les manifestants, et nous appelons la police à agir avec fermeté contre quiconque recourt à la violence à l’encontre de la communauté haredi », a déclaré Porush.
Au cours des deux dernières années, l’armée israélienne a envoyé des dizaines de milliers d’ordres de conscription à des hommes ultra-orthodoxes, après que la Haute Cour a révoqué, en 2024, les exemptions générales dont bénéficiait cette communauté. La plupart d’entre eux ont ignoré ces avis de conscription et sont donc considérés comme des réfractaires, passibles d’arrestation ou d’autres sanctions.
Bien que Tsahal n’ait pris aucune mesure pour arrêter les 80 000 hommes ultra-orthodoxes âgés de 18 à 24 ans considérés comme aptes au service, la détention d’une fraction même minime d’entre eux a déclenché la colère.
Outre les menaces proférées à l’encontre de la procureure générale, les élus ultra-orthodoxes ont brandi ces dernières semaines la menace d’une révolte fiscale, ont appelé la police à désobéir aux ordres, ont exigé des autorités locales qu’elles cessent de coopérer avec les forces de l’ordre et ont annoncé qu’ils chercheraient à dissoudre la Knesset et à déclencher des élections législatives anticipées.
Leur discours a fait des émules au sein des communautés qu’ils représentent. Des manifestants, notamment ceux affiliés à la Faction de Jérusalem, un groupe haredi radical connu pour ses manifestations virulentes contre la conscription des ultra-orthodoxes, sont descendus dans la rue pour tenter d’empêcher l’arrestation d’hommes en âge de faire leur service militaire.
Certaines de ces manifestations ont dégénéré en violences, notamment celle qui s’est déroulée la semaine dernière près de Bnei Brak, une ville du centre d’Israël, où la police a utilisé des grenades incapacitantes et des matraques pour disperser les manifestants qui bloquaient la circulation.
Ces dernières semaines, des manifestants ont également tenté de s’introduire chez Sohlberg, ont fait irruption dans un commissariat de Beit Shemesh et se sont introduits chez le chef de la police militaire alors que sa famille se trouvait à l’intérieur.
la Communauté du Times of Israël !







